Share |

ROUPIE : Les Finances et la BoM à couteaux tirés

Incursion directe du ministère des Finances sur le marché des changes avec l’achat de 100 M de dollars auprès des banques commerciales

Le bras de fer entre le ministère des Finances et la Banque de Maurice sur la controverse du « misalignment » du taux de change de la roupie prend des allures de guerre ouverte à trois semaines de la présentation du Budget 2013 à l’Assemblée nationale. Après les piques de mardi dernier du vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval selon lesquelles le mauvais alignement de la roupie représente un manque à gagner d’un point à la croissance, le ministère des Finances est passé à l’action avec une intervention directe sur le marché de change. L’objectif est de procéder à l’achat de 100 millions de dollars américains, épongeant une dizaine de millions de dollars par jour en moyenne, auprès des banques commerciales en vue d’imposer la correction voulue au taux de change de la roupie.
Les recoupements d’informations effectués par Le Mauricien auprès des sources bancaires concordantes confirment que l’Accountant General, qui opère sous la tutelle du ministère des Finances, a écrit officiellement à toutes les banques commerciales du pays en cette fin de semaine en vue de procéder à l’achat de 100 millions de dollars en devises étrangères au cours des semaines à venir. Contrairement à la position exprimée par la Banque de Maurice (BoM) lors de la dernière réunion du Monetary Policy Committee, le ministère des Finances maintient que le « misalignment » de la roupie de l’ordre de 12 % n’a pas encore été corrigé. Les banquiers, interrogés à cet effet, confirment la démarche du ministère en soutenant que les effets se font déjà traduire sur le taux de change de la roupie par rapport au dollar américain.
Ces mêmes responsables n’ont pas manqué de mettre en exergue le caractère exceptionnel de cette démarche surtout dans la conjoncture où « le ministère des Finances se met littéralement en position conflictuelle avec la BoM ». Avant l’ouverture officielle du marché des changes ce matin, la roupie avait déjà gagné 30 sous avec la tendance devant se poursuivre au fil des opérations bancaires dans les jours à venir. Le dollar américain était coté confortablement au-dessus de la barre des Rs 31.
Du côté du Bank of Mauritius Tower, l’on tente de digérer l’intervention-surprise du ministère des Finances sur le marché des changes après les attaques qui ont monté crescendo depuis quelque temps déjà. « J’ai appris cette nouvelle tard hier. J’essaie de comprendre le pourquoi de cette démarche », a fait comprendre au Mauricien ce matin le gouverneur de la BoM sur cette affaire. Il n’a pas voulu se laisser entraîner publiquement dans cette polémique, préférant porter le débat dans les instances appropriées.
Mais les milieux proches de la BoM mettent en avant les dispositions de la Bank of Mauritius Act, plus particulièrement l’article 56, pour mieux situer les attributions de la Banque centrale et du ministère des Finances en matière de « monetary and financial matters and depository of the foreign exchange reserves of Mauritius and of Government Funds ».
Ils mettent l’accent sur le fait que « the government may maintain working balances, at such marker rates as may be determined by the Bank, and shall generally make use of the services of the banks on such terms and conditions as may be agreed between the Bank (of Mauritius), the Government and the parties concerned ». La déclaration du gouverneur de la BoM qu’il avait pris connaissance de cet achat de 100 millions de dollars que tard hier semble confirmer que le dernier volet de la clause 56 (3) au sujet des consultations entre les parties concernées n’aurait pas été à l’ordre du jour.
Toujours en ce qui concerne les dispositions de la Banking Act, ces sources soulignent que l’article 56 (4) (2) (b) de la loi impose à la Banque centrale un devoir d’assurer « the stability and the soundness of the financial system » aussi bien qu’une gestion, qui soit « orderly and balanced » des réserves en devises étrangères.
« Avec ce développement intervenant en fin de semaine, nous faisons face à une situation, qui devient difficile à gérer. Il nous semble que l’on veut tout simplement saper les objectifs de la BoM », indique-t-on dans les milieux autorisés de la haute finance. Avec le vice-Premier ministre et ministre des Finances, assurant la suppléance à la présidence du conseil des ministres en l’absence du Premier ministre Navin Ramgoolam, Le Mauricien n’a pas été en mesure d’obtenir les explications du ministère des Finances.
Pour sa part, Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers’  Union (GHTU), qui a tiré la sonnette d’alarme sur cette affaire, maintient qu’« il semble que l’objectif du ministre est d’éponger cette devise étrangère au rythme de 10 millions dollars par jour pour provoquer une dépréciation avec la hausse du taux du dollar ». Cette mesure de Xavier-Luc Duval prend à contre-pied la BoM, qui dans un récent passé, avait refusé d’obtempérer à une demande similaire sous l’appellation « Operation Reserves Restitution provenant du ministre des Finances. La BoM avait estimé qu’une telle opération aurait des répercussions graves sur le pays et que ce seraient les banques qui auraient récolté des windfall gains importants ».
Le président de la GHTU revient également les incidences de cette opération sur le marché des devises étrangères, dont une poussée inflationniste et « une flambée des prix vu que plus de 70 % de nos importations se font en dollar US. Au final, ce serait le petit consommateur qui aurait été le plus grand perdant. »  
 


