REPORTAGE : Leur vie, tout un cirque

Le cirque c’est leur passion et toute leur vie. C’est même une tradition familiale qui perdure depuis plusieurs générations et ils n’imaginent pas vivre sans faire leur… cirque pour le plaisir du public. Lucien et Natacha Durand du Cirque de Paris nous parlent de leur expérience d’artistes itinérants dans une entreprise familiale.
À Maurice pour une série de représentations dans le cadre de sa tournée dans l’océan Indien, le Cirque de Paris espère plaire au public mauricien avec ses numéros de trapèze, hula-hoop, magie et perche aérienne. La troupe de joyeux lurons, qui compte une dizaine de membres, adultes et enfants compris, est un cirque familial itinérant. Un atout sans doute mais cela comporte aussi des inconvénients. Chaque membre doit avoir des compétences multiples hormis le rôle spécifique que chacun occupe lors des spectacles. Mais s’agissant de la gestion des affaires, les démarches administratives, l’entretien du matériel, entre autres, tout le monde met la main à la pâte. “Nous faisons tout nous-mêmes, de A à Z”, explique Natacha, Leila sur scène.
Lors de notre rencontre avec Lucien et Natacha Durand sur le parking du Trianon Shopping Centre quelques jours avant le début du spectacle du samedi 23 mars, les deux étaient au four et au moulin pour réceptionner tout leur matériel en présence de deux officiers des douanes. “Tout vient de la métropole”, explique Lucien. Après La Réunion et Mayotte, c’est à Maurice qu’ils ont choisi de poser leurs valises et leurs attirails. Malgré le retard pris pour la mise en place du chapiteau, gradins et toutes les installations requises pour le spectacle, en dépit de certaines appréhensions, ils gardent la tête froide.
Entreprise familiale.
Dans le giron depuis leur enfance, ils connaissent parfaitement bien leur métier et ne se font aucun souci bien qu’en temps normal ils prennent au moins une semaine pour tout installer. “Nous sommes issus du milieu du cirque. Nous sommes nés dedans que ce soit du côté de mon mari ou de mon côté, cela fait des générations et des générations que nous faisons des spectacles de cirque”, confie Leila. Elle espère ainsi que la tradition va être respectée par la jeune génération.
En dépit de la spécificité de leur troupe de cirque qui est itinérante, elle affirme qu’ils arrivent à avoir une vie sociale assez stable et que les enfants ont la possibilité d’étudier que ce soit par correspondance ou en passant quelques semaines dans une des écoles du pays où ils sont de passage. Leila confie aussi que pour les enfants, qui sont extravertis, cela ne pose aucun problème. Ils sont contents de pouvoir se faire des amis de par le monde en dépit des inconvénients. “L’avantage que nous avons c’est que nous voyageons beaucoup et cela n’est pas donné à tout le monde. Nous avons aussi la possibilité de connaître beaucoup de gens et de cultures”. Mais cela ne les empêche pas de se réjouir de retrouver leur lit et leur pays, la France, après plusieurs mois de voyages ponctués de spectacles. “Nous essayons autant que possible d’avoir une vie normale”.
Leila assure aussi qu’ils sont maintenant habitués à ce choix et train de vie et qu’ils arrivent à concilier vie familiale et cirque. Alors que c’est une entreprise familiale et qu’ils passent beaucoup de temps ensemble, elle se défend d’être un cercle fermé. “C’est vrai que nous aimons travailler ensemble mais nous sommes ouverts aux autres et cela ne nous empêche pas d’avoir des petits à côté qui sont incontournables dans n’importe quelle famille”, fait comprendre Leila. En dépit de l’expérience et de tout ce qu’il y a à faire, chacun essaie de trouver aussi du temps pour répéter ses numéros.
Baume au cœur.
Lors de sa tournée mauricienne, dont les préparatifs ont commencé au mois de novembre dernier, la troupe espère aller dans différentes localités afin d’être plus accessible à un plus grand nombre. Ainsi, après Trianon, Quatre-Bornes, le Cirque de Paris espère aussi aller dans le Nord, dans l’Est et dans le Sud et les endroits où il sera sollicité. “Nous allons présenter un spectacle familial avec les parents, oncles, tantes, cousins, cousines, nièces… avec plusieurs disciplines artistiques. Si nous avons un bon accueil nous espérons revenir une prochaine fois avec nos animaux : chameaux, dromadaires et fauves”. Ces derniers ont été pris en charge par les autres membres de la famille restés en France. Leila assure aussi qu’ils mettent beaucoup d’amour dans ce qu’ils font et que leur performance dépend beaucoup de l’accueil qui leur est réservé. “Quand nous voyons le rire et le sourire que les gens nous renvoient lors de nos représentations, cela nous met le baume au cœur et nous incite à donner encore plus de nous-mêmes”, conclut-elle.

Les représentations du Cirque de Paris auront lieu du 23 mars au 21 avril les jeudis et vendredis à 18h et samedis et dimanches à 15h et 18h. Les billets sont en vente à Rs 200 (enfants) et Rs 300 (adultes). Des places VIP sont aussi disponibles à Rs 300 (enfants) et Rs 400 (adultes).

Du rire assuré
C’est dans la joie et la bonne humeur que s’est déroulée la première représentation du Cirque de Paris sur le sol mauricien le samedi 23 mars. Illusion, numéros d’équilibriste, jonglerie, clowns… tous les ingrédients étaient réunis pour permettre au public de passer un bon moment. Nul doute que Centkilo et Pétrus, les deux clowns du cirque, ont marqué les esprits des grands comme des petits dans leurs numéros respectifs.
Bien que plusieurs des numéros proposés soient relativement simples et connus, c’est avec beaucoup de plaisir que ceux présents ont été émerveillés de les voir se dérouler devant leurs yeux. Le public a ainsi salué comme il se doit les performances nécessitant beaucoup de concentration et de dextérité : équilibriste, trapèze et perche aérienne. La souplesse des deux plus jeunes artistes de la troupe, 8 et 10 ans, a aussi été appréciée dans leur numéro de hula-hoop.
La performance des pigeons locaux est aussi à mentionner. Faute d’avoir pu débarquer à Maurice avec les leurs, la troupe a fait l’acquisition de pigeons sur le sol mauricien. Encore en cours de dressage, ils ont quand même été présents pour participer à des numéros d’adresse sous la houlette de Leila. En dépit de quelques ratés, le public, indulgent, a apprécié. Certains se sont même prêtés au jeu pour participer à deux numéros.