ROSHI BHADAIN : « Pravind Jugnauth n’a pas le droit moral d’hypothéquer l’avenir de nos jeunes avec le Métro Express »

« Pravind Jugnauth, qui n’a même pas un mandat populaire plébiscité par le peuple pour être Premier ministre, n’a pas le droit moral d’hypothéquer l’avenir de nos jeunes avec un projet de cette envergure ». Tel est l’avis de Roshi Bhadain, leader du Reform Party au sujet du Métro Express. L’ancien ministre de la Bonne Gouvernance constate que le projet « se fait au petit bonheur » alors même qu’il devrait faire l’objet, selon lui, d’un référendum. Dans l’interview qui suit, il décrit le gouvernement comme « un système pourri jusqu’aux os », avec « des courtiers et des mafieux qui gravitent tout autour » alors que « l’intérêt de la population est relégué à la dernière position ». Il pointe du doigt la SBM « ‘enceinte’ de plusieurs scandales », avec des nominés politiques sur son conseil d’administration.

Cela fait sept semaines déjà que vous avez fondé le Reform Party avec pour devise ‘Faire la politique autrement’. Qu’entendez-vous par là et avez-vous déjà commencé dans cette voie ?
Absolument. Ce que j’ai constaté de par mon expérience, c’est que tout le système qui a opéré depuis l’Indépendance jusqu’à maintenant, doit être revu en fonction de tous les développements qu’il y a eus au niveau international – l’avancée de la technologie mais aussi en fonction de la manière dont Maurice a opéré durant les 50 dernières années : un système contrôlé par des mafieux, des courtiers, en ce qui concerne les projets d’envergure. Par exemple, le niveau de vie des Mauriciens ne s’est pas amélioré comme il devrait l’être. Selon mon constat, seuls 25 000 Mauriciens touchent aujourd’hui plus de Rs 50 000 comme salaire de base que ce soit dans le secteur public ou privé. Faire la politique autrement, c’est venir avec de nouvelles idées, de nouvelles méthodes, une nouvelle vision pour une île Maurice moderne. Au Reform Party, on est venu avec les ‘10 Fundamental Principles’ ; les ‘Key Party Rules’ pour un nouveau modèle de gouvernement. On est en train de consulter avec la population sur Facebook mais aussi durant les réunions dans les villes et villages.
Facebook est devenu un bon moyen pour vous pour mieux jauger les attentes des Mauriciens ?
Ce qui est intéressant avec Facebook, sur ma page, j’ai déjà 122 000 personnes… Cette semaine, la page du Reform Party a attiré plus de 31 000 personnes. Bien sûr, il y a ceux qui disent que c’est du virtuel. Mais, on a lancé le parti le 3 février, dix jours après que j’ai refusé de faire partie du Conseil des ministres de Pravind Jugnauth et on a attiré plus de 1 200 personnes à Beau-Bassin en dix jours seulement. On a fait des réunions un peu partout, à Flacq, Fond du Sac, Pointe-aux-Sables, Chemin Grenier, Camp Diable, Bambous… On a organisé un grand congrès à Belle-Rose vendredi dernier où plus de 3 500 personnes ont répondu présent. Le virtuel est devenu réalité. Là, on continue dans d’autres villages et villes.

La prochaine étape sera de penser aux candidats du parti ?
Plus important que cela, on travaille sur plusieurs thématiques : une cinquantaine. On a des équipes de dix personnes (professionnels, étudiants, gens de la société) qui se penchent sur différents thèmes dont comment augmenter le niveau de vie, une éducation de qualité, le combat contre la fraude et la corruption, comment réduire la criminalité à Maurice entre autres. On a aussi des équipes de comptables qui travaillent sur les moyens de réduire la dette publique. Côté politique, on a des équipes qui travaillent dans les vingt circonscriptions, organisant des réunions, faisant du porte-à-porte pour conscientiser une population déjà très réceptive. S’agissant des candidats, d’après nos ‘Party Rules’, le leadership du parti est limité à une période maximale de dix ans après les premières Législatives. 30% des candidats seront des jeunes de moins de 40 ans, 30 % des femmes ; et plus important, chaque circonscription verra un zanfan landroi qui connaît les problèmes de la région.

