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  • Cinq Mauriciennes, faisant partie du réseau, sont rentrées à Maurice durant le week-end

Arrêtée la semaine dernière par la police réunionnaise, une habitante de Pamplemousses, âgée de 35 ans, est dans l’attente de son jugement pour proxénétisme. Elle avait été déférée devant le tribunal correctionnel de St-Denis vendredi. La trentenaire, en situation illégale à l’île sœur, est soupçonnée d’avoir recruté au moins cinq Mauriciennes, âgées de 25 à 46 ans, dans un réseau de prostitution.

Après avoir donné leur version des faits où elles ont impliqué la suspecte, ces Mauriciennes sont rentrées au pays vendredi et samedi. Elles ne feront pas l’objet d’enquête à Maurice vu « qu’elles n’ont commis aucun délit sur le sol mauricien ».

Agissant sur la base de renseignements, la police réunionnaise a arrêté un éducateur sportif de 36 ans la semaine dernière, le soupçonnant d’héberger des prostitués dans deux appartements à Camélia, St-Denis. Dans sa version des faits, il a expliqué que son rôle ne se limitait qu’à l’hébergement et que c’est une Mauricienne de 35 ans qui recrutait ces filles.

Après une opération de surveillance, la police a interpellé ces cinq Mauriciennes alors qu’elles quittaient leur appartement. Après une vérification de leurs papiers, les autorités ont noté que leur visa de séjour avait expiré depuis plusieurs semaines. Elles sont vite passées aux aveux.

Le mode opératoire de la proxénète était comme suite : elle faisait venir les Mauriciennes à La Réunion sur un visa touristique en réglant les frais de voyage et d’hébergement. Elle leur a promis Rs 48 000 (1 200 euros) mensuellement pour ce “travail”. Pour trouver des clients, l’habitante de Pamplemousses faisait passer des annonces publicitaires subtiles sur des sites de rencontre proposant des « massages avec finition ».

De l’argent obtenu auprès des clients aisés, chaque Mauricienne devait remettre une commission à la proxénète, et en plus, payer entre Rs 16 000 et 28 000 (400 à 700 euros) au propriétaire de l’appartement qui leur fournissait également de la nourriture et réglait la note des appels téléphoniques. Pour arriver à obtenir ce montant, les victimes travaillaient à un rythme « jusqu’à l’épuisement », selon la police réunionnaise.

Dans un premier temps, quatre Mauriciennes, dont la proxénète, se sont envolées pour l’île sœur en octobre 2019 et ont été rejointes par deux autres en février. Les nouvelles devaient s’acquitter d’un frais de 50 euros quotidiennement. Après leur arrestation, cinq Mauriciennes ont été relaxées et ont signifié leur intention de rentrer à Maurice. Une interdiction d’entrer sur un territoire français pour trois ans a été émise contre elles. L’habitante de Pamplemousses et le propriétaire des appartements sont en détention préventive. Leur procès aura lieu le 27 mars.