Heureux d’avoir renoué avec un de ses “vieux amours”, la peinture, Riaz Auladin a désormais des projets plein la tête. Alors qu’il expose ses tableaux au Dias Pier au Caudan Waterfront jusqu’au 10 juin sous le thème de “Merveilles des ombres et de lumière”, il projette déjà une deuxième exposition vers la fin de l’année.
C’est un Riaz Auladin, la quarantaine, très enthousiaste que nous avons rencontré à son domicile à Plaine Verte. Marié et père de deux enfants, il est comblé d’avoir pu en environ six mois peindre une trentaine de tableaux. Bien qu’il ait découvert son talent pour la peinture depuis le collège, il n’a pas poursuivi dans ce domaine, les impératifs de la vie le contraignant à trouver un travail pour subvenir à ses besoins. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé magasinier dans une compagnie de construction avant de gravir les échelons et de se mettre finalement à son propre compte. Il est aujourd’hui dessinateur en bâtiment. “J’aime créer. C’est comme ça que je suis devenu dessinateur”, alliant ainsi travail et son potentiel artistique, dit-il.
Dans le sang.
Ancien élève du Islamic Cultural College, il a eu la chance de côtoyer des enseignants qui lui ont inculqué cet amour pour l’art. Inspiré par leur savoir-faire, il a ainsi découvert son talent caché. Un talent qui ne demandait qu’à être développé. Cela lui a permis de remporter quelques prix dont le premier accessit, avec un groupe d’amis, d’un concours de bande dessinée organisé par l’Alliance française vers la fin des années 80. Avec fierté, il confie avoir aussi obtenu le prix du concours pour marquer le jubilé d’argent d’une marque de peinture. Dessin qui s’est retrouvé par la suite sur les cartes de souhaits de fin d’année de l’entreprise. Et récemment, il a obtenu un autre prix pour un concours organisé par un groupe de presse.
Fort de ces diverses expériences, il a profité des encouragements de ses proches et de ses amis artistes pour essayer de s’illustrer dans la peinture pendant quelques années avant de mettre de côté tout son matériel, non sans avoir fait quelques tableaux pour des particuliers. Pris par ses engagements professionnels, il avait peu de temps à consacrer à la peinture. Sans le réaliser, c’est plus d’une quinzaine d’années qui se sont ainsi écoulées sans qu’il ne touche à ses pinceaux. Mais son amour pour la peinture ne l’a jamais quitté pour autant. “Je crois que j’ai cela dans le sang.”
Passion.
Il y a six mois, il a subitement eu envie de se remettre à peindre. Sa position professionnelle aidant, il s’est vu dans une situation où il n’avait qu’à superviser le travail et être présent seulement quand c’était nécessaire. Il a alors constaté qu’il avait un peu plus de temps libre et a choisi de le meubler en peignant des tableaux. “J’ai fouillé dans mes affaires pour retrouver mes pinceaux et peintures”. Sa quête pour retrouver de quoi dessiner l’a même amené à retrouver des choses dont il avait oublié l’existence, car rangées soigneusement dans un coin. “J’ai gardé mes équipements. Peut-être qu’inconsciemment je me suis dit qu’un jour ou l’autre j’en aurais besoin à nouveau”. Il était inconcevable pour lui de les jeter.
Le déclic pour reprendre le dessin est venu également de ses amis qui n’arrêtaient pas de l’inciter, avec le talent qu’ils lui connaissent, à monter une exposition. Parmi, un certain Siddick Nuckcheddy, maître pastelliste, qui l’a bien conseillé et aidé pour son exposition en solo dont le vernissage a eu lieu le 31 mai dernier. Ayant un peu perdu la main, ses premières peintures n’ont pas été, à ses yeux, des réussites. Mais les sensations éprouvées l’ont incité à persévérer. Tableaux après tableaux, il a retrouvé le plaisir de peindre et de mélanger les couleurs. Des dessins réalisés à partir de photos faites lors de ses ballades à travers l’île, car Riaz Auladin à une autre passion, la photographie.
Échanges.
Il aime immortaliser non seulement des scènes de la vie mauricienne mais aussi des paysages et vieux bâtiments qui demain ne seront peut-être plus là. Il dispose d’une grande collection de clichés de différents coins du pays. Avec l’engouement retrouvé pour le dessin, il espère pouvoir, avec ses amis artistes, peindre sur place. Il compte aussi toucher à d’autres techniques comme l’acrylique ou la peinture à l’huile, alors qu’il affectionne l’aquarelle. Perfectionniste, cette technique lui permet de mettre beaucoup de détails dans ses dessins. Mais c’est aussi une façon de se démarquer des autres, d’autant qu’il a pris pour principe de peindre sur du papier préalablement humidifié.
Et bien qu’il n’ait pas peint depuis de nombreuses années, il n’a jamais été loin de ce milieu. Il a côtoyé nombre d’artistes en visitant diverses expositions, la dernière en date étant le Salon de l’été qui s’est tenu il y a quelques semaines. Une façon pour lui de rester en contact avec le monde artistique, d’échanger des idées et vivre sa passion.