Le leader du MSM était hier l’invité d’honneur du Conseil de district de Savanne, à l’occasion de la pose de la première pierre du nouveau Village Hall. Après avoir évoqué le contexte économique difficile, dû à un « héritage difficile » du gouvernement sortant, il a abordé son appel dans l’affaire MedPoint. « Si je gagne, le Premier ministre décidera de mon avenir. Mais si je perds, j’ai déjà décidé de ce que je ferai. Ce ne sera pas la fin du monde. »
Pravind Jugnauth, accueilli au son des pétarades à Rivière-des-Anguilles hier, n’a pas manqué de faire ressortir qu’il limite ses sorties en tant qu’invité d’honneur dans les manifestations depuis qu’il s’est retiré comme ministre. « Mais je suis ici sur l’insistance du président du Conseil de district de Savanne, car l’on croit que le Sud est un peu négligé… »
Hier, le gouvernement était représenté en force avec Vishnu Lutchmeenaraidoo, en tant qu’ancien député de la circonscription, Ivan Collendavelloo, ministre des Services publics, Anwar Husnoo, ministre des Administrations régionales, les députés Maneesh Gobin et Bashir Jahangeer, ainsi que le candidat battu de l’Alliance Lepep, Menon Murday. La présence du troisième député, Zouberr Joomaye, du MMM, n’est pas passée inaperçue. Son nom figure même sur la plaque commémorative à cette occasion.
Faisant un parallèle avec les élections de 1982, Pravind Jugnauth a déclaré que malgré le contexte difficile et les problèmes politiques, le gouvernement savait où il allait. Ce qui a permis le miracle économique. Aujourd’hui également, a-t-il ajouté, la priorité reste le progrès du pays.
«Pas la fin du monde»
Évoquant sa carrière politique, Pravind Jugnauth a déclaré qu’il a des principes qui l’ont amené à quitter son poste de ministre après sa condamnation dans l’affaire MedPoint. « Ce sont ces mêmes principes qui me guideront concernant mon appel. Si je gagne, le Premier ministre décidera pour moi, mais, si je perds, ma décision est déjà prise. Ce ne sera pas la fin du monde. »
Pravind Jugnauth n’a pas voulu en dire plus « en public » à ce stade. Il n’a pas non plus souhaité faire de déclaration à la presse à cette occasion. Toujours est-il qu’il a démenti les rumeurs selon lesquelles il y aurait des divergences entre lui et son père. « Je ne suis dans aucun camp, contrairement à ce qui se dit. Je suis dans le camp de la vérité et de la justice. » Il a ajouté qu’il n’est pas là pour juger les gens et qu’il est « solidaire » à tous les niveaux avec tous les membres de son parti.
Évoquant les scandales ayant secoué le gouvernement, Pravind Jugnauth a déclaré que, sous l’ancien régime, il y en avait aussi, mais « jamais aucune institution n’a ouvert une enquête à l’époque ». Il a aussi fait référence à l’enregistrement où le député rouge Dhiraj Khamajeet évoquait son influence sur la Public Service Commission. « Pourtant, cet enregistrement avait bien été diffusé sur une radio ».
Pravind Jugnauth a dit « respecter » les institutions, mais souhaite qu’elles travaillent « dans la transparence et sans persécution. » Il a invité les membres de la majorité à concentrer leur énergie dans leur mission pour le pays. « Fode pa nou loose track, sinon nou pou deraye. » Il a aussi tenu à rassurer les habitants de la circonscription que « le Sud n’a pas été oublié », citant plusieurs projets en cours pour la région.