Le Rodrigues Environment Education Project (REEP) initié par la Mauritian Wildlife Foundation (MWF) a reçu le Global Conservation Prize lors du Philadelphia Zoo’s 9th Annual Global Conservation Gala, tenu en octobre. Une récompense qui légitime ce projet éducatif et qui souligne l’énorme travail de conservation et d’éducation entrepris par l’ONG depuis de longues années.

L’éducation est la meilleure façon de protéger l’environnement. C’est un peu en suivant ce précepte que l’équipe de la Mauritian Wildlife Foundation de Rodrigues a mis en place le Rodrigues Environment Education Project (REEP), il y a vingt ans. En étant récompensé lors du Philadelphia Zoo’s 9th Annual Global Conservation Gala, le projet donne raison à l’ONG qui, soulignons-le, est un des principaux responsables de la conservation des espèces endémiques et indigènes de Rodrigues et de Maurice. “Cette récompense nous encourage à poursuivre le travail, à toucher davantage de Rodriguais. Cela met en valeur le travail qui a été fait. C’est un privilège que notre travail soit reconnu par une institution telle que le Zoo de Philadelphia”, confie Reshad Jhangeer-Khan, de la MWF à Rodrigues.

Des outils pour le changement.

Le REEP a débuté il y a vingt ans avec comme objectif de conscientiser la population rodriguaise. “C’est un projet qui vise à faire parvenir le message de l’importance de conserver l’environnement aux Rodriguais”, souligne Reshad Jhangeer-Khan. “En éduquant les gens à propos de l’environnement, nous leur donnons les outils qui permettent le changement”, explique Liliana Meunier, également de la MWF.

Le projet se décline en des causeries régulières dans les écoles et les villages. Il comprend également une composante autour du volontariat, où les Rodriguais sont appelés à venir aider à protéger ces espèces endémiques. Des visites guidées sont régulièrement organisées dans la pépinière de la MWF à Solitude et dans la réserve de Grande Montagne et d’Anse Quittor, où l’on peut trouver des plantes rares telles que le café marron ou la mandrinette. Un autre aspect du projet est de créer des jardins endémiques dans les écoles, impliquant élèves, professeurs et parents. Des visites sont également organisées sur les sites de monitoring de chauves-souris où on peut apercevoir le seul mammifère endémique de l’île, la roussette de Rodrigues.

La roussette de Rodrigues.

Alors que le statut de la roussette de Maurice est passé d’endangered à critically endangered sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), suite aux épisodes d’abattage dont elle a été victime et dont elle subit les frais actuellement, la roussette de Rodrigues prend le chemin inverse. En effet, son statut est passé de critically endagered à endangered l’année dernière. Un exemple qui aurait pu inspirer les autorités mauriciennes.

La chauve-souris frugivore endémique de Rodrigues est d’ailleurs au centre du REEP. “La population de ce mammifère volant est estimée à quelque 20,000 individus. Nous sommes heureux de constater sur le terrain que les enfants et la majorité de la population sont contre l’idée de leur faire du mal quand nous les interrogeons dans le cadre du projet”, avance Reshad Jhangeer-Khan. Si la roussette a fait un pas de plus vers la survie, c’est grâce notamment au fait que cette espèce n’est pas persécutée comme à Maurice et qu’elle bénéficie de l’augmentation de surface de forêt qui résulte du travail de conservation.

Reshad Jhangeer-Khan constate un net changement de mentalité des Rodriguais vis-à-vis de leur environnement depuis que ce projet existe. “Les gens s’intéressent beaucoup aux espèces endémiques de Rodrigues. Ils viennent régulièrement nous demander des plantes qu’ils désirent avoir dans leur cour. Les enfants sont avertis : nous le remarquons lors des causeries et des visites qui sont souvent organisées dans le cadre de ce projet. Le REEP est un gros succès.”