ROUKAYA KASENALLY: « Le citoyen mauricien est très illettré sur le plan politique »

Senior Lecturer en Media and Political Systems à l’Université de Maurice (UoM) et coprésidente du comité d’organisation de la conférence internationale dans le cadre des 50 ans de l’indépendance du pays, Roukaya Kasenally déclare dans l’interview qui suit que « sur le plan politique, le citoyen mauricien est très illettré ». Elle se désole par ailleurs de l’existence, à Maurice, « d’une politique très clientéliste ». Celle qui a cofondé la Mauritius Society Renewal, plateforme se donnant pour but notamment de promouvoir l’éducation politique des citoyens, estime qu’un des problèmes de notre fonctionnement politique est qu’on « se trouve dans un système de dynastie politique, de mono-leaders, de surcroît vieillissants ». Quant à la partielle au No 18, si d’aventure l’alliance au pouvoir était de la partie, notre interviewée est d’avis que « ce sera un “test-case” de la popularité de ce gouvernement ».

Vous êtes la coprésidente de la conférence « Mauritius after 50 Years of Independence: Charting the Way Forward », organisée par l’UoM. Comment évaluez-vous notre société 50 ans après l'indépendance, comme l’indépendance de nos institutions par exemple ?
On critique souvent l’ingérence politique dans ces institutions. Je pense que c’est un cheminement. Cinquante ans, c’est un demi-siècle. C’est vrai que Maurice a évolué très positivement et a été vue comme un modèle pour d’autres pays, surtout économique, en Afrique, et comme un modèle de convivialité, avec les gens vivant ensemble dans une société multiculturelle. Je pense qu’on a évolué par rapport où on en était en 1968. Il y avait une partie qui n’était pas favorable à l’indépendance et il y avait ce besoin de ramener la population autour d’une idée, d’une identité… Cinquante ans, c’est long. On a eu la transformation économique de notre île. Elle est sortie d’une “monocrop economy” pour arriver maintenant à une diversification économique assez élargie. On a eu une évolution politique de notre système…

Comment évaluez-vous cette évolution politique ?
J’ai beaucoup de réserves sur cette évolution parce qu’on est dans un système de dynastie politique, de mono-leader, avec des leaders vieillissants. Un système par ailleurs où les partis politiques sont réticents au changement alors qu’on se trouve dans un paysage qui change énormément. Après 50 ans d’indépendance, il y a eu cette évolution technologique et culturelle… Si on se dit qu’en comparaison avec d’autres pays, on est bien, on entrera dans une zone de confort et c’est là que se situera le danger. On sait qu’on vit en harmonie mais est-ce vraiment le cas ? On sait qu’il y a des problèmes autour de l’ethnicité à Maurice. Certains ont même parlé de culture d’hypocrisie qui définit les Mauriciens. Nous avons une économie qui perd un peu de son souffle. Pour moi, il y a énormément de défis qui doivent être accompagnés d’une vision collective et d'une participation citoyenne. Le moment est opportun de passer à une étape au-delà des 50 ans. Il faut une réflexion collective.

Qu’avez-vous à dire concernant l’indépendance de nos institutions ?
Malheureusement, les institutions ne sont pas indépendantes. Elles sont très fragilisées. Il y a donc là un double défi. Cela peut avoir un impact sur la qualité du tissu social car les institutions sont garantes d’un système de transparence, d’indépendance et de justice. Aujourd’hui, on parle beaucoup de justice sociale. Mais est-ce que nos institutions font vraiment leur travail de manière transparente et indépendante. C’est vrai que Maurice a beaucoup d’institutions, un peu trop même. Mais est-ce que les gens font confiance à ces institutions ? Récemment, il y a eu une enquête de l’Afrobarometer (round 6), regroupant une trentaine de pays en Afrique, dont Maurice. On a vu que le citoyen mauricien démontre une absence de confiance dans les institutions clé : la police, le judiciaire, le législatif, l’exécutif (ceux au pouvoir). Moi, je trouve que c’est très grave parce que quand on perd confiance dans les institutions, c’est le début de la fin.

