RENCONTRE - MANUJA DHALLAPAH, GLOBE-TROTTER : Un sac à dos et seize pays

Voilà bientôt deux semaines que Manuja Dhallapah est de retour à Maurice. Cette habitante de Roche Bois se repose de dix longs mois de vacances. De décembre 2016 à septembre 2017, la jeune femme âgée de 34 ans a visité seize destinations. Le tout, quasiment en solo, en mode backpacking. De nombreux souvenirs et rencontres qu’elle raconte à Scope en défilant près de 9,000 photos prises lors de cette première aventure. Après l’Inde, l’Asie, la Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie, le Qatar, l’Angleterre, la Belgique, la France, l’Allemagne, entre autres, Manuja Dhallapah a hâte de reprendre son sac à dos pour mettre le cap sur l’Amérique du Sud.
“J’ai rencontré des gens incroyables. Mes yeux ont tellement vu que j’aurais voulu avoir un enregistreur pour tout me rappeler. Je ne pense pas être une personne différente mais j’ai réalisé une chose fondamentale : tout est possible. C’est le genre de phrase que j’ai souvent entendu, mais dont je ne captais peut-être pas tout le sens. Aujourd’hui, mon regard sur la vie et mon existence ont complètement changé”, confie Manuja Dhallapah, avant de revenir sur ses derniers dix mois à explorer le monde.

Solo female traveller.
Il n’y a pas de moment précis pour décider de partir, ni de raison particulière. L’envie de parcourir le monde s’est vite révélée une évidence après plusieurs petits séjours : “Je revenais souvent déçue. C’était trop court pour rencontrer les gens du pays, apprendre et s’imprégner de leur culture.” La jeune femme avait soif de liberté. Elle se sentait de plus en plus attirée par l’inconnu et la découverte de nouveaux territoires et de nouvelles personnes. Elle ne voulait pas être une simple touriste, avec un agenda et un itinéraire réglé à la minute près. “Je rêvais d’autre chose. Celui de ne pas savoir de quoi demain sera fait, de vivre chaque moment en me laissant guider par mon instinct.”
C’est ainsi que cette habitante de Roche Bois s’est transformée en globe-trotter, en solo female traveller, comme elle le dit. Pour ajouter du piment à l’expérience, elle choisit l’option backpacking. “Il ne faut surtout pas croire que cela demande du courage, qu’il faut être téméraire, intrépide, voire fou, de partir comme ça à l’aventure à l’autre bout du monde avec son sac à dos. Je peux affirmer que l’aventure n’est pas dangereuse, même pour une femme. De nos jours, c’est la routine qui est plus mortelle.”
Inde, Thaïlande, Cambodge, Macao, Chine, Malaisie, Indonésie, Philippines, Qatar, Angleterre, Belgique, France, Espagne, Italie, Croatie, Allemagne. Sans oublier ses trois semaines de bénévolat avec des moines, sa visite dans un sanctuaire d’éléphants ou encore les innombrables dégustations de plats locaux. Impossible de tout raconter en détail. “De toute façon, chacun voit, ressent et vit les choses à sa manière.”

Partage au quotidien.
Ce qu’elle retient principalement, c’est la “rencontre” au cœur même de ce long voyage : la découverte des populations, la rencontre avec d’autres voyageurs comme elle, le partage au quotidien, le sentiment de grande quiétude. Et aussi marcher sans contrainte de temps ni de lieu, vivre chez l’habitant, apprendre leurs rites et leurs coutumes, leurs façons de penser et d’agir. “J’ai l’impression d’avoir mis les pieds sur une autre planète. J’en reviens émerveillée et impatiente de retenter l’expérience et apprendre encore et toujours du monde qui nous entoure.”
Jusqu’à la mi-décembre 2016, les événements de la vie de Manuja Dhallapah, 34 ans, s’alignaient tranquillement. Les opportunités se présentaient à elle presque sur un plateau. Après l’école, elle a entamé un diplôme en Tourism Management à l’École hôtelière, suivi d’une licence en Business Enterprise à l’université de Birmingham. Sa carrière professionnelle s’est construite d’abord à Maurice en tant que Food & Beverage Assistant à Oberoi Hotels & Resorts. Avant de se poursuivre, ces treize dernières années, au Moyen Orient : Restaurant Supervisor au Kempinski Hotel Mall of Emirates à Dubaï, Assistant Outlet Manager au Six Senses Resort & Spa à Oman, Outlet Manager au Souq Waqif Boutique Hotels au Qatar.

Nager à contre-courant.
“Sans prétention, on peut dire que la vie s’est quand même bien occupée de moi. Je ne pouvais pas me plaindre et j’ai donc suivi le courant jusqu’à ce fameux déclic”, avoue la jeune femme. Elle n’a aucun regret d’avoir démissionné pour s’aventurer seule à travers le monde. “J’étais à un point où je ne voulais plus attendre que les opportunités viennent à moi. Il y a d’autres moyens pour être heureux. Pour cela, il suffit de sortir de sa zone de confort. Le résultat est très satisfaisant.”
Les photos défilent sans cesse. Elles la font rire, avoir les larmes aux yeux ou la plongent dans une profonde réflexion. “Quand tu pars en voyage en solo pour la première fois, à 34 ans, tu ne t’attends pas à découvrir de nouvelles choses sur toi. Je ne m’attendais à rien du tout côté épanouissement personnel et je suis bien heureuse de réaliser que j’ai rapporté plus que des souvenirs de vacances. Je ne suis pas une brand new version de moi-même, mais mon premier voyage en solo – et assurément pas le dernier – m’a appris à nager à contre-courant de temps en temps. J’encourage d’autres à tenter l’aventure en m’appuyant sur cette citation : Travel not to see the world but for the world to see”.