Dernier orateur à intervenir hier au Village Hall de Rivière-des-Anguilles à une réunion de mobilisation en vue du 1er-Mai, le leader du MMM Paul Bérenger a qualifié le discours-programme du Ptr/PMSD de « ridicule », accusant le gouvernement de ne pas respecter les institutions et traitant Navin Ramgoolam de « menteur » pour avoir déclaré qu’il a consulté le leader de l’opposition lors de la nomination du président et des membres de l’Equal Opportunities Commission.
« Ou kapav pran sa program-la o seryé ou ? », a lancé Paul Bérenger à une assistance visiblement gagné à sa cause. « Swa se enn repetisyon de seki ena dan program 2010-2015, swa li bizin amenn nouvo kiksoz… Be alor de ki drwa to amenn nouvo kiksoz ? … Eski to finn pass devan lepep ? », s’est-il écrié.
« C’est pourquoi il est impossible de prendre au sérieux ce discours-programme », a martelé le leader de l’opposition. « Enn program ridikil ! Bla, bla, bla… », a insisté Paul Bérenger.
« Kan ou tann Ramgoolam koze, kuma dir ou dan paradi… Eski ou dan paradi, ou ? », a encore lancé le leader mauve. « Kan ou ekout-li koze “Tout va très bien Madame la Marquise” … », a-t-il parodié, suscitant le rire de l’assistance.
Selon le leader de l’opposition, le gouvernement Ptr/PMSD a hérité de ce que le gouvernement MMM/MSM a semé. « Tou seki moi ek Sir Anerood Jugnauth inn fer en 2000-2005, zot inn erite fri apré fri… », a-t-il expliqué, en parlant des technologies de l’information et des communications (TIC), du Seafood Hub, des Integrated Resorts Schemes (IRS). « Zot koz FID (NdlR : Foreign Direct Investment) inn ogmante… se grass a nou sa ! », a-t-il encore insisté.
Paul Bérenger a expliqué que dans son discours-programme, le gouvernement a fait de nouvelles promesses sans passer par le peuple. « Amenn enn nouvo manifest elektoral, donn eleksyon zeneral ek esey gagn enn nouvo manda », a-t-il lancé.
Même sur la question de la réforme électorale, le discours-programme ne contient rien de sérieux, selon l’orateur. « Par contre, ils ont parlé des pouvoirs du président de la République et d’amender la Constitution… Zot pe koz nimport, zot bizin 3/4 pou sa… »
Auparavant, Paul Bérenger avait accusé le gouvernement de mener le pays « à la catastrophe ». « Pei an danze. Frod, koripsyon, politik ti-kopin, ti-kopinn ». Le leader du MMM a insisté qu’il faut des élections générales, car d’ici deux ou trois ans, « nous allons hérité d’un pays en ruine, comme en 1982 ». « Bizin eleksyon pou redress pei, netoye, met prop ek remet demokrasi dibout », a-t-il expliqué.
Exemples à l’appui, le leader de l’opposition a d’autre part réfuté l’accusation du gouvernement selon laquelle l’opposition ne respecte pas les institutions. « En 1982, le MMM a amendé la Constitution pour qu’aucun gouvernement ne puisse renvoyer les élections générales et a rétabli les élections municipales et les élections partielles », a-t-il, entre autres, avancé.
« Se zot ki pas respekte la Konstitisyon ! », s’est-il écrié. Et il en a donné trois exemples, tirés de l’actualité : les menaces d’un ministre contre un journaliste, l’implication de la directrice de la SMEDA Indrani Seebun dans une récente activité politique, et la non-consultation du leader de l’opposition lors de la nomination du président et des membres de l’Equal Opportunities Commission. « Mo onte pou zot ki bann mam sa Komissyon-la inn fer dan viol lalwa », s’est-il écrié après avoir raconté cette affaire dans le détail. « Ramgoolam enn manter, kan li dir li finn konsilte leader lopozisyon ! », a-t-il avancé avec colère.
Répétant que le pays « est en danger », Paul Bérenger a demandé le soutien de la population. « Bann patriot, bizin donn enn koudmin Paul Bérenger ek SAJ pour redress sa pei-la », a-t-il conclu en invitant les Mauriciens au meeting du 1er-Mai à Port-Louis.