À quoi doit-on cette fragilisation des institutions ?
Je pense qu’on a eu “the wrong people at the wrong place”. Les personnes font les institutions. Obama l’avait dit : “Strong institutions are made by strong people.” Si ce sont des gens qui sont faibles, qui sont à la merci de ceux qui leur donnent ces positions de responsabilité, on perd cette indépendance. Pour moi, c’est allé de mal en pis depuis les dix dernières années.

Est-ce pire sous ce gouvernement ?
Je sais que ce gouvernement était parti pour un mandat de “clean government”. Ils avaient même parlé de promouvoir la méritocratie. C’était un peu leur leitmotiv. Malheureusement, à mi-mandat, on a vu des scandales s’entasser et les nominés politiques définissant leur “wish list”. Pour moi, c’est très dommage, car la population avait placé beaucoup d’espoir dans cette alliance, qui avait porté le nom de l’Alliance Lepep. À mi-mandat, aujourd’hui, beaucoup sont désillusionnés. Le deal père-fils a défini une culture de dynastie par outrance. Pour moi, ce sont des maux de notre société présente et, malheureusement, la politique définit un peu l’économie, la culture et le social. Si cela va mal “at the top”…

Pourtant, le comité organisateur de la conférence organisée par l’UoM parle de « stabilité démocratique et politique » 50 ans après l’indépendance. Peut-on parler de stabilité politique dans un tel contexte ?
La stabilité politique se définit en termes de plusieurs partis qu’on a eus depuis l’indépendance. Le gros souci à Maurice, c’est la domination des grands partis traditionnels. On n’a malheureusement jamais vu la percée de petits partis ou de partis alternatifs. Et pour moi, le plus gros problème, c’est le système électoral. On sait que le système First Past the Post ne favorise pas l’émergence des petits partis car c’est un modèle électoral de “the winner takes it all”. On a vu ce que le First Past the Post nous a amené : les fameux 60-0 de 1982, 1995. On a eu une opposition non existante. Quand on parle d’absence d’opposition ou très minime, ce n’est pas stable. La première chose qu’il faut résoudre, c’est la réforme électorale. Malheureusement, on en parle depuis 15 ans. Il faut corriger les déficiences que le First Past the Post propose. Il faut vraiment inclure une dose de représentativité à travers la représentativité proportionnelle. C’est vrai que le First Past the Post revêt pas mal d’avantages mais il faut équilibrer en termes de genre. On a aussi un gros souci avec le Best Loser System, qui propose une représentation essentiellement définie sur l’ethnicité. Or, la représentation aujourd’hui est multidimensionnelle : genre, géographie, âge, diversité. L’interrogation est celle-ci : est-ce que 50 après, l’ethnicité peut être la seule définition en termes de représentativité ?

Certains pensent que le BLS a son utilité, Maurice étant ce qu’elle est…
Moi, je suis de la nouvelle génération. Le BLS avait sa raison d’être dans les années 1970, quand on allait vers une nouvelle société. Il y avait le besoin de se sentir représenté. Mais 50 ans après l’indépendance ? Je pense que le cheminement d’être Mauricien doit se faire. Pour moi, l’ethnicité ne peut être le seul “marker of your identity”. Pour moi, une société moderne se définit sur la diversité. Amartya Sen, prix Nobel d’économie, parlait de ce besoin de sortir de ce qu’il appelle la “mono-identity” et de vraiment embrasser la “multi-identity”. Et c’est ce qui fait la richesse de Maurice. Je pense qu’une réflexion autour des 50 ans doit vraiment définir le Mauricien comme une personne plurielle. Le plus gros abcès qu’on a, c’est la présence des groupes socioculturels.

