REPORTAGE - CENTRE D’ÉVEIL SAN’S ANGEL DE BEAU-BASSIN : Soutenir des enfants vulnérables

Le destin de ces enfants n’est pas si simple. Ils sortent de familles brisées ou à problème. Le centre d’éveil San’s Angel de Beau-Bassin, fondé par Caritas, prend en main ces petits pour qu’ils aient un meilleur avenir.

Malgré le froid, les petits sont au chaud au San’s Angel. Depuis l’inauguration de ce centre d’éveil en mai dernier, ce lieu est devenu leur havre. Il accueille 21 enfants qui viennent principalement des Résidence Barkly et Chebel. “Notre but est de donner une autre chance aux enfants défavorisés âgés de deux ans et demi à trois ans et demi. Nous leur offrons une base scolaire soutenue avant d’aller à la maternelle. C’est comme une prématernelle. Ici, ils ont le confort qu’ils n’ont peut-être pas chez eux. Ils ont tous un uniforme pour ne pas faire la distinction entre ceux qui peuvent porter des vêtements convenables et ceux qui n’en ont pas”, confie Christelle Chellapanaick, enseignante.
Centre tout équipé.
Dans une atmosphère saine et conviviale et une pièce ornée de jouets et de flashcards, les petits sont accueillis en douceur de 8 h 30 à 12 heures. Les quatre murs aux couleurs sablées de cette prématernelle sentent encore le neuf. “La région manquait d’un centre du genre. Il y avait un besoin. Cela n’aurait pas été possible sans le soutien de IFS-Sanne. Caritas n’aurait pas pu créer le centre San’s Angel. Le bâtiment est doté de tout pour assurer le confort des enfants”, affirme Mary Anne Legallant, coordinatrice de tous les centres d’éveil de Caritas.
Vulnérabilité.
Parmi les enfants qui viennent au centre, certains sont issus de familles vulnérables. “Parmi les parents, il y a des mères célibataires, des toxicomanes, entre autres. Ces bébés viennent de parents qui sont suivis par le SEED (service d’écoute et de développement)”, souligne Géralda Boodiah, responsable du comité de gestion. Or, c’est l’une des raisons pour lesquelles Véronique Humbert, 20 ans, mère célibataire, envoie sa petite Ylenia au San’s Angel. “J’emmène ma fille ici pour qu’elle se développe davantage. Une autre raison qui m’a poussée à le faire c’est que j’habite dans un quartier chaud. Je préfère qu’elle s’habitue à un environnement droit et stimulant dès son plus âge. Qu’elle ait une enfance heureuse.”
Consciente de l’importance du bon développement et soucieuse de l’avenir de son petit-fils, Sybille Brunet, 65 ans, le dépose chaque matin et l’attend à midi à la sortie. “Je trouve l’initiative intéressante. Cela aidera mon petit-fils dans sa scolarité. Puis, le fait que j’habite à la Résidence Barkly m’a encore plus poussée à l’emmener au centre. Ici, on est loin du vacarme de Barkly. Ce milieu est paisible.”
En passant une demi-journée au centre de formation, les gosses bénéficient d’une alimentation équilibrée et gratuite. “C’est triste à dire et sans vouloir stigmatiser toutes les familles qui apportent leurs enfants, certains viennent sans avoir pris leur petit-déjeuner. La plupart des gamins mangent ici”. Le petit-déjeuner et le déjeuner leur sont offerts. “Du lundi au vendredi, les repas sont variés. Par exemple les vendredis pour le repas de midi, ils ont du riz, de la soupe de lentille, du sauté de poulet et des pruneaux comme désert”.
Le bon apprentissage.
Au centre, chaque minute qui passe compte. Chaque membre est responsable d’une activité. La visiteuse de Caritas jette un coup d’œil sur un des bambins qui joue de l’autre côté de la pièce tandis que les autres, au contact de leurs semblables, sont plus sociables. Ils répètent mot à mot les paroles d’une chanson que chantent l’enseignante et la stagiaire. “Ils apprennent la discipline et dans ce sens, chez eux ils pourront faire de même. De plus, on mise sur la motricité des mains en faisant des ateliers de manipulation.”
Toujours dans l’esprit d’apporter un souffle de changement et d’améliorer la vie de certaines familles, Caritas voit grand et mise aussi sur l’apprentissage des parents. “Vu que nous venons tout juste d’ouvrir nos portes, les formations destinées aux parents ne sont pas encore disponibles pour le moment. Ce n’est qu’une question de temps. Les formations viseront à éduquer les parents afin qu’ils puissent mieux élever leurs enfants”, dit la coordinatrice.