Les 75 licenciés de Quality Beverages Ltd (usine Pepsi) comptent saisir l’Employment Relations Tribunal. Jugeant leur mise à pied « arbitraire », ils souhaitent obtenir une indemnisation représentant trois mois de salaire par année de service. Selon la Manufacturing and Service Sectors Employees Union (MSSEU), les licenciés ont été remplacés par des contractuels, ce qui est contraire à la loi.
Ces licenciements sont survenus à la suite d’une réorganisation du service de distribution chez Quality Beverages Limited (QBL). Jusqu’ici, la distribution se faisait soit selon un système de prévente, soit par la vente directe. Les 75 licenciés font partie de cette dernière catégorie. Selon Venoo Ramasamy, président de la MSSEU, des discussions visant à intégrer les employés de la vente directe au département de prévente n’ont pas abouti. Les négociations ont buté surtout sur les commissions, qui étaient de 9 à 33 sous, pour la vente directe, alors qu’en prévente, un barème uniforme de 11 sous est appliqué. « Cela aurait représenté une baisse conséquente sur le salaire des employés concernés. »
Le 2 février dernier, les 75 personnes concernées ont reçu leurs feuilles de route. Des raisons économiques ont été évoquées. Mais selon le dirigeant syndical, « des véhicules privés ont été engagés sur une base contractuelle pour la vente directe. Ce qui veut dire que ce créneau existe toujours. On les a simplement remplacés, ce qui est contraire à la loi. »
Dans la foulée, Venoo Ramasamy rappelle que l’Alliance Lepep avait pris l’engagement de revoir les lois du travail, afin de mieux protéger les travailleurs. « Mais, à ce jour, nous attendons toujours. La seule fois où on nous a appelés, c’était pour revoir le maternity leave. C’est l’ensemble de la loi qu’il faut revoir afin de mettre fin aux abus des patrons. »
Pour rappeler cet engagement et pour dénoncer les pratiques de QBL, les licenciés ont manifesté devant le parlement ce matin. Le syndicat se dit en faveur de la réintroduction du Termination of Service Contract Board. « Avec cette structure, les dossiers étaient examinés avant tout licenciement et les travailleurs avaient trois mois pour se réorganiser. Aujourd’hui, les patrons licencient quand ils veulent. »
Quant aux 75 licenciés de Pepsi, aucun terrain d’entente n’ayant été trouvé jusqu’ici, l’option du Tribunal a été retenue. « Il y a eu beaucoup d’injustices envers ces travailleurs, c’est pour cela que nous ne voulons pas baisser les bras et préférons aller au Tribunal », affirme Venoo Ramasamy.
Dial Damodur, qui fait partie des travailleurs licenciés, déclare pour sa part que ses anciens collègues et lui-même se retrouvent dans une situation difficile. « Nous avons tous des responsabilités familiales, des loans à rembourser… Pendant de nombreuses années, nous avons fait des sacrifices, nous avons travaillé dans des conditions difficiles et voilà ce que nous avons eu comme récompense. »