Vous avez récemment déclaré que la Speaker « doit avoir la décence de step down » dans le sillage de l’affaire des biscuits. À la veille de la reprise du Parlement, comment vous sentez-vous en tant que député qui sera sous le leadership de Mme la Speaker ?
Il y a deux choses. Premièrement, quand vous occupez un poste de responsabilité qui demande une certaine impartialité et que vous vous retrouvez dans une situation potentielle de conflit, il faut bien comprendre que dans le droit mauricien et au niveau international, il y a le concept d’‘Appearance of Bias’, qui est différent de ce qu’on appelle ‘Actual Bias’. Quand il y a cette ‘Appearance of Bias’, la personne concernée doit se mettre à côté en attendant que les faits soient établis et si ces faits sont prouvés, cette personne doit partir. De l’autre côté, si les faits s’avèrent infondés, elle peut continuer son travail sans reproche. Il y a des cas qui ont été décidés en Cour suprême à Maurice qui illustrent cela très clairement. Si ce principe s’applique à un juge de la Cour suprême, le même principe doit s’appliquer au Speaker de l’Assemblée parce que la femme de César doit être au-dessus de tout soupçon…

Quid de la position de la présidente de la République dans le sillage de l’affaire Sobrinho ?
Je pense que la présidente est une femme très dynamique et très intelligente. Elle veut faire beaucoup de choses pour son pays. Malheureusement, sa position de présidente impose un certain fonctionnement et je pense personnellement qu’elle ne peut pas s’associer à des entités, que ce soit rémunératrices ou pas car la présidente de l’État mauricien doit être au-dessus de toute controverse. Encore une fois, la femme de César doit être au-dessus de tout soupçon.

Le chef de file du PTR au Parlement, Shakeel Mohamed, a déposé une motion de blâme contre la Speaker. Soutiendrez-vous cette motion au Parlement ?
Il faut bien se souvenir que c’était lors du lancement du Reform Party que j’avais demandé aux journalistes d’aller vérifier qui est en train de livrer des biscuits à la Mauritius Duty Free Paradise. Les journalistes ont fait un bon travail et la vérité a éclaté au grand jour. Shakeel Mohamed est allé un peu vite en besogne. Il aurait dû consulter les leaders des autres partis de l’Opposition avant d’aller de l’avant d’une manière très individualiste avec cette motion. Bien sûr, au Parlement, la motion sera débattue et en tant que parlementaire, je ferai mon devoir pour que la population puisse en juger.

Lors de cette reprise parlementaire, vous allez aussi être pour la première fois dans les rangs de l’Opposition et le seul représentant de votre nouveau parti… Comment vivrez-vous ce changement ?
Si je suis maintenant membre de l’Opposition, c’est parce que Dieu en a décidé ainsi. Quand l’ancien Premier ministre a décidé de step down pour que son fils puisse devenir Premier ministre et qu’en moins de quelques minutes après qu’il eut prêté serment, il a nommé son père dans son Conseil des ministres, pour moi, c’était clair que si j’étais resté, l’Histoire aurait retenu ma personne comme complice d’un acte n’étant ni dans l’intérêt du pays ni dans l’intérêt des principes de bonne gouvernance.

Vous allez donc être dans l’Opposition la tête haute…
Je peux dire que je n’ai jamais démissionné ni n’ai-je été révoqué. L’Histoire retiendra que j’ai refusé d’être ministre dans le gouvernement de Pravind Jugnauth, surtout sachant qu’il était entouré d’un groupe mafieux qui n’a à cœur que son intérêt personnel et qui se fiche de l’intérêt du pays. C’est pourquoi je dis que ce système pourri doit changer après 50 ans d’Indépendance, sinon l’avenir sera très sombre pour la génération future.

