REZISTANS EK ALTERNATIV : Pravind Jugnauth a essuyé un revers du FMI

Rezistans ek Alternativ dénonce une fois de plus un taux d’inflation trop élevé, qui par effet domino, diminue le pouvoir d’achat des consommateurs. Dans sa conférence de presse, hier, à Moka, le parti éco-socialiste a tenu à tirer la sonnette d’alarme sur de nombreux points et invite ceux intéressés le 6 septembre au Batelage pour un débat. Le parti a par ailleurs affirmé avoir entendu l’appel de Jack Bizlall et reste ouvert aux éventuelles discussions.
« Maurice est la championne de l’inflation », a soutenu Kugan Parapen. Dénonçant la hausse de 6% du taux d’inflation, ce dernier soutient que « tout le monde ne sera pas affecté de la même manière par cette hausse ; seuls les citoyens obtenant un salaire de moins de Rs 15 000 sentiront l’effet de cette hausse alarmante et inacceptable ». Une situation due, dit-il, à l’incompétence du ministre des Finances et du « Premie minis bagas Pravind Jugnauth », s’est insurgé le candidat à la partielle à venir au N° 18. Selon lui, la flambée de l’inflation est due au processus de « gentrification », qui se caractérise par trois aspects, soit la crise du logement, la forte augmentation du coût de la vie par le biais des taxes indirectes et le déplacement de la population.
Rezistans ek Alternativ demande au gouvernement de « changer son fusil d’épaule, sans quoi le coût de la vie augmentera encore plus. Par ailleurs, l’Opposition doit veiller à ce que le pouvoir d’achat des citoyens ne se détériore pas ». Il met également le gouvernement en garde contre toute tentative d’abolir la compensation salariale et rappelle au Premier ministre l’urgence de mettre en place un salaire minimal.
Toujours dans le contexte de la « gentrification », Kugan Parapen a fustigé « les amendements choquants du Board of Investment (BOI) à l’Immigration Act et à la Promotion Investment Act. Un investisseur qui injecte plus de 500 000 dollars dans un Initial Public Offering (IPO) peut obtenir un Permanent Residence. Ce n’est pas logique. Il est clair que c’est une mesure taillée sur mesure pour les lobbies des grands propriétaires terriens ».
Commentant le rapport du Fonds monétaire international (FMI), Rezistans ek Alternativ félicite les officiers du FMI qui ont su dénoncer « l’indiscipline de notre ministre des Finances, qui a essuyé un revers retentissant de cet organisme international ». Kugan Parapen soutient cependant que le FMI a failli dans son analyse de la dette et lui demande de fouiller encore plus. Citant l’exemple de la dette grecque, le parti espère que le FMI ne commettra pas la même erreur de jugement avec Maurice.
En ce qu’il s’agit de la Protected Area Network Expansion Strategy, Michel Chiffonne dénonce pour sa part l’incohérence du ministre Mahen Seeruttun. « Seulement 4 % de notre zone est protégée », soutient-il avant de dénoncer les contradictions de l’État. « Le ministère de l’Environnement est contraint d’importer du sable pour la plage de Mon-Choisy et d’implanter des récifs artificiels dans la mer. Sans compter l’argent dépensé inutilement dans la construction d’une route dans le Sud menant directement à l’aéroport, au Holiday Inn et au très prochain hôtel du Chaland ». Rezistans ek Alternativ demande par ailleurs au ministre de l’Énergie Ivan Collendavelloo d’expliquer comment il compte assurer la transition énergétique une fois que les contrats des IPP arriveront à terme, soit dans trois ans.


NOMBRE D’ÉLECTEURS PAR CIRCONSCRIPTION : Le MP doute de la constitutionnalité des nouveaux registres électoraux

  • N°18 : « Il est temps de publier le Writ of Election »

