REGGAE DONNSA 7 : GOOD VIBES à Bambous

Le report du concert n’a pas calmé les ardeurs. Des milliers de spectateurs ont vécu la septième édition de Reggae Donnsa à Bambous, samedi dernier. Un festival explosif, bourré de positive vibes, et un Gentleman qui a fait honneur à sa réputation.
La première partie de la soirée est aussi explosive que mitigée. Certains die hard de reggae, qui ont connu les débuts de Reggae Donnsa, regrettent le manque de roots seggae de la présente édition. Un vide comblé partiellement par Ras Natty Baby et Linzy Bacbotte. Cette dernière a mis du baume au cœur avec sa reprise de Panik Dan Baz, mais certains ont déploré l’absence de la formation de Plaisance. Lors d’un des rares moments creux de la soirée, on a pu même entendre dans l’assistance : “Avoy OSB !”.

Roots reggae.
Le passage de Ras Natty Baby se place sous le signe de la nostalgie. Il redonne le ton sur le seggae de l’époque Kaya, avec ses titres Leve do mo pep ou encore Nouvel Vizion.
Comme elle l’avait laissé entendre, Madame Bacbotte-Raya, en tant qu’unique représentante féminine, avait la ferme intention de porter haut les couleurs du reggae féminin. Objectif atteint ! Elle débarque sur scène avec son panache habituel et donne de sa personne devant un public conquis. Beau moment de communion avec l’assistance, avec son hommage à Kaya et Berger Agathe. Un retour au roots reggae que beaucoup ont apprécié, avec notamment Racine pé brilé.
Prestation suivie par Lin & Otentik Groove, qui navigue avec raison sur la popularité de son dernier album. Comme d’habitude, sa prestation fait mouche et le public, adepte de son reggae love, ne manque pas de chanter avec lui sur les désormais incontournables Mo récompense et Sans ou.
Jason Heerah est la grande surprise de la soirée. On connaissait peu l’artiste dans un registre reggae, et l’on est surpris car il fait le show avec son jeu de batterie et ses reprises puissantes de Bob Marley.

Gentleman, le showman.
L’heure tourne au stade Germain Comarmond. Il est déjà 1h30 du matin. On attend avec impatience la véritable tête d’affiche, Gentleman & The Evolution. L’attente en valait la peine car le public aura droit à une prestation mémorable du chanteur et de la formation qui l’accompagne. Ses deux choristes, dont son épouse Tamika Edwards Otto, le précèdent sur scène. On découvre des voix puissantes et entraînantes, mais aussi des musiciens de haut calibre qui excellent dans leur art, à l’instar de la saxophoniste du groupe.
Gentleman investit ensuite la scène devant un public qui vibre avec son reggae aux influences et couleurs jamaïcaines. “I wanna say thank you Mauritian peuple”, “Wonderful people full of vibes”, ne cesse-t-il de répéter. Le showman n’hésite pas à descendre dans l’arène, à la rencontre de ses fans, serrer quelques mains et prendre la pose pour des photos. Très attendu, Dem gone déchaîne la foule, qui chante en chœur. L’ambiance de la soirée est déjà bien installée, quand Otto Tillman fait une reprise a capella de Redemption Song. Un moment de partage intense avec les festivaliers qui, les briquets allumés dans la pénombre, chantent et dansent en chœur avec le reggaeman.
Alors que résonnent les dernières notes de Superior et qu’en Gentleman, le chanteur salue bien bas l’assistance, ces derniers en redemandent… car “bizin roule ziska matingra”, disent les plus téméraires.