RODRIGUES: La nouvelle vie de Valerie Gerval

Il y a cinq ans, je vous avais proposé le portrait de Valérie Gerval, Mauricienne qui s’était installée à Rodrigues pour y ouvrir un salon de thé-pâtisserie. Malheureusement, un peu plus d’une année après le début de sa success-story professionnelle, Valérie a été la victime d’un accident qui lui a fait passer des mois dans le coma, subir des opérations et perdre plusieurs de ses sens. Lors d’un récent séjour à Rodrigues, j’ai retrouvé Valérie qui entame une nouvelle vie. Rencontre avec une battante qui revient de très, très loin.
Après une période d’observation de cette Mauricienne qui était venue s’installer chez eux, les Rodriguais avaient fini par adopter Valérie, ses gâteaux et ses confitures originales très prisées des touristes. La petite entreprise de Citronnelle était devenue un lieu de rendez-vous pour gourmands et le carnet de commandes de la pâtisserie ne désemplissait pas. Tout allait bien pour Valérie et son mari, Alain, jusqu’au jour où survient l’accident, il y a quatre ans. “A Rodrigues, on vit avec l’eau de pluie et j’étais allée nettoyer le dalo. J’étais sur le rebord du balcon, qui n’avait pas de barrière, je nettoyais et j’étais au téléphone en même temps. Il y avait une fenêtre ouverte que je n’avais pas vue, j’ai cogné dedans, j’ai perdu l’équilibre et je suis tombée sur le béton de la terrasse.” Valérie est transportée à l’hôpital de Rodrigues, puis transférée d’urgence, le lendemain, à Maurice à l’hôpital Jeetoo où les médecins constatent qu’elle a un hématome crânien et qu’elle est tombée dans le coma. Valérie va rester trois mois dans un coma profond et ne se souvient pas de cette période. “Je n’ai aucun souvenir de ce qui s’est passé pendant les trois premiers mois après l’accident. C’est mon mari, ce sont mes parents et le personnel médical de l’hôpital qui, par la suite, m’ont raconté. C’était le vrai coma, on a essayé de me réveiller, mais c’était trop difficile. J’étais partie loin. On m’a dit qu’une des raisons qui m’ont fait revenir, c’est la capacité que j’ai en moi d’avoir effacé de mon souvenir une grosse partie de ce que j’ai vécu à ce moment-la. Les gens autour de moi m’ont aidé non seulement à revenir, mais à apprendre à revivre. Il y a eu les médecins, le neurologue Boodhoo qui fait les trois quarts du travail, et puis il y a eu l’anesthésiste parce que pendant les opérations il y a plusieurs fois que je me suis disons éteinte il y a eu le kiné, les infirmiers et les infirmières avec qui j’ai été bien difficile parce que, dans mon coma, inconsciemment, j’enlevais les fils et les tubes et il fallait constamment les remettre. Le corps médical, mon mari et de ma famille ne m’ont pas lâché.” Mais la volonté de Valérie a aussi beaucoup joué dans ce combat. “Après, le médecin m’a dit : ‘Moi, j’ai fait tout ce que je pouvais, mais ce n’était pas assez. On avait besoin de votre désir de vous en sortir et la bonne volonté de tous ceux qui vous ont accompagné, ont prié pour vous, pensé à vous. Vous n’avez jamais été seule. Ce n’est pas que le travail du médecin, mais un tout.” Après trois mois, Valérie sort du coma pour s’apercevoir qu’elle avait perdu la vue, mais avant de s’occuper de ses yeux, il fallait réapprendre à marcher. “Il y avait un kinésithérapeute qui, tous les jours, venait m’aider à faire des mouvements, petits et brefs, et puis on a augmenté, petit à petit, avec de l’autre côté mon mari qui me tenait le bras. Comme exercice, il fallait faire les lettres de l’alphabet avec les pieds. Dès que j’étais réveillée, je commençais, j’étais rapidement fatiguée, mes pieds retombaient, mais je recommençais quand même jusqu’à l’épuisement total. Ma famille était triste, mais le kiné leur a dit d’arrêter de pleurer parce que j’avais besoin aussi de leur bon moral pour recommencer. Et puis, un jour, bien après, le kiné m’a dit : ‘Allez, aujourd’hui on va faire une valse Une valse alors que je pouvais à peine tenir debout c’était fou, mais j’ai trouvé l’idée magnifique. C’est un souvenir intense que ces quelques pas de valse. Il a été bien patient, mon kiné, comme tout le personnel soignant, il faut le redire.”