Alan Ganoo, président du Mouvement Patriotique (MP), se demande si, compte tenu de l’énorme disparité dans le nombre d’électeurs dans certaines circonscriptions par rapport à d’autres, les registres d’électeurs qui viennent d’être remis à jour par la Commission électorale sont conformes aux dispositions constitutionnelles. Le député de Savanne/Rivière-Noire cite justement l’exemple du Numéro 14, de même que Pamplemousses/Triolet (Numéro 5) qui, selon le dernier relevé, comptent pour plus de deux fois le nombre d’électeurs que ceux des circonscriptions Numéros 2 et 3 (Port-Louis Sud/Port-Louis Central et Port-Louis Maritime/Port-Louis Est).
Alan Ganoo estime par ailleurs que deux mois déjà après la démission du député Roshi Bhadain de l’Assemblée nationale, le gouvernement se devait de préciser les choses par rapport à l’élection partielle techniquement prévue dans la circonscription N°18 (Belle-Rose/Quatre-Bornes) après cette démission. Aussi, pour lui, il est plus que temps pour le Premier ministre, Pravind Jugnauth, d’enclencher les procédures de publication du writ of election pour cette partielle. « Il est temps de mettre fin au suspens qui n’a que trop duré ».
Le président du MP laisse entendre que ce n’est qu’au moment où les choses auront été précisées que son parti décidera de la manière par laquelle il participera à ce scrutin partiel. « Nous sommes encore en réflexion mais il n’est pas impossible que nous alignions nous aussi un candidat. Au cas contraire, nous nous réservons le droit de soutenir la candidature de l’un ou l’autre parti qui ont déjà signifié leur intention de présenter un candidat ou une candidate. » Interrogé, Alan Ganoo trouve que Jack Bizlall du Mouvman 1er Me a tout le droit, comme d’autres, de se porter candidat à cette partielle. Il se dit néanmoins sceptique que les forces de la gauche radicale arrivent à s’entendre sur une candidature unique comme souhaité par Jack Bizlall.
D’autre part, le président du MP déplore ce qu’il considère être « le manque de dialogue » de la part des autorités gouvernementales avec les habitants concernés dans la perspective de l’acquisition obligatoire de terrains pour la mise à exécution du projet de métro express. « Le pays pouvait se passer de ce nouveau foyer de tensions et de frustrations », selon lui. En fait, Alan Ganoo remet en question certaines dispositions de la Land Acquisition Act qui a pourtant été amendée pas plus tard qu’en 2013 et qui « transforment en un rien de temps d’honnêtes propriétaires en de simples squatters. »
Il regrette de même que dans le cas particulier de La Butte, des terrains alternatifs dans des régions excentrées ont été proposés aux familles appelées à être déplacées. Alan Ganoo dit aussi ne pas comprendre l’obstination des autorités de ne proposer comme alternatives que des terrains de l’État, alors que des terrains à bâtir privés sont disponibles dans des régions plus rapprochées comme Pailles, Beau-Bassin ou Albion. D’où son « appel pressant » aux autorités pour plus de considération envers ceux concernés par ces mesures de déplacement.


PARTIELLE DU NO 18 : Jack Bizlall candidat du MPM

  • Le mouvement reste, toutefois, ouvert à la possibilité d’un candidat unique pour la gauche progressiste

Le Mouvement 1er-Mai (MPM) a désigné son candidat à l’élection partielle qui devrait être organisée dans la circonscription No 18 (Quatre-Bornes/Belle-Rose) pour remplacer le député ex-MSM démissionnaire, Roshi Bhadain. Le mouvement alignera Jack Bizlall, mais laisse encore la porte ouverte à une entente entre les forces progressistes du pays pour le choix final d’un candidat unique qui représenterait éventuellement un front commun de la gauche.
Le choix de Jack Bizlall pour le MPM a été fait à l’issue d’une discussion entre lui et l’avocat Dev Ramano. Ce dernier a volontairement encouragé Bizlall à se porter candidat, mais en prenant l’engagement qu’il sera de la partie aux prochaines élections générales. Pour la partielle, à Dev Ramano a été assignée la tâche d’organiser la campagne du mouvement d’autant plus qu’il connaît personnellement très bien la circonscription.
Lors d’une réunion qui réunit une importante assistance au Centre Nelson Mandela, à route Berthaud, dans la circonscription, mercredi, le MPM a exprimé sa détermination à élargir sa base dans le pays. Dans cette optique, il a tendu la main à tous les citoyens - y compris les sympathisants du Parti travailliste, du PMSD et du MMM - afin qu’ils se rallient et aident à bâtir une véritable politique nouvelle et différente de celles que proposent les vieux partis traditionnels.
Tout au long de son intervention ce mercredi soir, Jack Bizlall s’est exhorté « à faire comprendre que, ici comme ailleurs, tous les grands mouvements qui ont changé le cours de l’Histoire ont été initiés par un petit nombre de personnes, une minorité ». « Ce fut le cas », a-t-il souligné, « du MMM qui avait débuté avec un tout petit regroupement d’étudiants et avec le PTr autour de Dr Curé en 1936 ».
Bizlall a annoncé que le mouvement organisera son prochain congrès à Goodlands avec pour but d’amener les habitants du Nord à s’intéresser de près à ce que va se passe au No 18 et à venir aider dans la campagne.
De la même manière, pour Jack Bizlall, des noyaux du MPM seront constitués partout dans le pays avec pour objectif de gagner les élections générales dans le cadre d’un front commun de gauche.