Les derniers jours de cette semaine ont été « extrêmement durs » pour les officiers du Rehabilitation Youth Centre (RYC) (filles) de Barkly. En moins de 24 heures, une détenue a mis le feu à ses effets personnels tandis que d’autres s’en sont prises à l’ASP en charge de l’institution et un membre du personnel. « Trop ?! C’est vraiment trop maintenant ! », s’insurgent des officiers du RYC. « La situation ne fait qu’empirer et, la meilleure, c’est que la ministre responsable des RYC, Fazila Daureeawoo, n’a même pas jugé bon de venir constater de visu ce qui se passe ici. Qu’attend la ministre ?? Qu’une des détenues nous agresse mortellement ?? »
« La menace est désormais quotidienne, soutiennent des officiers du RYC (filles) de Barkly. Les filles, les “ring leaders” qui provoquent ces chahuts et ces désordres, l’ont dit haut et fort : “nou pou pik zot ar kouto !” Est-ce cela qu’attend la ministre Daureeawoo ?? Que l’un d’entre nous soit blessé ou perde la vie ?? » Ces officiers soutiennent : « Déjà, elles n’ont pas hésité à s’en prendre à la responsable du centre, qui est un haut gradé?, en l’occurrence l’ASP Shirley Kamanah?. Les filles du centre ne respectent plus rien ?! Ni les hauts gradés, ni personne. Alors, nous, pauvres officiers, pensez-vous qu’elles vont nous épargner ?? »
De fait, souhaitent ces officiers, « nous nous en remettons désormais au Premier ministre », sir Anerood Jugnauth. « Nous lui lançons un appel officiellement pour qu’il intervienne dans ce dossier. Puisque la ministre Daureeawoo n’a montré aucun égard pour nous, notre sécurité et nos conditions de travail, nous préférons que le Premier ministre agisse. Nous sommes confiants qu’il le fera ?! »
Les “ring leaders” du RYC, expliquent ces officiers, « se promènent désormais partout dans le centre, armées de barres de fer ». De la ferraille qu’elles ont « déracinée » des rampes des escaliers. « Et elles ne ratent aucune occasion pour nous dire qu’elles s’en prendront à nous. »
La situation est allée en s’empirant. « Depuis les derniers événements d’il y a quelques semaines, certaines filles sont de plus en plus “excitées”. » Les officiers expliquent : « De par la proximité dans le “compound”, les filles voient les détenus hommes travailler. Ces derniers leur envoient des cigarettes, entre autres. Comme ces filles sont très actives sexuellement, elles font tout pour attirer l’attention de ces hommes. Et quand leurs pulsions sont refoulées, les filles se défoulent sur nous, les officiers, qui sommes responsables de faire régner la discipline dans le centre. »
Ces derniers jours, continuent nos interlocuteurs, « celles qui sèment le désordre n’ont qu’un refrain : les libérer ». Il poursuit : « Mais ce n’est pas notre prérogative.?! C’est la justice qui les a mises là. Nous n’avons pas le droit de leur rendre leur liberté. »
Qui plus est, continuent ces officiers, nombre de ces filles sont rejetées par leurs propres parents. « La fille qui a mis le feu à ses affaires revenait de quelques jours en famille. Mais son oncle a refusé d’assumer sa garde. Idem pour une autre qui était partie en week-end après que le comité lui ait donné la permission. Mais à son retour, sa grand-mère nous a communiqué qu’elle ne voulait plus prendre la responsabilité de sa petite-fille. » En contrepartie, expliquent ces officiers, « ces filles s’en prennent à nous ?car elles pensent que nous sommes responsables de leurs malheurs ».
Cela ne peut plus durer, déclarent ces officiers. « À un certain moment, certaines filles, qui ne sont pas des “ring leaders”, venaient nous prévenir quand les autres allaient faire du désordre. Mais l’une d’entre elles a été prise au piège… » Les officiers expliquent comment « la pauvre détenue a été prise à partie par les “ring leaders” et passée à tabac, devant nos yeux », ajoutant : « Quand nous sommes intervenus, les filles s’en sont aussi prises à nous, tirant nos cheveux, arrachant nos uniformes… »
Les officiers se disent « intensément découragés ». Et de conclure : « Nous avons profondément peur pour notre propre sécurité. Nous ne voulons plus aller travailler. Mais nous le faisons, parce que nous sommes des adultes responsables. »