En début de semaine, Scope a accompagné plusieurs familles dans leurs derniers moments chez eux à La Butte. Leurs demeures se situant sur le tracé du projet Métro Express, ils ont été sommés de quitter les lieux avant le mercredi 23 août. Si certains se préparent à partir, d’autres demeurent dans le flou, et d’autres encore tentent encore de se battre. Pour beaucoup, ce départ forcé constitue un véritable drame humain. Ce déracinement fera disparaître des années de souvenirs qu’ils ont construites sur ces parcelles de terre réquisitionnées par l’État au nom d’un projet qui fait polémique.
L’horloge tourne, l’ultimatum approche. Depuis ce matin de lundi, Azam Rujubali, président de l’Union Sociale Développement, de Debout Citoyen et dont la maison est située pile sur le tracé, multiplie les démarches pour tenter de stopper l’inévitable. “Depi gramatin mo pe koz ar mo avoka. Nou pe al met enn inzonksion kont sa proze-la. Nou pe fer le maximum pou met bann pwin inportan pou gagn enn dosie an beton”, confie-t-il, en prenant un ton de battant. L’instant d’après, lorsque sa femme lui apporte des photos de leur maison prises par le passé, il craque. C’est en sanglots qu’il nous relate comment il a travaillé dur pour construire cette maison, qu’il possède depuis 37 ans. “Mo finn konstrir sa ek mo prop lame. Sa fer di mal ki zot aras sa ek nou. Monn aste materyo tigit par tigit pou mont sa. Sa bann souvenir ki nou ena isi la priceless.”