À St Hilaire, les enfants et les adultes sont résignés à abandonner leurs rêves à cause de la misère et l’exclusion sociale. À chaque jour suffit sa peine, diront les éducatrices de La Providence. L’école fondée par Pascale Desvaux s’occupe du bien-être et de l’éducation de ceux touchés par l’analphabétisme.
La réalité des occupants de la rue Cent Gaulettes à St Hilaire est préoccupante. La pauvreté a donné lieu à l’illettrisme. La plupart des enfants sont condamnés à l’analphabétisme : ils ne vont pas à l’école ou sont contraints d’abandonner les salles de classe tôt. La Providence ouvre ses portes de 9 heures à 16 heures du lundi au vendredi à ceux qui veulent voir leurs enfants progresser et éviter les souffrances qu’ils ont eux-mêmes endurées. “Nous avons dix enfants âgés de 5 à 16 ans et huit femmes de plus 50 ans”, dit Pascale Desvaux, la fondatrice. Quant aux femmes, elles viennent pour apprendre à lire et à écrire. “C’est un moment de détente. Il y a beaucoup de moments d’humour entre nous”.
Entrée modeste et propre, l’école d’alphabétisation, ouverte en 2001, respire la bonne humeur et la convivialité. “Nous sommes comme une famille”, lâche la créatrice et éducatrice de 56 ans. Les enfants sont tous assis à table. “Nous essayons de leur inculquer les bonnes manières autant que possible. C’est dur par moments. Ils n’en font qu’à leur tête”. Dans cette école, le respect de l’art de vivre est de rigueur. “Nous voulons qu’ils se sentent à l’aise afin qu’ils puissent développer leur caractère. Zot bizin aret per e onte”. Pour enseigner, elles appliquent le même effort et la même patience à tout le monde.