“J’avais dit aux médecins : ‘S’il vous plaît, prenez-moi mes jambes, mais rendez-moi mes yeux, parce que sans la vue je ne peux rien faire’. Je le croyais, mais avec le temps, je me suis rendu compte qu’on pouvait aussi vivre sans voir.”
Après avoir réappris à se tenir sur ses jambes et puis à marcher, Valérie doit entamer d’autres combats, car, entre-temps elle avait découvert que, suite à l’accident, elle n’avait pas perdu que la vue. Elle avait également perdu la parole, le goûter et le toucher. Le seul sens qui n’avait pas souffert au cours de l’accident c’était l’ouïe. Depuis, Valérie a le sentiment que ce sens s’est développé, qu’elle entend avec beaucoup plus d’acuité. Il fallait donc essayer de retrouver ses sens et surtout la vue. Pour ce faire, elle décide de retourner à Rodrigues. Est-ce que ce n’était pas une mauvaise décision dans la mesure où toutes les opérations et les traitements médicaux devaient se faire à Maurice ? “Non. Il fallait que je revienne à Rodrigues dans mon chez moi, dans mon espace à moi, dans l’endroit où je me sens le plus en sécurité au monde, entourée de mon mari et de Linda, mon assistance qui est beaucoup plus que ça, pour moi. Rodrigues a été un élément fort dans les combats.” Pour soigner ses yeux elle doit faire plusieurs voyages à Maurice pour différentes opérations. “Et puis, à un moment donné, les médecins mauriciens m’ont dit qu’ils avaient fait tout ce qu’ils pouvaient et m’ont demandé d’aller voir ailleurs pour continuer. Je me suis retrouvée à Paris pour une opération suivie d’une longue convalescence, au cours de laquelle je ne devais pas lever la tête pendant des jours et des jours. Lors de l’accident, ma rétine était tombée et le sang avait coagulé derrière. Au début, on a nettoyé le sang et recollé les bouts de rétine avec de la silicone, mais après un certain temps, la silicone est tombée. Et puis, un jour, après l’opération, j’ai vu un jaune d’œuf, la plus belle couleur que j’ai jamais vue. C’était magique, mais ça n’a pas duré longtemps. A Paris, ils ont essayé de remettre tout ça en place, mais pour un œil, ce n’était pas possible et ils ont pu pour le second, mais je peux voir des petits bouts, pas totalement. En plus, la silicone se ternit et je vois de plus en plus flou. On peut essayer de changer la silicone, mais il n’y a qu’un pour cent de chance de réussite. Je discerne les couleurs et les contours, les formes, mais pas les détails. C’est déjà extra pour moi qui viens de l’obscurité totale. Mais c’est dur ces opérations et ces traitements que je devais aller faire à la Réunion. Au bout d’un moment, j’ai demandé un an de congé à mes médecins entre les traitements, parce que j’avais besoin d’accepter que ma vue désormais, c’est pouvoir discerner les formes et les couleurs de manière floue.” Valérie se fait donc une raison et se dit qu’elle a encore la chance de pouvoir marcher. “Je pouvais marcher, mais il fallait réparer le reste de mon corps et croyez-moi, il y avait beaucoup à réparer et ça a pris du temps pour le faire. Le plus difficile pour moi c’était les yeux. J’avais dit aux médecins : ‘S’il vous plaît prenez-moi mes jambes, mais rendez-moi mes yeux, parce que sans la vue je ne peux rien faire’. Je le croyais, mais avec le temps, je me suis rendu compte qu’on pouvait aussi vivre sans voir.” Mais accepter l’état de son corps après l’accident et vivre avec va demander du temps à Valérie et un immense travail sur elle-même. “J’ai pris cinq ans pour accepter ma nouvelle condition. Pour me battre