L’heure de vérité par rapport à sa complicité avec des trafiquants de drogue, dont ceux du réseau de Gros Dereck, devra sonner incessamment pour l’imam Moosa Beeharry, jusqu’à vendredi matin Morale Instructor et officiant religieux à la Prison de Beau-Bassin. Des contacts ont été établis entre Me Shawkat Oozeer, Leading Counsel du suspect, et le Chief Investigative Officer de l’Anti-Drug and Smuggling Unit de Plaine-Verte, l’inspecteur Assaad Rujub, en vue d’établir un calendrier de travail pour entamer formellement l’interrogatoire. À moins de changements de dernière heure, l’exercice devra être entamé à partir de la fin de la semaine. Deux aspects majeurs retiendront l’attention lors de cette séance d’interrogatoire, en l’occurrence les connexions politiques haut placées de l’imam Beeharry et plus important encore ses contacts avec une dénommée Maita, très proche d’un trafiquant de drogue notoire, pour assurer le transfert d’importants fonds de Maurice vers l’étranger avec Dubaï comme point de transit.
En parallèle avec le cours de l’enquête de l’ADSU, l’Assets Forfeiture Office du bureau du Directeur des Poursuites publiques est passé à l’offensive avec les premiers Restraining Orders servis aux cinq premiers suspects interpellés par l’ADSU, dont Rudolf Dereck Jean-Jacques, alias Gros Dereck, et l’imam Moosa Beeharry, connu comme l’imam Halall.
En background à cette première séance d’interrogatoire, les limiers de l’ADSU de Plaine-Verte ne pourront occulter les pistons politiques dont a bénéficié l’imam au cours de ces 25 dernières années où il a « officié » à la prison sans subir aucune tracasserie administrative. Les enquêteurs dans la double saisie de 12 kilos d’héroïne d’une valeur marchande de Rs 180 millions tenteront d’obtenir de la bouche de l’imam le nom de la personnalité qui l’avait parrainé pour décrocher des fonctions de Morale Instructor à la Prison. Les informations disponibles indiquent que ce premier « protecteur » de l’imam des trafiquants de drogue vient d’effectuer un comeback dans l’arène publique après une longue période d’hibernation.
L’imam Beeharry devra être confronté à des incidents antérieurs à la Prison de Beau-Bassin où il avait objecté formellement à toute fouille corporelle avant d’y être admis pour les séances de prières.
Suite à des soupçons que de la drogue et des téléphones cellulaires étaient introduits illégalement à la prison dans de gros livres, plus particulièrement des dictionnaires, dont les pages étaient découpées pour accueillir ces objets illicites, les Prison Officers, affectés au contrôle d’accès de la Prison de Beau-Bassin, mettant à exécution des instructions de la direction générale, avaient voulu procéder à une fouille corporelle de l’imam et vérifier le Coran en sa possession. Devant ses objections formelles, une entrée fut consignée dans l’Occurrence Book de la Prison. Subséquemment, suite à des interventions très haut placées politiquement auprès du commissaire des prisons d’alors, l’Indien Narayanen, Moosa Beeharry fut considéré comme un « intouchable » à la prison.
Lors de l’interrogatoire autour de ces incidents, l’ADSU tentera d’élaborer un Timeline pour confirmer si c’est à partir de cette « opération carte blanche » en faveur de l’imam Beeharry que le trafic de drogue dirigé par le tandem Mukasa/Very Good à partir de la prison a pris un nouvel essor. Les informations que communiquera le suspect à la police à ce sujet sont considérées comme étant cruciales.
Maillon fort
D’autre part, l’imam Halall est également considéré comme étant très proche d’un ancien ministre, qui s’est retrouvé au centre de gros litiges de nature politique. Les limiers de l’ADSU soupçonnent que ces contacts de l’imam avec des personnalités en vue faisaient partie d’une stratégie d’intimidations contre ceux qui étaient en présence de faits sur les agissements de cet homme religieux à la prison.
L’imam Beeharry est également attendu non seulement par l’ADSU mais également par l’Independent Commission Against Corruption et l’Assets Forfeiture Office au chapitre de ses rencontres régulières avec Maita, une proche d’un trafiquant notoire. À ce stade de l’enquête, la dénommée Maita est considérée comme un maillon fort dans la chaîne pour le transfert d’importantes sommes d’argent à l’étranger en transitant par Dubaï.
Depuis le démantèlement du réseau de Gros Dereck par l’ADSU, cette femme, qui détient également un passeport étranger, aurait quitté le pays. Sur la base de l’interrogatoire de l’imam Beeharry, les responsables de l’ADSU décideront de la pertinence d’un mandat d’arrêt international contre cette première femme ciblée dans le réseau de l’Ouest.
