Le gouvernement mauricien envisage de conclure un accord de libre-échange avec la République Populaire de Chine. Le Conseil des ministres a donné hier son accord en vue d’amorcer des discussions en ce sens avec les autorités chinoises.
Le but de cet accord de libre-échange avec la République Populaire de Chine est d’éliminer les barrières tarifaires à travers la réduction et l’élimination des tarifs sur les échanges commerciaux. Les exportations mauriciennes à destination de la Chine étaient estimées à Rs 212 millions et comprenaient essentiellement du poisson surgelé, du sucre de canne, des montres, des prêts-à-porter et du rhum. Les importations mauriciennes sont, pour leur part, estimées à Rs 25 milliards, la Chine étant le principal fournisseur de Maurice après l’Inde.
L’accord de libre-échange avait été évoqué lors du passage à Maurice le mois dernier du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, et son homologue Mauricien d’alors, Etienne Sinatambou. Malgré un ralentissement de l’économie internationale observé par les institutions internationales, dont la Banque mondiale, la Chine a — comme l’a souligné le Premier ministre chinois, Li Keqiang, à l’ouverture de la session parlementaire annuelle le 5 mars dernier — maintenu une croissance économique élevée durant ces cinq années et a réalisé des progrès sensibles en matière d’ajustements structurels.
En Chine, la croissance annuelle du PIB s’est élevée à 7,8% entre 2011 et 2015. Ce taux, considéré comme un des plus rapides au monde, a fait de la Chine la deuxième économie mondiale et le premier pays au monde en matière de commerce de marchandises, ainsi qu’un grand pays en termes d’investissements à l’étranger.
Dans le même temps, le secteur des services est devenu le plus grand au plan économique du pays. D’autre part, la consommation a fourni un soutien principal à la croissance économique. « La consommation d’énergie par unité de PIB a diminué de 18,2%, et le volume global des émissions des principales matières polluantes a été réduit de plus de 12% », a noté Li Keqiang. Ce dernier a également présenté l’amélioration généralisée des infrastructures et les grandes innovations technologiques et scientifiques. Des progrès ont été atteints dans des entreprises populaires comme les missions spatiales habitées, l’exploration lunaire et l’exploration en eaux profondes, ainsi que dans des domaines de recherche moins connus, tels que les communications quantiques, l’oscillation des neutrinos et les supraconducteurs à haute température à base de fer.
L’optimisme de Li Keqiang intervient à l’heure où la Chine fait face à des vents contraires dus à l’incertitude pesant sur la reprise mondiale. Le gouvernement chinois a abaissé son objectif de croissance pour 2016 entre 6,5% et 7%, contre environ 7% en 2015. L’économie chinoise, qui a augmenté de 6,9% l’année dernière, était dans « des limites raisonnables », selon le rapport d’activité du gouvernement.