quotidiennement pour l’améliorer. Il faut accepter de ne plus pouvoir conduire, ce que j’adorais faire, de ne pas savoir ce qu’il y a dans mon assiette avant d’y avoir goûté, accepter que Linda, sans qui je serais totalement perdue, choisisse une robe pour moi, de la mettre sans savoir l’effet qu’elle fait sur moi.” Mais je vous le garantis : vous êtes séduisante et coquette avec votre robe aux couleurs vives, vos cheveux coupés court et votre vernis à ongles des pieds très tendance ! “Merci de me le dire, cela me fait du bien. J’ai besoin de faire mon alerte, d’être une femme. C’est important pour une femme. Mais il faut savoir que si mes cheveux sont si courts, c’est que la cicatrice de mon opération à la tête est sensible et que les cheveux, ça représente un poids. Donc, je les coupe très court. J’ai besoin qu’une esthéticienne vienne me faire les ongles de temps en temps. Tout cela fait partie de ce que je suis, de ma nouvelle vie. Je le dis souvent à mon mari : La Valérie d’avant est morte, c’est une autre personne bien différente qui est là aujourd’hui. J’ai une nouvelle vie.”
“Ce qu’il y a de plus difficile dans ma nouvelle vie : accepter d’être dépendante, reconnaître que j’ai perdu mon autonomie”
En sus de l’attention de tous les instants de son mari, de sa famille mauricienne et de ses amis Rodriguais, le retour au travail va jouer un rôle fondamental dans la nouvelle vie de Valérie. “Après l’accident et les différents traitements, je suis retournée à Rodrigues en octobre. Au bout d’un moment, les gens ont commencé à venir me voir. Juste pour me dire qu’ils étaient contents que je sois revenue, pour un geste d’amitié. Et puis, au fur et à mesure qu’ils ont vu que je pouvais me déplacer avec une certaine facilité chez moi, certains m’ont demandé : mais pourquoi ne pas recommencer à faire des gâteaux. Au départ, j’ai dit non. Je pensais que c’était impossible dans mon état. Et puis l’idée a fait son chemin et je me suis dit que je pouvais peut-être essayer. Pour Noël, avec l’aide de mon mari et de Linda, j’ai fait quelques bûches pour offrir aux amis en guise de remerciements pour leur gentillesse. Je me suis rendu compte qu’avec de l’organisation et de l’aide, je pouvais recommencer à travailler. J’ai organisé ma cuisine, mis les choses en place, acheté une balance qui ‘parle’ pour peser les ingrédients et j’ai recommencé à faire des gâteaux et des confitures moins rapidement qu’avant, certes, mais correctement et surtout à la satisfaction de ma clientèle. Et en plus ça tombe très bien, parce que je ne sais pas rester à ne rien faire.” Et pourtant, Valérie fait pas mal de choses dans sa nouvelle vie. Elle cuit ses gâteaux, prépare et invente de nouvelles confitures, lit, ou plutôt écoute, des textes enregistrés, écoute la télévision, de la musique, s’occupe de son jardin. “Je prends aussi le temps de rencontrer les gens, de leur parler et de les écouter. J’ai besoin d’être avec les autres, mais en même temps, je réalise que je deviens de plus en plus sauvage, que j’ai du mal à sortir de chez moi. Chez moi, je suis autonome, je connais les moindres coins et recoins de ma maison et même de ma cour, je n’ai même pas besoin de ma canne. Mais dehors j’ai besoin de ma canne, j’ai peur, je ne sais où mettre les pieds et je ne veux pas sortir. Il faut que je me force : cette année, j’ai décidé de sortir, de suivre un cours de yoga, de sortir avec des amis. C’est tout un travail que de mettre de côté cette peur et de sortir, de me retrouver dans des espaces que