Les samedis se suivent et se ressemblent pour le Rye Joorawon new-look. Depuis son passage à l’entraînement Gilbert Rousset — suivant son triste épisode avec la méthadone qui lui a valu une longue mise à pied —, le recordman de victoires au Champ de Mars (347 gagnants) a frappé coup sur coup dans les épreuves principales. À peine les clameurs victorieuses avec Karraar lors du long week-end de courses tues, le revoilà qui remet ça samedi dernier avec Dawn Raid. Une fulgurante ascension soulignée par un passage de B36 à un Groupe 2 (55+) pour ce coursier de 5 ans qui s’est offert six victoires chez nous, dont cinq dans la présente saison.
« C’est mon premier succès avec Dawn Raid. Durant la semaine, je pensais que cela aurait été difficile, car le cheval montait de deux classes. Mais après analyse et le poids plume aidant (53 kilos), on s’est dit que le coup était jouable. Et Dawn Raid nous a donné raison », avance un Rye Joorawon complètement relancé.
À quel moment de la course pensait-il qu’il tenait la victoire ? « Je crois que Dawn Raid a gagné sa course au départ. Il était aujourd’hui (samedi) beaucoup plus détendu et cela l’a aidé à bien settle. On a pris pleinement avantage du poids. Quand j’ai remarqué que Parachute Man, un coursier que je connais comme les dix doigts de ma main, n’avançait pas, j’ai demandé un effort à ma monture aux environs des 400m. Il a répondu admirablement pour se démarquer des autres. Je dois dire que et Parachute Man et M L Jet ont paru ressentir encore des efforts fournis dans la course du Maiden il y a un mois. »
Ce succès sauvait quelque part la journée de Joorawon, car il a échoué deux fois devant la winner’s enclosure avec Mount Fuji et Sea Pass, a priori deux gros favoris. « J’ai joué de malchance avec Mount Fuji. Le cheval a payé de sa lenteur dans la première tranche du parcours. Le gagnant, Burwaaz, était le plus fort de la course. Sea Pass semble un one-paced horse. Il a un peu tiré durant la course. On avait réduit le train aux avant-postes. Quand Zagazig a fait le move dans la descente, je pensais que mon cheval avait beaucoup de ressources et pouvait suivre aisément. Il n’en fut rien. »
Glen Coco, une autre monture de Joorawon, bien soutenu dans les paris, fut une déception, à l’image de son sixième rang à 2,55 longueurs du fuyard Promissory. « Je ne peux expliquer cette contre-performance. Le cheval est à revoir. Tout comme Bellicosity, bien en train jusqu’aux 800m avant qu’il ne cède complètement. »
Avec seulement onze victoires dans l’escarcelle, le multiple champion mauricien et recordman de victoires se dit conscient qu’il est très loin de sa production habituelle sur notre turf. « On ne revient pas sur le passé. Ma saison 2017 est éprouvante. Mais je retrouve graduellement ma pleine confiance. J’attends que je bénéficie de bonnes montes en cette fin de saison pour soigner ma moisson. »