RENCONTRE HIER: Création d’un Front Commun contre la légalisation de l’avortement

Le vicaire général du Diocèse de Port-Louis, Jean-Maurice Labour, dénonce ceux qui veulent éliminer la voix des religieux dans ce débat

Quelques associations religieuses et caritatives se sont rencontrées hier à l’initiative de la Muslim Youth Federation à Port-Louis pour créer un front commun contre la légalisation de l’avortement à Maurice. Outre la MYF, la Muslim Ladies Council, l’Église Catholique et le Mouvement d’Aide à la Maternité y étaient représentées. Des activités sont prévues dans ce sens à l’avenir.

Tous les intervenants à ce débat se sont prononcés contre l’avortement qui, pour eux, n’est pas une solution en cas de grossesse non désirée. « Certaines personnes invoquent le droit de la femme à l’avortement. Je me demande si une femme a le droit de s’attaquer au droit d’un autre être humain qui est plus faible », a lancé le vicaire général. Pour lui, l’avortement n’est pas une solution « dans le sens qu’il nous fait taire vis-à-vis des autres droits de la femme que sont le droit à un logement convenable, à la santé et à la maternité, entre autres. » M. Labour a, ensuite, dénoncé ceux qui veulent éliminer la voix des religieux dans ce débat. « Ils nous disent que c’est un débat de santé public et des droits de la femme et que les religieux ne devraient pas en parler. Ces gens-là sont pour la démocratie sauf lorsque les religieux prennent la parole », a-t-il déclaré.
Pour Monique Dinan, ce sont les jeunes qui sont les plus exposés à commettre un avortement. « Ils doivent comprendre qu’il n’y a pas de solution dans cet acte. Au contraire, il y aura plus de problèmes à l’avenir. » Elle a dit vouloir travailler avec les jeunes pour les sensibiliser aux risques de tomber enceinte ou pour « qu’elles aient le courage de garder le bébé, car il y a de l’espoir pour la vie », a-t-elle déclaré, avant d’appeler à la création d’une solidarité pro-vie parmi les femmes pour aider certaines à faire face à des grossesses difficiles. Elle a estimé que les hommes ont également leur mot à dire dans ce débat « parski oken fam pa pou ansent si enn zom pa fin pass par la ». Mme Dinan a appelé à ce qu’on travaille avec les hommes pour leur faire comprendre leur part de responsabilité. Elle soutient également que les pays qui ont autorisé l’avortement, où plus de 50 millions de cas sont enregistrés annuellement, font face actuellement à un grand problème de démographie. « Il ne faut pas que Maurice tombe dans ce piège. Maurice étant une République, aucune loi ne passera si les parlementaires ne la soutiennent pas. Ce n’est pas aux Nations unies ou à tout autre organisme étranger de nous dire quelles sont les lois qui doivent être introduites à Maurice », a-t-elle dit.
Mme Goodur a laissé entendre quant à elle, que c’est la religion qui aide les êtres humains à faire la distinction entre le bien et le mal. Selon elle, il faut s’attaquer aux avortements clandestins « et c’est à la police de faire son travail convenablement ». Pour leur part, Raffick Santally (MYF), Mariam Goodur (MLC) et l’imam Moossa Beeharry ont tous trois cité le Coran pour rappeler que Dieu interdit aux hommes de tuer leurs enfants. « Seul Dieu a le pouvoir de donner et de reprendre la vie », a rappelé M. Santally. Aux questions du Mauricien, il a répondu avoir appris dans les médias que le gouvernement travaille sur la légalisation de l’avortement et c’est pour cela qu’ils ont décidé de créer ce front commun pour contrecarrer cette décision. À une autre question, Mme Dinan a affirmé que la méthode de contraception la plus efficace est celle qui consiste à bien comprendre le cycle naturel de la femme. « Nous femmes, nous savons bien que nous pouvons tomber enceintes uniquement dans un temps précis de 24 heures. Un ovule peut donner la vie que pendant ce temps seulement. Si on a une relation sexuelle à ce moment précis, on risque de tomber enceinte. Je pense que nous sommes suffisamment adultes pour mieux gérer notre fécondité. Je ne cesse de répéter qu’il nous faut une bonne éducation à la sexualité e nou pa bizin ban lezot metod ki pou detrir nou lasante », a déclaré Mme Dinan.

Commentaires

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