Le dixième jour de Muharram, qui est le premier mois du calendrier islamique, sera célébré demain. L’Ashoura marque aussi la mort en martyr de l’iman Hussein, petit fils du prophète Mohamed. À cette occasion des prières seront dites dans les maisons et mosquées à travers le pays. Certains groupes participeront à la dernière procession du Ghoon, de son vrai nom Tazieh, dans les rues de Plaine-Verte.
L’Ashoura, littéralement le dixième jour, marque dans le calendrier judaïque « le jour où dieu sauva les enfants d’Israël de leur ennemi. C’est pourquoi Moïse jeûna ce jour-là ». Ayant pris connaissance de cela, le prophète Mohamed commença à jeûner ce jour-là et conseilla aux musulmans de faire de même, selon le Hadith du Sahih Al-Bukhari. Cependant, pour se démarquer des juifs, il recommanda aux musulmans de jeûner deux jours, le jour de l’Ashoura et la veille ou le lendemain.
Ce dixième jour, marque également la mort du petit-fils du prophète Mohamed à Karbala, aujourd’hui l’Irak. Pour certains groupes musulmans, les dix premiers jours du Muharram équivalent à une période de tristesse, pour d’autres, il est aussi symbole de réjouissance. Réjouissance car une nouvelle année islamique commence, souligne Ali Sobdar de la sixième congrégation du Imam Hussein, connue comme le Ghoon No 6 à Maurice. Ainsi, il explique la première nuit du Muharram : le groupe sort avec des tambours et tambourins dans la rue pour annoncer la bonne nouvelle. Durant les trois autres nuits qui suivent, poursuit-il, des prières sont dites et des processions ont lieu dans les rues. La cinquième nuit est réservée à des sessions de prières et des causeries sur ce qui s’était passé à Karbala. « L’imam Hussein ti dir Imman Abbas so frère negocié pou avans bataille d’un jour et lin reussi, donc sa jour la nou fer la prière, et nou la prière capav exaucé », affirme Ali Sobdar. Et de continuer : « La sixième nuit est consacrée à une procession pour aller chercher chez des familles des étendards qui seront utilisés lors des processions ; la septième nuit, il y a la sortie de la structure qui rappelle les tentes qui se trouvent à Arafat. Elle est décorée de lumières symbolisant que le bien se trouve dans la lumière ». Ali Sobdar rappelle l’histoire d’Imam Hussein et de son adversaire Yassid.
Durant la huitième nuit, soit hier soir, des membres de la congrégation se sont autoflagellés en mémoire d’Imam Abbas, mort en martyr alors qu’il était allé chercher de l’eau pour sa famille encerclée par les ennemis. À travers l’autoflagellation, ils manifestent leur foi en l’omniprésence de l’imam Hussein. « Le fait que les flagellations ne laissent aucune trace démontrent que l’imam Hussein est vivant », avance Ali Sobdar.
Plusieurs milliers de personnes s’étaient réunies dans les rues de Plainte-Verte hier pour voir les différentes congrégations en procession. Des prières étaient dites tout au long du trajet. Cette nuit en sera la dernière avant le grand rassemblement demain pour les différentes congrégations de l’iman Hussein.