Quand vous veniez de quitter le gouvernement, vous aviez fait des dénonciations. Est-ce que vous aviez déjà en tête l’affaire des Biscuits, Sobrinho et Dewdanee ? Détenez-vous d’autres informations concernant ce groupe et qui peuvent éclater dans les jours à venir ?
Dans une interview en août 2016 à la presse écrite, j’avais bien expliqué comment j’avais sous-estimé la force de frappe des mafieux. Je connais le modus operandi et je sais que tout se fait avec des courtiers et des financiers qui opèrent dans l’opacité. À Maurice, cela a été le cas pendant des dizaines d’années et le système reste le même ! Courtiers, mafieux, financiers et at the end of the day, l’intérêt de la population est relégué à la dernière position. Maintenant, concernant les cas que vous mentionnez, je continue à faire des recherches et il y a des choses que je découvre. Je ne savais rien concernant l’affaire Sobrinho mais quand je vois ce qui se passe, je fais mes recherches.

En saviez-vous quelque chose dans l’affaire Dewdanee ?
Du tout ! Je ne connais même pas cet homme.

Il était pourtant un habitué du MSM. Vous ne l’avez jamais croisé lors des activités du parti ?
Je ne connaissais ni son visage ni son nom. Allez voir dans la presse combien de fois j’ai assisté aux bureaux politiques. Souvent, la presse rapportait que ‘Roshi Bhadain n’était pas présent’.

La photo vous montrant faire le baisemain à Pravind Jugnauth, avec Dewdanee à l’arrière-plan, pourrait en dire le contraire…
Je ne peux pas savoir qui il y a à l’arrière ! Prenons le jour du congrès, la semaine dernière. Quand vous descendez, toutes sortes de personnes vous suivent et demandent: ‘Faites un ‘selfie’ avec moi ; prenez mon enfant’… Je n’ai rien à faire avec cette personne.

Pensez-vous qu’il y a encore d’autres scandales qui vont suivre ?
Comme je l'ai dit, le système est pourri jusqu’aux os. Vous avez des courtiers et des mafieux qui gravitent autour des cercles du gouvernement et des gens qui ont du pouvoir. Ce système est devenu pour ainsi dire la norme à Maurice, peu importe le gouvernement qui est là.

Roshi Bhadain a un peu aujourd’hui la réputation de celui qui dévoile les dessous peu reluisants du gouvernement dont il a fait partie. Faites-vous cela par vengeance ou est-ce le sens du devoir en tant que citoyen qui vous motive ?
Bien sûr, c’est en fonction de l’intérêt supérieur de mon pays. Quand j’étais ministre de la Bonne gouvernance, j’ai bien dénoncé Lutchmeenaraidoo et son Euro Loan de plus de Rs 47 millions. Un ministre en fonction qui s’approvisionne de Rs 47 M, de manière privilégiée, auprès d’une banque où l’État est le principal actionnaire et cette banque tombe sous son portefeuille ministériel ! L’ICAC enquête depuis plus d’une année mais rien ne se passe... (NdlR : l'interview a été réalisée mercredi, soit deux jours avant la décision du DPP de ne pas poursuivre Vishnu Lutchmeenaraidoo dans l'affaire de l'Euro Loan). Pravind Jugnauth ne peut rien faire parce qu’il a peur d’une élection partielle au N° 7, à Rivière-du-Rempart. Et, dans l’éventualité où SAJ ne termine pas son mandat comme député, il y aura peut-être deux élections partielles à Rivière-du-Rempart ! Pravind Jugnauth est devenu prisonnier de Lutchmeenaraidoo et il avale les couleuvres même s’il sait en son âme et conscience que Vishnu Lutchmeenaraidoo ne devrait pas être ministre. Surtout avec les autres contrats que le fils de ce dernier a obtenus de manière non-transparente à la SBM et à la State Informatics Ltd. Que ce soit dans l’affaire des biscuits ou des contrats du fils de Lutchmeenaraidoo, on voit des compagnies qui sont formées quelques jours avant et qui n’ont pas de track record et qui obtiennent des contrats lucratifs. Une banque, ne doit-elle pas connaître l’historique de la compagnie, si elle a déjà eu recours à une banque ; combien d’employés elle a ? La SBM est 'enceinte' de plusieurs scandales… et c’est inacceptable que Prakash Maunthrooa, senior adviser au PMO, et même le secrétaire au Cabinet, Nayen Ballah ainsi que d’autres nominés politiques siègent sur un Conseil d’administration d’une banque commerciale. Ils font exactement à la SBM ce dont ils reprochaient à Navin Ramgoolam à la Bramer Bank. Qu’est-ce qui a changé ? Le système est le même, pourri !
 