je ne maîtrise plus, où j’ai besoin d’être accompagnée, où je dépends des autres.” Tout en redoutant de mettre le pied dehors, Valérie s’est déjà aventurée dans les rues de son village. “Je suis déjà sortie seule avec ma canne pour aller prendre le bus, aller à la poste en demandant mon chemin et à Rodrigues, pour ce qui est d’aider les autres, les gens sont fabuleux. Il y a tout le temps des anges gardiens sur votre chemin.” Ce n’est pas la même chose à Maurice ? “Je n’en suis pas sûre. C’est pas pareil. Ici les gens vous aident à traverser la route spontanément, viennent vous chercher de l’autre côté, vous prennent la main. A Maurice, je n’oserais même pas demander. C’est plus facile à Rodrigues pour moi. Pour les soins, il faut aller à Maurice. Mais dans mon quotidien, ici, je suis libre : je peux être seule et recevoir des clients sans problèmes. Ici, tout est ouvert. A Maurice, il y a des barreaux aux fenêtres, des barbelés sur les murs, tout est fermé à clé et il y a des chiens dans la cour. Voyante, j’ai été déjà agressée à Maurice par quelqu’un qui est entré dans ma voiture aux feux de signalisation. A Maurice, je suis plus handicapée que je ne le suis à Rodrigues. Il y a des choses que je ne peux pas faire, mais je me sens pas handicapée comme je le suis à Maurice où je ne peux pas bouger et il faut attendre que l’on vienne me chercher, me faire sortir. J’ai dit à mes parents de venir me voir pour comprendre pourquoi je venais moins à Maurice. Quand ils m’ont vu ici, ils ont compris que j’y suis libre et heureuse dans ma nouvelle vie”  Qu’est-ce qui est le plus difficile dans la nouvelle vie de Valérie ? “Accepter que je suis dépendante. Apprendre à demander de l’aide, apprendre l’humilité. C’est difficile. Ce n’est pas de l’orgueil. J’avoue que je ne sais comment mon mari fait pour me supporter. C’est pourquoi une fois par an, je lui demande de prendre des vacances sans moi, il a besoin de respirer. J’ai aussi besoin de me retrouver seule. Je réfléchis beaucoup plus qu’avant, je mesure les obstacles avant de faire quelque chose, je suis plus consciente des efforts. J’ai un corps de quatre-vingt-dix ans, ‘cassé de partout’ et, un raisonnement d’une femme de ving- cinq ans qui réfléchit, soupèse et qui apprend à vivre différemment. Je sens quand une personne vient pour partager, ou si c’est seulement de la curiosité, de la pitié. On dit souvent : ‘Aio toi, elle ne voit pas’. Je réponds tout de suite, oui, mais j’entends, vous savez. J’ai une nouvelle manière de percevoir les gens. Ce n’est pas mal de ne pas voir, quelque part, vous savez ? C’est difficile pour certaines choses, mais je suis plus capable de partager avec les autres, je suis plus directe et je dis les choses même si cela peut blesser. Je ne le fais pas pour blesser, mais pour partager. Les gens sont venus beaucoup partager avec moi et j’ai une manière de voir les choses, d’aller plus loin, de voir demain au lieu de se plaindre d’aujourd’hui et laisser hier derrière.” Qu’est-ce qui vous manque le plus de votre ancienne vie ? “L’autonomie. Oui, je vais nager, mais il faut que mon mari m’emmène, lui sait comment je marche. Les autres veulent m’aider, mais ils ne connaissent pas mon rythme, sont parfois trop précautionneux, ont peur pour moi. C’est difficile. Surtout pour quelqu’un comme moi qui a du caractère et une forte volonté. Mais par ailleurs, sans cette volonté, je serais assise dans une chaise en attendant qu’on me fasse manger, qu’on m’amène aux toilettes et qu’on me mette au lit !”