Le monde connaît des changements au niveau de la politique. Pensez-vous que l’on puisse voir un mouvement à la Macron au pouvoir aux prochaines élections ?
Il y a eu des changements profonds au niveau mondial. Il y a eu ce rejet du système politique traditionnel, ce qu’on appelle le “backlash” de la “political mainstream”. On l’a vu aux Etats-Unis. Trump n’était pas du “political establisment”. On l’a vu avec le Brexit. On l’a vu avec Emmanuel Macron. On l’a vu avant avec Podemos, en Espagne. On l’avait vu même en Grèce, avec Syriza. Ce besoin d’un nouveau souffle parce que les partis politiques sont usés. Depuis un moment, on a vu des partis politiques qui se disent des “alternative parties”… Avant, vous aviez toujours Rezistans ek Alternativ, Lalit... Le problème, à Maurice, c’est que les gens ont tendance à voter pour les grands partis. C’est peut-être par fidélité. Ou alors on va voter pour un parti qui pourra faire une différence, etc. On a toujours été dans cette logique.
 
Pensez-vous que cette tendance puisse changer dans un proche avenir ?
Pour que cela puisse changer vraiment, on a besoin d’éduquer les citoyens mauriciens. Au niveau de l’éducation politique, le citoyen mauricien est très illettré. Les Mauriciens savent voter, savent qu’il faut apposer trois petites croix. Ils savent qu’avec ces trois petites croix, ils peuvent avoir un petit job… « Si tu donnes un boulot à mon enfant, je voterai pour toi. » Malheureusement, depuis les 15 dernières années, c’est ancré dans le folklore mauricien. Le citoyen mauricien est devenu très demandeur. Il y a une politique très clientéliste. Et ceux qui peuvent développer des politiques clientélistes, ce sont ceux qui ont de l’argent. On sait que les campagnes coûtent énormément d’argent. Très souvent, on va se remplir les poches pour les cinq prochaines années. C’est un gros souci pour les petits partis politiques, qui n’ont pas d’argent, qui n’ont pas les structures voulues pour pouvoir mener ce type de campagne. Pour revenir à votre question, je vois qu’il y a énormément de personnes qui commencent à se dire que le changement doit se faire. On le voit énormément sur les réseaux sociaux. C’est une bonne plateforme pour tâter le pouls, pour mobiliser les gens. Mais les réseaux sociaux restent les réseaux sociaux. En pressant sur un bouton, vous ne vous lancez pas toujours. Le vrai changement se fait dans la rue. On l’a vu dans plusieurs pays, que ce soit avec le printemps arabe, que ce soit en France avec le mouvement En Marche... Les gens se sont mobilisés dans la rue. On a l’exemple du Reform Party, le parti politique qui a le plus grand nombre de “followers”. Est-ce que cela va perdurer ? Est-ce que parce que la personne est jeune ? Est-ce qu’il y a une image de lui qui est très moderne, agressive, qui fait appel aux jeunes ?

Mais un ras-le-bol des scandales en série ne pourrait-il pas faire basculer le Mauricien dans sa manière de voter ?
Le Mauricien est un peu tenace. Il faut vraiment le pousser. Tout changement profond doit s’accompagner d’une masse critique. A-t-on cette masse critique ? En 2005, Sheila Bunwaree et moi avions fait une recherche sur les partis politiques et on avait interviewé les leaders. Dans tous les partis traditionnels, c’est très “leader-centric”. Le problème des partis traditionnels à Maurice, c’est qu’on n’a pas d’élection de leaders. Dans tous les partis politiques à travers le monde, les leaders briguent les suffrages des membres du parti. À Maurice, c’est l’autoproclamation. Pire, c’est de père en fils. On s’autoproclame leader pour la vie. Ces critères me font donc dire que c’est très difficile… Le citoyen pourra être demandeur d’une nouvelle politique s’il est mieux informé et éduqué en termes de la manière dont on peut sortir de cette façon de penser très traditionnelle, qui est devenue très clientéliste. L’idéologie politique n’existe plus.

Comment avez-vous interprété le « move » de Roshi Bhadain quand il a annoncé sa démission en tant que député à cause du métro ?
Je pense qu’il faut interroger le principe derrière. Si l’on se base sur ce qu’il dit, c’est-à-dire que la partielle soit un référendum sur le métro, c’est intéressant, car à Maurice, on impose de projets à des coûts pharaoniques sur la population. Le projet de métro express comporte beaucoup de zones d’ombre. Un projet pareil ne peut être imposé à la population. Le citoyen n’a pas une compréhension complète et détaillée du métro. Je pense aussi qu'en quittant le MSM et en fondant le Reform Party, Roshi Bhadain veut briguer la légitimité de sa position comme nouveau leader. Il faut comprendre le principe derrière son “move”, il faut vraiment ne pas prendre les gens pour argent comptant car un projet aussi coûteux doit être débattu sur la scène publique avant. Comme leader d’un nouveau parti, briguer une légitimité autour de ses mandants, c’est bien. Mais il ne faut pas oublier qu’aller aux élections coûte énormément et que cela bloque des projets.

