L’échéance annoncée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour la présentation d’un White Paper sur la réforme électorale est littéralement derrière la porte. Toutefois, à l’hôtel du gouvernement, le suspense est de mise car rares sont les indications susceptibles de confirmer l’imminence de cette étape. L’entourage du Premier ministre tend à rassurer au sujet du document en vue de susciter un débat national sur les différentes options de réforme constitutionnelle et électorale sans pouvoir faire état de calendrier précis à cet effet. De leur côté, les animateurs de Rezistans ek Alternativ dénoncent l’éventualité d’un “nouveau tango politique infernal” entre les partis traditionnels à ce sujet. Ils réclament purement et simplement la présentation d’un projet de loi pour mettre un terme aux tergiversations.
Reistans ek Alternativ, qui a signifié son intention de porter le débat lors du prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Southern African Development Community (SADC) au Malawi, maintient que le Premier ministre n’a d’autre choix que de confirmer l’élimination du Best Loser communal dans le système politique.
“Avec la victoire de Rezistans ek Alternativ devant le Comité des Droits de l’Homme des Nations unies, la question de réforme électorale est devenue une obligation historique. Elle ne relève plus du choix des partis politiques traditionnels. Au cas contraire, l’État mauricien sera en violation de ses obligations internationales. Il court également le risque de voir la Cour suprême s’aligner sur le ruling du Comité des Nations unies en mars 2014”, font comprendre Ian Jacon et Ashok Subron à la veille de la publication du White Paper.
“Navin Ramgoolam et les partis politiques représentés au Parlement continuent à tergiverser et lorgnent un autre tango politique infernal. L’heure est à un effective remedy en matière de réforme électorale. Li nepli ler pou bann pseudo-déba ant 2-3 eksper otoproklamé. Ine ariv ler pou pran bann desizyon politik kler ek net”, font-ils ressortir en brandissant la menace d’une demande d’invalidation des résultats des prochaines élections générales si des changements fondamentaux ne sont pas adoptés.
“La seule solution passe par un projet de loi au sujet d’une réforme électorale présenté et adopté par une majorité de trois quarts à l’Assemblée nationale”, ajoutent les représentants de Rezistans ek Alternativ dans la circonstance. Ils dénoncent la dernière proposition de réforme électorale du Remake 2000 d’archaïque.
Le MSM-MMM propose le maintien des huit députés correctifs après l’élection de 62 députés par le système First Past The Post et de 20 autres sous le régime de représentation proportionnelle. “Avec cette formule, les leaders des partis politiques se transformeront en experts dans la classification communale. Cela constitue un véritable archaïsme. La réforme électorale est devenue une nécessité historique. La réforme électorale doit être non communale une fois pour toutes”, conclut Rezistans ek Alternativ.