Quelles sont à ce jour vos relations avec les autres partis de l’Opposition ? Pensez-vous avoir besoin d’une Opposition unie au Parlement pour opérer efficacement contre les dérives du gouvernement ?
Je n’ai pas de problème avec les partis de l’Opposition. Je pense que celle-ci doit travailler au Parlement de manière unie pour que l’intérêt de la population soit protégé et qu’un gouvernement illégitime avec un Premier ministre ‘par l’imposte’ soit taken to task comme il se doit.
Vous parlez de l’intérêt de la population. Vous pensez aussi au Métro Express ?
Oui ! Cela concerne tous les Mauriciens et cela va grandement affecter la vie des citadins, des contribuables, des commerçants, des étudiants. Si ce projet se réalise, il faut nécessairement qu’il se réalise bien, en consultation avec tout le monde et surtout dans l’intérêt de la population. Mais, jusqu’à présent, on enlève des promenades, des jardins, des ‘bazars’, l’Arab Town, des terrains de foot, la promenade de Vandermeersch… Tout cela, pour que le Métro passe sur la rue. En avril 2016, j’avais négocié et obtenu Rs 12.7 Mds et maintenant Rs 9.7 Mds ont été allouées de ce don que j’ai obtenu en négociant avec Arun Jaitley, ministre des Finances de l’Inde, et Jaishankar, Foreign Secretary de l’Inde. Rs 9.7 Mds ont été reçues en cadeau pour le Métro Express. Pravind Jugnauth a décidé, lui, que le projet ne doit pas dépasser Rs 17 Mds parce qu’il avait dit avant les élections que Ramgoolam faisait des abus en mentionnant Rs 24 Mds. Donc, pour diminuer le chiffre, on fait comprendre que le projet va se faire sur la route. Avec des risques énormes ! Toutes les élévations ont été enlevées… Quand on a eu Rs 10 Mds en cadeau de l’Inde, il ne reste qu’à trouver Rs 7 Mds. On aurait pu faire un effort… Ce projet de Métro Express se fait au petit bonheur. Je suis d’accord que Maurice doit se moderniser tant au niveau urbain que rural. Si on avait mis une station à Nouvelle France, les gens du Sud auraient pu prendre leur voiture jusqu’à Nouvelle France et prendre le Métro. Si on avait mis une station à Pamplemousses, les gens du Nord auraient pu s’y rendre pour prendre le Métro. Là, cela ferait sens. Mais, un trajet de Curepipe à Port-Louis… J’ai fait un calcul. Quand on achète une voiture d’une valeur de Rs 1M, en quatre ans, elle perd Rs 400 000. Maintenant, si l’on tient compte du leasing et de la déclaration, au total, ce sont environ Rs 25 000 par mois que le propriétaire perd s’il ne l’utilise pas. Pensez-vous qu’il laissera sa voiture pour le Métro ?

