Photo d'illustration
  • Avec trois heures d’opération par jour, le permis leur revient nettement plus cher que les restaurants et les pubs, déplorent-ils

Les gérants des tavernes sont des opérateurs économiques comme les autres. C’est ce que soutient l’Association des tavernes, qui estime que cette activité a souvent été « diabolisée » en raison de la vente d’alcool. Or, disent-ils, c’est un endroit qui, au même titre que les autres endroits vendant de l’alcool, accueille des clients « pour un moment de détente ». Sauf que, selon la loi, les heures d’opération sont limitées à trois heures par jour, ce qui rend les opérations « difficiles ».

C’est une requête assez inhabituelle et l’Association des tavernes en est pleinement consciente. La vente d’alcool n’a pas bonne réputation. Or, disent les gérants des tavernes : « Nous sommes des opérateurs économiques comme les autres. Nous payons le “trade fee”, le permis à la MRA et au conseil de districts, entre autres. Nous pouvons même dire que notre permis est le plus élevé des sept catégories d’activités pour la vente d’alcool et nous travaillons moins que les autres. »

Raison pour laquelle l’association a retenu les services d’une avouée qui a adressé une lettre au Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Elle réclame une extension des heures d’ouvertures, soit de 15h à 23h au lieu de 16h à 19h actuellement. Jeff Auckle, représentant des taverniers de l’Est, souligne que c’est une activité qui est appelée à disparaître, vu la baisse enregistrée depuis des années et le fait que la Mauritius Revenue Authority ne délivre plus de permis pour cela. « Dans les années 70, il y avait 500 tavernes à travers l’île. Dans les années 80, il en restait 200 et aujourd’hui, il y a une soixantaine seulement en opération. »

Jeff Auckle fait également ressortir que les tavernes ont des employés et qu’elles doivent se conformer aux lois du travail, mais qu’avec trois heures d’opération seulement par jour, il leur est difficile de s’en sortir. « Si l’on compare avec les autres catégories ayant un permis de vente d’alcool, comme les hôtels, les guest houses, les discothèques, les pubs, les supermarchés, ceux-ci ont nettement plus d’heures d’ouverture. Et c’est nous qui payons le plus alors que nous travaillons le moins. Nous faisons un appel au Premier ministre pour corriger cette injustice. »

Prakhashitea Lillmond, une des rares femmes à la tête d’une taverne dit, elle, consacrer beaucoup de temps à la préparation que les trois heures de travail ne couvrent pas. « Je dois nettoyer le local, préparer les “gajacks” avant l’arrivée des clients. Et puis, finalement, l’ouverture de la taverne est de si courte durée que je n’arrive même pas à tout vendre. »

Sandiren Vydelingum, qui opère, lui, dans le sud, relève qu’il y a différents frais à s’acquitter pour l’opération d’une taverne. « Il y a le permis à la MRA qui est à Rs 5 000, ensuite il y a le permis de General Retailer pour la vente de nourriture à Rs 2 500, celui au conseil de district est à Rs 2 500 également, la patente pour les boissons coûte Rs 8 000. Et il y a également un “scavenging fee” de Rs 600. Au total, cela nous fait Rs 18 600. »

Raj Appadu de l’Association des commerçants de l’île Maurice qui apporte son soutien aux gérants des tavernes, estime que cette demande est justifiée car ces derniers paient un permis et doivent pouvoir opérer. Il regrette que les différents gouvernements aient « diabolisé » les tavernes. « Il y a des crimes partout tous les jours et cela ne se passe pas nécessairement dans une taverne. »