Quelles sont les répercussions que sa démission est susceptible d’avoir, d’abord au No 18 et, ensuite, sur l’échiquier politique ?
Cela ne va pas changer énormément la configuration. Le gouvernement a quand même une majorité. Il s’effrite, mais il reste confortable. Ce serait assez intéressant en termes de rapport de force des partis politiques car on sait que les deux partis qui ont énormément souffert lors des dernières élections, ce sont le MMM et le Ptr. S’ils briguent la partielle, cela sera un peu un “test case” du rapport de force. Ce sera pour moi un assez intéressant “test case” car l’électorat du No 18 est un électorat urbain et la configuration est intéressante car ce sont des gens de la classe moyenne à monter. Dans certaines régions, vous avez aussi d’autres groupes socioethniques. Par ailleurs, est-ce que les gens vont donner la chance aux partis alternatifs de se faire un nom ? Est-ce que Bhadain, à travers le Reform Party, pourra se faire élire ? Est-ce qu’un indépendant qui prône un programme politique très intéressant pourra se faire élire ? Ou rebasculera-t-on dans les partis traditionnels ? On pourra voir si l’électorat est assez éclairé pour faire un choix autour des idées. Est-ce qu’il y aura des idées ? À mi-mandat de ce gouvernement, où il y a eu énormément de scandales, sans compter la passation de pouvoir de père en fils, ce sera encore un “test-case” de la popularité de ce gouvernement.
 
Que pensez-vous d’une telle passation de pouvoir ?
Pour moi, cela va à l’encontre de la démocratie. On développe et on ancre une dynastie politique qui n’est pas définie en termes de compétences ou de capacités de servir. Ça, c’est grave, car 50 ans après notre indépendance, ce sont des mauvais signaux qu’on envoie à la nouvelle génération, à un Etat moderne. Malheureusement, tous les partis politiques à Maurice ont une forte dimension de dynastie : le Ptr, le PMSD et le MSM. Avec le MMM, on ne sait pas encore. Bérenger est de facto le leader historique. On ne parle pas de plan de succession. Si on veut vraiment être moderne et progressiste, il faut avoir des élections pour choisir les leaders. On ne fait pas de la politique parce que c’est notre chose personnelle.
 
Quelle importance a Roshi Bhadain sur l’échiquier politique ?
Les jeunes ont une écoute vis-à-vis de Roshi Bhadain. Il a une capacité à accrocher les gens. Il n’a pas la langue dans sa poche, il est très ouvert, et même agressif, dans ses propos. Il paraît ne pas avoir peur de dénoncer certaines choses, de “call a spade a spade”, mais n’oubliez-pas qu’il faisait partie du gouvernement. Ce qui accroche les jeunes, c’est sa capacité de rallier. Il utilise beaucoup les réseaux sociaux, il a des slogans qui accrochent. Il fait des réunions sociales. Je pense qu’il s’est servi d’une manière très astucieuse des réseaux sociaux sachant que les jeunes en sont très friands. Le vrai “test case” va être de savoir s’il va se faire élire. How genuine he is, who is he ?, on ne sait pas. Le gros souci avec la politique dans le monde, c’est l’être et le paraître. Those who sell dreams to us are those who captivate our attention.  Tout comme Macron, on a voulu croire en lui. Je pense qu’il y a pas mal de jeunes qui veulent aussi croire en Roshi Bhadain.