TAUX DE CROISSANCE | XLD : « La moyenne en Afrique a toujours été supérieure à Maurice »
Le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval est revenu à la charge hier par le biais d’un communiqué pour préciser que le taux de croissance à Maurice est depuis 2005 inférieur aux pays de l’Afrique subsaharienne (AS), sauf en 2009
Le taux de croissance s’établit ainsi comme suit :

             AS     Maurice
2005 : 6,2 %     1,5 %
2006 : 6,4 %      4,5 %
2007 : 7,1 %      5,9 %
2008 : 5,6 %      5,5 %
2009 : 2,8%      3 %
2010 : 5,3 %,    4,2 %
2011 : 5,1 %    4,1 %

Outre en 2009, le taux de croissance de l’Afrique subsaharienne a toujours été supérieur. Cela est dû au fait que le Produit intérieur brut (PIB) africain par habitant est plus faible que celui de Maurice.
Lors de sa conférence de presse cette semaine Xavier-Luc Duval avait fait comprendre que plus un pays à un PIB élevé, plus son taux de croissance apparaît faible. « On voit mal un pays comme les États-Unis avoir un taux de croissance de 10 % », avait-il fait ressortir.
Dans les milieux du ministère des Finances, l’on relève que le taux de croissance n’est pas l’indicateur idéal pour démontrer le progrès réalisé dans un pays. L’on cite notamment l’indice Ibrahim de bonne gouvernance qui place Maurice en tête de lice.  

Commentaires

It appears that 'Le président de la GHTU' is an expert in fiscal matters!
Wish all the best, he might position himself as the next minister of finance in waiting......

Mr Bheenick passse trop son temps en Mission et se montrer trop GROS FONCTIONAIRE que personne ne peut toucher IL DEVRAIT ETRE PLUS PRES DE LA REALITE' DES CHOSES ET PLUS PRATIQUES A CE QUI SE PASSE DANS LE MONDE DES AFFAIRES ET JE SOUTIENS L'INITIATE DU MINISTERE DES FINANACES...LE TAUX D'ECHANGE EST MAL GERE' PAR BHEENICK qui peut etre a d'autres interet ....que la Croissance ECONOMIQUE MAURICIENNE ....mais il est bien proteger..disons rien de plus...

