Lorsque la saison 2015 avait débuté, personne ne pouvait prédire une telle fin de parcours à Rye Joorawon. Samedi dernier, celui qu’on considère encore comme l’enfant terrible du turf mauricien, a fait à nouveau l’étalage de son talent en s’imposant en quatre fois. Aujourd’hui, il entrevoie la possibilité d’être champion de Maurice pour la 10e fois de sa carrière. Nous ne sommes certes pas encore à ce niveau, mais samedi dernier, Captain’s Cronicle (1re course), Elite Class (4e course), Reim (6e course) et Rebel’s Game (7e course) ont permis à Rye Joorawon de non seulement se hisser au niveau des 27 victoires, soit trois de moins que le leader au classement des jockeys mauriciens, Jeannot Bardottier, mais aussi de réussir son incroyable pari de remporter 300 victoires.
En s’imposant à quatre reprises, le Mauricien affiche désormais 302 victoires au compteur. « C’est sans doute ma plus belle réussite professionnelle. Vous devez le savoir plus que moi que ce n’est pas simple de gagner 300 victoires. 302 est le nouveau record établi et j’en suis d’autant plus fier que c’est moi le premier Mauricien qui ait réussi une telle performance. Cela m’a pris beaucoup d’années, 14 ans je pense, pour accumuler ces victoires et souvent dans des circonstances difficiles. Je suis donc heureux, non seulement pour moi, mais aussi pour ma famille, qui a été mon premier soutien dans toutes les épreuves difficiles que j’ai traversées », explique Rye Joorawon.
Samedi dernier, lors de la 33e journée, ce fut en effet un véritable tour de force qu’il a réussi. « Au début d’une journée, on ne sait jamais ce qu’elle nous réserve. C’était pareil samedi, même si je dois vous dire que j’avais confiance notamment en Elite Class et Rebel’s Game. En revanche, pour Reim ce fut une grosse surprise. Mais une surprise qui me donne une belle satisfaction, car je sais par quoi ce cheval est passé pour remonter la pente et gagner samedi ».
À l’aube de la saison 2015, Rye Joorawon est un homme aigri, voire en colère. « S’il est vrai de dire que je me retrouve dans une position assez favorable en cette afin de saison, il est aussi vrai de dire que toute ma saison n’a pas été rose et par moments, il m’a été difficile de trouver de bonnes montes. J’imagine maintenant ce qu’il en est de mes collèges mauriciens qui sont dans une situation bien pire que la mienne. Je trouve de ce fait aberrant pour ne pas dire inhumain le sort que nous réservent les autorités. Je ne dis pas non plus qu’il ne faut pas avoir des garde-fous et des sanctions contre ceux qui abusent ou qui fautent à tout bout champ. Mais on ne peut pas être doublement pénalisés. Le fait de nous interdire de pratiquer notre métier après six semaines de suspension est inhumain et ne va pas dans le sens de la tolérance. Si demain cela m’arrive, que vais-je faire après ? Qui prendra soin de ma famille ? Qui s’assurera que mes enfants vont à l’école ? Qui donnera à manger à ma famille ? Comme moi, beaucoup de mes confrères jockeys ou apprentis pensent ainsi », dit Rye Joorawon.
« Ceux qui ont pris cette décision savent très bien quelle est mauvaise et qu’elle touche directement le gagne-pain de beaucoup de personnes. D’eux-mêmes ils doivent savoir ce qu’ils ont fait de mal et j’espère vivement que les autorités feront les corrections qui s’imposent ».
Ce dernier est aussi déçu que sa candidature n’ait pas été prise en considération pour être aligné pour l’apothéose de la saison, la journée internationale. « Le principe veut qu’on a travaillé toute une saison pour avoir cela comme récompense. J’ai travaillé avec les résultats qu’on connaît et j’ai un track-record plus ou moins correct cette saison. Mais je ne suis pas retenu. Donc, je reste déçu de mon absence de la journée internationale ».
(Ndlr) Rye Joorawon a cependant été choisi en remplacement de Jeanot Bardottier, qui n’est pas éligible à participer à la journée internationale, étant sous le coup d’une suspension de six semaines pour avoir dépassé la limite autorisée au Demerit Points System.