Lors du congrès du Reform Party à Belle-Rose, vous avez donné l’assurance aux habitants que le Bazar de Belle-Rose et l’Arab Town ne bougeront pas dans le cadre de l’arrivée du Métro Express. Comment pouvez-vous être sûr de pouvoir empêcher une telle chose alors que le gouvernement en a décidé autrement ?
J’ai donné l’assurance de faire tout ce qui est de notre ressort pour protéger l’intérêt des Mauriciens qui vont acheter leurs légumes au ‘Bazar’ de Belle-Rose et à Arab Town. L’activité commerciale est importante pour faire fonctionner le Métro Express. Si on gardait les activités commerciales et que le Métro roulait sur une structure élevée, le nombre de personnes que génèrent les commerces aiderait à avoir plus de demandes pour le métro ! Tout comme dans d’autres pays, Singapour, Malaisie, Dubaï etc. Quand je dis qu’on fera tout notre possible, on fera tout ce qu’il faudra faire, que ce soit légalement, en tant qu’avocat ou politiquement, en tant que député de l’Assemblée. Pour la population mauricienne, le Métro Express devrait faire l’objet d’un référendum comme stipulé par la Constitution. Notamment de par son envergure et de par la manière dont il affectera non seulement les contribuables d’aujourd’hui mais aussi la génération future parce que si le projet est réalisé de cette manière, Maurice prendra un retard énorme en ce qui concerne la compétitivité avec d’autres pays. Pravind Jugnauth, qui n’a même pas un mandat populaire plébiscité par le peuple pour être Premier ministre, n’a pas le droit moral d’hypothéquer l’avenir de nos jeunes avec un projet de cette envergure. S’il pense vraiment qu’il peut être un Premier ministre de notre pays, qu’il 'donne' les élections générales. Si la population décide qu’il peut être ce Premier ministre dont Maurice a besoin, au peuple de décider. S’il obtient un tel mandat de cinq ans, là il peut aller de l’avant avec tous les projets qu’il veut. Mais, pas quand il est un usurpateur d’un pouvoir que le peuple a confié à son père. En plus, il est toujours impliqué dans une affaire de corruption où la Cour suprême va décider si cette affaire sera entendue devant le Conseil privé de la Reine d’Angleterre. Le DPP retient la possibilité de demander un special leave pour aller devant le Conseil Privé. Comment peut-on en même temps revendiquer nos droits sur les Chagos, avec SAJ qui a dit tant de choses publiquement contre les Britanniques tout en sachant qu’aujourd’hui, il est possible que son fils, le PM de Maurice, soit jugé par cinq Law Lords britanniques à Westminster, Londres ? Comment peut-on être un pays souverain et démocratique d’après l’article 1 de notre Constitution quand notre PM est susceptible d’être jugé par des Britanniques ? Pravind Jugnauth aurait dû considérer tout cela avant de faire comme si le poste de Premier ministre était son héritage familial.  

Vous avez critiqué Gérard Sanspeur dans une de vos conférences de presse...
Il est impossible que dans une île Maurice moderne, Gérard Sanspeur soit choisi comme chairman de la FSPA, de la BOI, Landscope Mauritius, senior adviser aux Finances et membre du board de la TEC. Comme si tous les investissements qui passent par Maurice, que ce soit pour des projets d’envergure où le BOI est impliqué, tous les projets du secteur des services financiers, toutes les terres de l’État mauricien qui sont sous la SLDC et le BPML, tous les biens immobiliers de l’État dont Waterpark, tout est contrôlé par M. Sanspeur. Cela ressemble à l’époque féodale où un père part, et son fils devient Premier ministre et le fils choisit son meilleur ami pour contrôler les investissements et les terres de l’État ! Cela, parce que M. Sanspeur est un ‘cuisinier’…

Quand vous étiez ministre de la Bonne Gouvernance, vous avez milité pour la destruction de la base de données de la nouvelle carte d’identité contenant les informations biométriques. Acceptez-vous la carte d’identité dans sa nouvelle forme aujourd’hui ?
En tant qu’avocat, j’ai gagné l’affaire devant la Cour suprême pour qu’il n’y ait plus une base de données qui retienne les empreintes digitales des Mauriciens. L’État ne pouvait pas retenir les empreintes des citoyens, c’était inadmissible. On a gagné et c’était une grande victoire. Ce système était un identification system (One-To-Many). C’était illégal et anticonstitutionnel. Par contre, dans l’affaire Mahadeo, ils sont allés jusqu’au Conseil privé pour contester le fait que l’empreinte soit sur la carte. Ils ont perdu. Le Conseil privé a décidé qu’il n’y avait rien d’anticonstitutionnel car l’empreinte est sur la carte et celle-ci est en possession de l’individu. Il s’agit là d’un ‘One-to-One Verification System’. Maintenant, les jugements dans l’affaire que j’ai remportée et celle que Mahadeo a perdue sont là. Peu importe mon opinion, ces deux jugements sont binding sauf si le PM décide de venir avec une loi au Parlement pour tout changer.