RÉPONSE AU PROF. ARNAUD CARPOORAN—KM: l’Éducation catholique poursuit le travail de pionnier…

Nous faisons référence à l’article paru dans la page Forum du Mauricien du 8 septembre 2017 ayant pour titre « Lettre ouverte aux responsables de l’Éducation catholique : Quel avenir pour le Kreol Morisien dans vos écoles ? »
Le Prof. Arnaud Carpooran semble vouloir dire, puisque notre secteur est le seul à être interpellé dans sa lettre ouverte, que l’avenir du Kreol Morisien (KM) dans les écoles repose sur l’éducation catholique seulement. Le Kreol Morisien est enseigné dans 45 de nos 46 écoles primaires cette année ; et en 2018, l’apprentissage de cette langue se fera dans nos 46 écoles primaires RCA. Combien d’écoles du gouvernement offrent cette matière au primaire ? En ce qui concerne le secondaire, 5 collèges catholiques grant-aided (sur 17) pourront offrir le Kreol Morisien en Grade 7 dès 2018 grâce à l’intérêt de nos enseignants qui suivent en ce moment la formation au MIE, alors que pour toute l’île, en comptant les autres collèges SSS et collèges privés grant-aided autres que catholiques, au nombre de 119 approximativement, il y a moins d’une vingtaine de collèges qui offriront le KM en 2018.
Nous tenons à rappeler aux lecteurs, et le public en général, que l’éducation catholique poursuit le travail de pionnier qu’elle a commencé pour la promotion du Kreol Morisien comme langue nationale et pour sa place pédagogique à l’école. Elle est la première à avoir introduit le Kreol Morisien en milieu scolaire avec le projet Prevokbek en l’an 2005. Elle s’est investie dans une recherche sociolinguistique, a initié des concours et activités et se lance actuellement dans une publication des œuvres écrites par des élèves du primaire.
Nous avons effectivement cinq établissements secondaires qui vont offrir le Kreol Morisien en Grade 7 en 2018. Il est entendu que les autres établissements du secondaire feront de même graduellement à partir de 2019. Nous comprenons la grande frustration des parents. Nous le sommes autant. Le Prof. Arnaud Carpooran connait bien les obstacles administratifs auxquels nous nous sommes heurtés et il les mentionne dans son article. Il a tort de nous faire des reproches dans une lettre ouverte. Il ne pipe mot de toute la pagaille autour de l’organisation des cours, les critères d’admission pour le fameux PGCE KM qui n’a pas abouti, le nombre de profs qui se sont inscrits et qui n’ont pas eu accès au cours offert par le MIE, et d’autres informés au dernier moment qui se sont finalement désistés dans de telles circonstances.
En dépit de tous ces obstacles, nous avons fait une demande de dérogation pour que nos profs du PrevokBEK enseignent en Grade 7 pendant une période de transition. On nous a informés que cela est impossible. Nous avons discuté avec la PSEA pour le recrutement d’enseignants qualifiés, mais on se bute quant à l’éternel teachers’ entitlement.
6. Nous sommes tout à fait d’accord et disponibles (comme toujours d’ailleurs) de nous mettre « autour d’une table ronde avec tous les stakeholders concernés par le sujet (ministère de l’Éducation, MIE, Université de Maurice), et essayer de trouver une solution convenable à ces questions administratives ou logistiques ». La balle est surtout dans le camp du Prof. Arnaud Carpooran, qui porte aussi le chapeau de président de la Creole Speaking Union.