Alors que l’exercice d’enregistrement des colporteurs de la capitale a débuté depuis jeudi, la Street Vendors Association et le Front Commun des Marchands ambulants réclament l’arrêt immédiat de toutes les procédures enclenchées par la municipalité de Port-Louis. Mécontents, ils dénoncent la « pagaille » autour de cet exercice. Du côté du ministère des Collectivités locales, l’on affirme que le gouvernement compte rester ferme sur sa décision de recaser les marchands de rue à Decaen (gare Victoria) et Immigration (à côté de l’ancien poste de police de Trou-Fanfaron).
La Street Vendors Association et le Front Commun des Marchands ambulants se sont réunis pour commenter l’exercice d’enregistrement des marchands de rue qui a débuté jeudi et qui se poursuit aujourd’hui et lundi prochain en vue de leur relogement temporaire aux places Decaen et Immigration. « C’est avec surprise que nous avons appris dans les médias le début des procédures d’enregistrement des marchands ambulants de Port-Louis en vue d’obtenir un étal à Decaen et place Immigration », commente Hyder Raman. Ce dernier soutient que la municipalité de Port-Louis n’a pas informé les principales associations défendant l’intérêt des colporteurs au sujet d’un tel exercice. Le système mis en place par les autorités présente plusieurs contraintes, ajoute-t-il. D’abord, le nombre insuffisant de places dans les deux sites, soit plus d’un millier alors que le nombre de colporteurs serait supérieur à 2 000 sur le terrain. « Il y a un problème de places qui va se poser à la suite du tirage au sort qui sera censé désigner les espaces que pourront occuper les marchands de rue aux places Decaen et Immigration », soutient Hyder Raman.
Le président de la Street Vendors Association fait également état de « deux sons de cloche » de la part des parlementaires, en faisant référence à une rencontre avec l’ancien ministre des TIC, Pravind Jugnauth, avant les élections municipales et une autre avec le ministre des Infrastructures publiques, Nando Bodha, au sujet du dossier de relogement des marchands de rue. Pravind Jugnauth, dit-il, avait parlé d’infrastructures modernes pour permettre aux marchands ambulants d’opérer, de régulariser leur situation. Or, l’association est d’avis que les sites identifiés par les autorités pour le relogement temporaire ne sont pas propices.
Hyder Raman dénonce par ailleurs l’« amateurisme » du conseil municipal de Port-Louis. « Cet exercice se fait de manière désorganisée », soutient-il. Du coup, son association et le Front Commun des Marchands ambulants réclament l’arrêt des enregistrements, qui ont lieu à la mairie de Port-Louis depuis jeudi matin. Elles réclament à la place l’institution d’une table ronde réunissant les stakeholders, à savoir les associations elles-mêmes et la police afin de revoir tous les aspects de ce dossier. « C’est une véritable pagaille. Nous ne sommes pas contre le relogement mais nous nous opposons à la façon d’opérer », dit Hyder Raman. Il suggère que les autorités tiennent en compte les études déjà réalisées dans le passé.
Sollicité pour une réaction, Jameer Yeadally, conseiller en matière de communications au ministère des Collectivités locales, rétorque que le gouvernement ne compte pas faire marche arrière. « Le gouvernement a déjà commencé un travail depuis 2015. Ce travail a été renforcé durant la période novembre/décembre et va se poursuivre. La décision est ferme. Le GM ira de l’avant avec le relogement temporaire. Il n’y aura pas d’arrêt des procédures d’enregistrement. Le tirage au sort aura bel et bien lieu le 18 janvier », déclare notre interlocuteur. Selon un bilan, à hier après-midi, 1 218 colporteurs s’étaient déjà enregistrés auprès des officiers de la mairie de Port-Louis. Jeudi, ils étaient 616 et vendredi 602.