Note du RCP sur l'intervention du Ministère des Finances sur le marché des devises avec le rachat de 100 millions de dollars sur le marché local
19 Octobre 2012

Dans notre note sur le Repo Rate daté du 26 Septembre 2012, nous avons soutenu la démarche du Gouverneur de la Banque de Maurice et du MPC de laisser le taux Repo Rate inchangé à 4,90 %. Le principal objectif étant de contenir l'inflation. Nous avons été rejoint par plusieurs économistes sur cette posture.
En effet, le secteur privé souhaitait une baisse pour alléger les charges financières sur les prêts et les investissements.De plus, nous avons vu les opérateurs du secteur privé déplorer l'appréciation de la roupie , d'environ 12% actuellement malgré les efforts de la Banque Centrale de rectifier la parité.
Un rapport du FMI – Mauritius : External Balances from a Long Term Perspective, commandité par le ministère des Finances souligne que « la roupie mauricienne s'est appréciée en termes réels beaucoup plus que la monnaie de ses principaux compétiteurs »et « pourrait avoir un impact négatif sur la compétitivité de nos exportations » Le FMI reconnaît cependant que « le cadre de la politique monétaire actuelle, celui d’un ciblage hybride de l'inflation» a servi les besoins de l économie mauricienne. Il a contribué à contenir le taux d’inflation autour de 5 %. La stabilité financière et celle des prix devraient demeurer les principaux objectifs de la politique monétaire, car cela s'est avéré être le fondement d'une croissance durable. » Plus loin, le FMI préconise comme mesure transitoire, « un taux de change réel, stable et compétitif pour facilter la croissance » et met en avant le rôle de la Banque Centrale dans la relance de la croissance grâce à la politique monétaire.(Le Défi du 26 sept 2012.). Un doux euphémisme pour parler de dépréciation de la roupie !
Force est de constater que malgré les précédentes baisses du taux directeur, l'incidence sur l'investissement privé et le chômage a été négligeable.
Le gouvernement a accepté les recommandations du PRB et va payer Rs 4,6 Milliards en 2013.
Dans le contexte de la crise économique , qui perdure sur nos principaux marchés et de la baisse de confiance des opérateurs du privé, nous voyons que le ministère des Finances intervient sur le marché des changes, en pleine opposition avec la Banque Centrale et sans aucune concertation avec les autorités monétaires. Il nous avait déjà préparé à cette initiative en disant que la surévaluation de la roupie nous avait coûté 1 point de croissance.
Nous nous interrogeons sur la pertinence de cette intervention. Une telle démarche aura l'effet que le dollar s'apprécie par rapport à la roupie.Avec une telle demande du Ministère des Finances, en plus de ce que la Banque Centrale éponge chaque semaine, et de la demande croissante des opérateurs pour le paiement en devises, pourquoi les exportateurs et les autres « foreign exchange earners » voudraient vendre à bas prix alors que la demande est là ?
En cette période de campagne électorale aux Etats Unis, le dollar va se déprécier par rapport aux autres devises.
Un peu plus de 70 % de nos importations sont libellés en dollar. Cela va faire que les prix vont augmenter et réduire davantage le pouvoir d'achat de nos compatriotes. Les efforts des autorités monétaires pour contenir l'inflation seront réduits à néant !
Est ce un effort de notre ministre des Finances pour grapiller ce point de croissance dans le dernier trimestre 2012  au détriment du pouvoir d'achat ?
Est ce un effort pour remonter le moral du secteur privé avec ce coup de pouce avant le Budget ?

Nous , au RCP, nous maintenons que le gouvernement doit faire tous les efforts pour assurer le maintien du pouvoir d'achat de nos concitoyens et de ne pas tomber dans la facilité ! Une dévaluation déguisée au seul profit des grands patrons et au détriment du peuple n'est pas acceptable !

Rajeev GUNPUT avec l'équipe économique du Ralliement Citoyen pour la Patrie
Ce 19 Octobre 2012

Depi quand ministère des finances alle fout so nene dan bann affaires la banque de Maurice??? Sa pe senti bouillabaisse...

IT IS CLEAR NOW THAT MINISTER DUVAL IS WORKING FOR HIS BIG BOSSES AND IS NOTHING MORE THAN A WORLD BANK AND IMF CHOKRA AT THE END OF THE DAY !!!