“Il y a tellement de choses à faire dans la vie. Et les gens qui sont ‘bien portants’ ne s’en rendent pas compte. Ils ne réalisent pas la chance qu’ils ont.”
Abordons la dimension spirituelle de la nouvelle vie de Valérie. Est-ce que croire en Dieu vous a aidé dans cette série d’épreuves ? “Certainement que la foi m’a aidée. La foi en Dieu et la foi en moi. Tous les deux sont importants, mais je ne peux pas dire lequel des deux était prioritaire. Dans mon combat, Dieu doit être là, mais il faut aussi avoir la foi, la volonté d’avancer. Il faut croire en soi et après dire à Dieu : ‘Hé toi, donne-moi un coup de main, sinon seule je n’y arriverai pas’. Des fois je me dis que si la fenêtre était fermée, si je ne téléphonais pas en faisant autre chose je ne serais pas tombée, je serais encore insouciante, innocente, une baba que je ne suis plus.” Vous le dites avec amertume, avec aigreur ? “Non. Pas du tout. Je ne me suis jamais dit pourquoi ça m’arrive à moi, mais en même temps Ceci étant, et contrairement à ce que certains peuvent penser, je n’ai pas pris cette épreuve comme une punition, mais comme une preuve de confiance que me fait Dieu. Parce qu’il sait que je vais me battre, que je suis capable de le faire. Tout le monde a sa roche, son fardeau à porter. Chacun a une épreuve à laquelle il est capable, peut-être sans le savoir, de faire face. C’est une nouvelle manière de vivre qu’il faut partager avec les autres aveugles de Rodrigues que je vais rencontrer de plus en plus grâce à la Rainbow Foundation. Tout ce qui m’est arrivé m’a donné une expérience que je veux partager avec les autres aveugles.” Est-ce que dans un coin de votre tête vous gardez l’espoir de revoir, ne serait-ce, que d’un oeil, un jour ? “Ah oui ! Bien sûr ! Si je n’avais pas cet espoir, je ne serais pas devenue celle que je suis aujourd’hui. Si on n’espère pas, si on n’attend pas, ça ne va jamais arriver. Oui, je crois que je vais revoir un jour, mais mon Dieu dans combien de temps ! ? Je suis trop impatiente. J’ai fait tout ce qu’il avait à faire, j’ai accepté les choses, je me suis réapproprié les fonctions de mon corps, un par un, et les médecins m’ont dit qu’un jour on va pouvoir travailler sur ma rétine. Mais quand ? J’attends ce jour avec une impatience que je suis incapable d’expliquer. J’écris pour ne pas oublier. Pour me rappeler les mots. Il faut faire travailler sa tête, la laisser en activité ! Mon appétit de vivre n’a pas diminué. J’ai des frustrations parce qu’il y a tellement des choses que je ne peux plus faire. Je dois savoir me dire que je ne peux pas, je dois l’accepter et c’est difficile. Mais il y a d’autres choses à faire, il y a tellement de choses à faire dans la vie. Et les gens qui sont ‘bien portants’ ne s’en rendent pas compte. Ils ne réalisent pas la chance qu’ils ont.” Finalement, quelque part, ce qui vous est arrivé vous a permis de mieux vous découvrir ? “C’est vrai. Mais cela ne veut pas dire que je suis heureuse de ce qui m’est arrivé. Cela m’a forcé à avoir une autre vision du monde et de la vie, mais cela ne me fait pas peur. Comme disent les jeunes aujourd’hui : même pas peur ! Il faut apprendre de la vie.” Et également de son malheur ? “Pour moi, il n’y a pas eu de malheur, mais un accident bête, comme le sont d’ailleurs la majeure partie des accidents. C’est tout. Me lamenter sur mon sort ne servirait strictement à rien, ne me permettrait pas d’aller mieux. Je vis avec ce que je suis, ce que j’ai pu, grâce aux autres, apprendre à reconstruire. Je crois que c’est une épreuve pour m’apprendre à grandir pour mieux marcher sur le chemin de la vie. Et je crois que je n’ai pas fini d’apprendre.”