Roobun Marimootoo, 69 ans, est un fervent lecteur de Scope. L’habitant de Tamarin se fait un devoir d’avoir son exemplaire chaque semaine. Il a vécu en France pendant 43 ans mais a toujours suivi le magazine en lisant les articles sur le Net. Amoureux de la lecture en général, il est également très impliqué dans le social.

À 69 ans, Roobun Marimootoo est un homme très posé. Il dit ce qu’il pense avec tact, sans chercher à froisser les autres. Après avoir vécu 43 ans en France, où il a travaillé comme employé de mairie aux affaires culturelles puis dans le social, il vit à Maurice depuis sa retraite, plus précisément à Tamarin.

Une de ses grandes passions, c’est la lecture. Chaque semaine, il se fait un devoir de lire Scope, un magazine qu’il aime particulièrement. “Je lis Scope depuis sa toute première édition. J’aime beaucoup le format; le magazine est facile à prendre en main. J’aime le fait qu’on y trouve des informations culturelles, c’est très important pour moi. J’ai beaucoup aimé l’interview de Touré Kunda.”

Coupe du monde oblige, il passe beaucoup de temps actuellement devant la télé. “J’aime le football en général, pas une équipe en particulier. Mais j’aime également aller assister aux matchs de football à Maurice.”

La lecture de romans fait également partie de ses passe-temps préférés. “Lire me permet de m’évader.” Roobun Marimootoo se rend souvent à l’Institut Français de Maurice pour la lecture mais aussi pour participer aux activités.

Très impliqué dans le social, il est à l’initiative du Café des parents dans son village. “Il s’agit d’un groupe de personnes qui se réunissent pour parler de la vie dans le village, des problèmes et de ce que nous pouvons améliorer à notre niveau. Nous nous rencontrons régulièrement et essayons de travailler sur des thématiques pour sensibiliser. Tout récemment, nous avons parlé de la drogue dans le village. Nous avons invité la troupe La Comédie Mauricienne à venir jouer sa pièce sur la drogue.”

La boîte à questions

Notre invité a plongé sa main dans notre boîte à questions. Et le hasard lui a imposé ce qui suit.

Racontez-nous le plus grand secret que vous a confié votre meilleur(e) ami(e) ?
Je pense qu’un secret ne se partage pas.

Quel est le plus beau compliment qu’on puisse vous faire ? Et le pire ?
Le plus beau compliment qu’on puisse me faire est de reconnaître mon honnêteté et ma sincérité. Ce sont des valeurs qui me tiennent à cœur. Le pire compliment serait de ne pas croire en ce que je dis.

Avec quelle vedette de la chanson entamerez-vous un duo ? Et pour chanter quoi ?
Je chanterai Jardin d’hiver d’Henri Salvador. C’est une chanson qui évoque en moi de très bons souvenirs. J’ai déjà rencontré Henri Salvador en France avec une bonne copine antillaise lors d’un concert. J’aime les éclats de rire de ce chanteur, sa joie de vivre. C’est un bon vivant. Il a écrit de très belles chansons avec de beaux textes.

Qu’auriez-vous fait si vous aviez les pouvoirs de Superman ?
Si j’avais ses pouvoirs, je viendrais en aide aux femmes battues. Je trouve que ce n’est pas normal qu’il y a toujours cette violence envers les femmes. On doit accorder beaucoup plus de temps à résoudre ce problème. Je sais que c’est difficile d’éliminer toutes les violences faites aux femmes, mais on peut au moins les diminuer. Ce sont nos mères, nos sœurs, nos cousines.

Aimeriez-vous être membre du Parlement ?
Oui, pourquoi pas ? Mais je n’aimerais pas être un béni-oui-oui. Je poserais des questions, je ferais bouger les choses. Je me battrais pour la transparence totale sur tous les dossiers. Je trouve, qu’en ce moment, il y a trop de zones d’ombre. Nous ne sommes pas suffisamment au courant de ce qui se passe et je trouve que c’est grave.

Comment définiriez-vous votre pays ?
On parle de l’île Maurice comme d’un paradis, on dit de notre île que c’est un pays arc-en-ciel. Mais je trouve que les couleurs ne se mélangent pas. Ce qui s’est passé le 2 juin à Port-Louis est une manifestation de l’intolérance. Je pense que nous devons être plus tolérants. Si on veut vivre ensemble, nous devons être plus tolérants les uns envers les autres. La religion est une affaire privée, tout comme la vie sexuelle. On ne peut pas tout mélanger. C’est dangereux pour notre pays de prendre ce chemin.

Je suis revenu vivre à Maurice parce que mes racines sont ici, mes amis et ma famille. J’aime mon pays mais je trouve qu’on ne sait pas où nous allons actuellement. Je suis écœuré de voir qu’on est en train de brader le pays, la nationalité, la mer, les poissons, les plages. Je trouve que c’est dommage. J’ai entendu un conseiller du Premier ministre citer Singapour et d’autres pays. Mais nous ne sommes pas Singapour.

Qu’offrirez-vous au Premier ministre s’il vient chez vous à l’heure du dîner et de quoi lui parlerez-vous ?
Je l’accueillerai parce qu’il est Premier ministre. Il mérite tout le respect, même si je ne suis pas d’accord avec lui. Je lui offrirai mon franc-parler je n’hésiterai pas à lui faire part de mes opinions, de mes sentiments et de mes ressentiments. Et, bien entendu, je lui offrirai le dîner.

Pensez-vous que nous sommes seuls dans l’univers ?
Non, pas du tout. Je ne pense pas qu’il y ait des extraterrestres comme on en voit dans les films, mais je pense que nous ne sommes pas seuls.

Si on vous donne la possibilité de vivre une journée dans la peau d’une autre personne, qui choisirez-vous et pourquoi ?
Nelson Mandela, pour tout ce qu’il a fait. Après vingt-cinq ans de prison, il revient, prend le pouvoir, mais n’est pas rempli de haine envers ceux qui l’ont condamné. Au contraire, il essaye de sortir son pays du racisme et de l’apartheid. Sa politique et sa philosophie montrent le bon chemin.

Au réveil, vous êtes du genre à dire “Ayo mama” ou “Allez hop ! allons-y” ?
“Ayo mama”, non. Je prends mon temps, surtout maintenant, mais j’aime me réveiller le matin. J’aime bien aller dans le jardin, nettoyer, cultiver et lire les journaux.