D’autre part, l’Assets Forfeiture Office du DPP’s Office est passé à l’action avec les premiers Restraining Orders obtenus suite à des procédures des juges en Chambre. À ce matin, les cinq prévenus interpellés par l’ADSU, soit Gros Dereck, Ashish Dayal, l’imam Beeharry, Hayeshan Madarbacus et Bruno Westley Casimir, devaient se retrouver en présence des injonctions leur interdisant formellement de disposer de leurs comptes bancaires et biens immobiliers.
Ces suspects devront également jurer à cette instance au sein du DPP’s Office des affidavits contenant une description détaillée de leurs placements financiers aussi bien que de leurs propriétés. Une autre liste de collaborateurs du réseau de trafiquants de drogue, susceptibles d’avoir agi en tant que prête-noms, est actuellement élaborée pour solliciter des Judge’s Orders aux mêmes effets.
Les nouvelles dispositions de la loi sur l’Assets Forfeiture, qui sont entrées en vigueur en début d’année, donnent le pouvoir au DPP de procéder à la saisie des avoirs litigieux avant même que les trafiquants allégués ne soient condamnés au pénal. L’affaire Gros Dereck constituera un Test Case pour le DPP avec des procédures enclenchées au civil car la grande question, qui attend toujours réponse, reste « où sont passées les recettes du trafic de drogue attribué au réseau de l’Ouest ? »
UNIVERS CARCÉRAL: Very Good et Mukasa transférés à La Bastille
Les retombées du démantèlement du réseau de trafic de drogue de l’Ouest se font sentir à la Prison. Agissant sur les premières informations communiquées par l’ADSU au commissaire des Prisons, Jean Bruneau, des transferts de prisonniers sont intervenus pour des raisons de sécurité et d’enquête. De son côté, le chauffeur de taxi Ashish Dayal a été reconduit à la mi-journée en cellule policière pour la huitième semaine consécutive alors que le second steward du Mauritius Trochetia Désiré Azie, 48 ans, interpellé hier matin, devient le sixième suspect à être placé en détention policière.
De plus en plus convaincues quant au rôle des prisonniers Alain Émilien, aussi connu sous le nom de Very Good et de l’Ougandais Kanamwanje James Mukasa, purgeant de longues peines de servitude pénale pour des délits d’importation d’héroïne, dans le réseau démantelé, les autorités ont pris la décision de les transférer à la prison de haute sécurité de La Bastille dans l’attente d’autres décisions à leur encontre. Un autre détenu, un dénommé Arjoon, a fait l’objet de transfert de Beau-Bassin à la Remand Prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest.
À Beau-Bassin, Gros Dereck est toujours en détention à la Segregation Unit alors que Bruno Westley Casimir est incarcéré à la New Wing. De son côté, Ashish Dayal, le State Witness-in-Waiting, est toujours détenu en cellule policière et cela depuis le 12 juillet dernier.
Avec les nouvelles dénonciations d’Ashish Dayal, un autre membre d’équipage du Mauritius Trochetia, Désiré Azie, a été interpellé. Il est soupçonné d’avoir précédé Hayeshan Madarbacus, aussi connu sous le sobriquet de Long Laskar, en tant que linkman à bord du bateau pour le convoyage de la drogue de Madagascar. Ce prévenu est soupçonné d’avoir bénéficié d’une somme de Rs 500 000 pour avoir facilité l’importation d’une dizaine kilos d’héroïne de la Grande Île l’année dernière.
Au début de cette année, Désiré Azie se serait retiré du réseau en introduisant Hayeshan Madarbacus à Bruno Casimir en tant que successeur. Il a déjà été identifié formellement par Ashish Dayal et attend d’être confronté à son collègue Madarbacus. Il a retenu les services de Me Shameer Hussenbacus pour son interrogatoire à l’ADSU de Plaine-Verte.
Commentaires
It's about time to name and shame theses politicians with dirty hand and ,greedy for easy earned money at the expense of weak drug addicts.My view is that Gro Derek, is NOT the king pin, but just a senior messanger. The real baron is pulling strings....
Pourquoi ni Berenger,quand il etait premier ministre,Ni Aneerood Jugnauth,lui aussi premier minstre,a passe cette loi sur "Assets forfeiture";pourtant ils sont deux qui crient le plus sur la drogue.Les mauriciens souvient tres bien les grands declarations de Berenger sur la drogue-example cette fameuse declaration oi il disait dans une semaine la drogue va disparaitre a Plaine verte.