Beaucoup ont critiqué l’aide de l’Inde envers Maurice, avançant que ce soutien n’est pas sans intérêt. Comment voyez-vous cette relation entre l’Inde et Maurice et tous ces prêts accordés à notre pays ?  
Toute relation diplomatique n’est jamais dépourvue d’intérêt. Aujourd’hui, tout le monde carbure sur les intérêts. Très souvent, on a dit de Maurice que l’Inde nous sortira des galères, qu’il y a une tranche de la population qui sort de l’Inde, etc. Il y a toujours eu une connexion très forte, politique, économique (le Double Taxation Agreement) qui a fait évoluer notre offshore. C’est un prêt commercial. Personne ne vous fait de cadeau.
 
Avez-vous des craintes par rapport à cette aide ?
Il y a pas mal de zones d’ombre qu’il faudra éclaircir. Il ne faut pas se faire prendre par l’euphorie d’une aide et on oublie le reste. Très souvent, c’est dans les petits détails que lies the devil. On n’a pas les détails de cette aide. Quelles seront les implications économiques, fiscales, etc. ? On nous a vendu le rêve indien, USD 500 M pour des projets infrastructurels, etc. Mais tout prêt doit être bien examiné. Il y a plusieurs années de cela, il y a eu le projet Tianli, qui était un accord de gouvernement à gouvernement. Jamais n’avait-on démontré les détails de ce contrat. On sait que maintenant Tian Li est Jin Fei et que Jin Fei est aujourd’hui un dépotoir. Il faut donc faire très attention concernant les financements avancés par des gouvernements. On sait qu’aujourd’hui, l’Inde a des intérêts de “super power” et qu’elle courtise plusieurs pays à travers le monde, qu’elle a un intérêt soutenu en Afrique, tout comme la Chine.  

L’opposition reproche à ce gouvernement d’enchaîner les scandales. Ceux-ci peuvent-ils nuire à la stabilité politique et sociale ?
Toute instabilité a des répercussions sur le social. La pauvreté est devenue très visible dans le vécu des Mauriciens. Notre société est devenue très inégale. La disparité entre les très riches et les très pauvres est là. La classe moyenne rétrécit. Au moment où la classe moyenne rétrécit, c’est là que les problèmes socio-économiques commencent à se faire sentir. Toute absence de concrétisation de projets a un effet néfaste sur le tissu social. Le plus gros souci qu’on a est la montée en flèche de la pauvreté, l’absence d’emplois parmi les jeunes et un manque total de vision du gouvernement. À mi-mandat, c’est un bilan de scandales, de passation de pouvoir. Dans le concret, rien qu’un effet d’annonce d’un projet de métro comportant des zones d’ombre.

Vous avez cofondé la Mauritius Society Renewal. Parlez-nous en…
La Mauritius Society Rewal (MSR) est un think tank que j’ai cofondé en mars 2017 avec deux collègues, Sheila Bunwaree et Manisha Dookhony. C’est parti d’une conversation qui date depuis plusieurs années. À l’aube des 50 ans de l’indépendance, on a eu une culture politique qui n’a pas assez de programmes progressistes pour une société moderne. Le plus gros souci avec notre système politique, aujourd’hui, c’est que l’éthique et l’intégrité n’existent plus et que la capacité de servir la population est reléguée au second plan. Il s’agit vraiment de développer une culture basée sur l’éthique. La MSR veut mettre le citoyen au centre comme “decision maker”. Le citoyen a été relégué au second plan. Il n’est sollicité que pendant les élections, par groupe ethnique. Il s’agit de donner aux citoyens mauriciens cet outil leur permettant de prendre en charge leur avenir économique, politique et social.
C’est axé sur trois projets spécifiques. D’abord, la “political literacy”. On travaillera sur des manuels pour équiper les citoyens mauriciens. Les inciter à s’interroger sur “who we are and what type of citizens we want ?” et non pas être à la merci des partis politiques. Le deuxième projet est axé sur la Constitution. On a énormément parlé de cette nécessité de revoir la Constitution, qui n’a pas été faite des mains des Mauriciens, mais par nos “colonial masters”. Le citoyen mauricien ne retrouve pas sa participation dans sa Constitution. Le troisième projet se focalisera sur les nouvelles technologies, porteuses de changements dans plusieurs pays, à l’instar d’un changement dans l’accountability et la transparence.