Sécheresse : des planteurs réclament des mesures concrètes

AGRICULTURE Triolet

Des planteurs réunis à Solitude vendredi ont montré un ras le bol face aux comités qu'on organise avec eux dès qu'un problème menace le secteur agricole. Ils ne veulent plus de comités où des officiers du ministère de l'Agro-industrie viennent prendre note de leurs doléances pour ensuite les transmettre au ministre. " Nou oule minis la mem vini e trouv ban mezir ki bizin pran ", lâche un planteur excédé par les discussions en l'absence de Satish Faugoo. Le ministre de la Jeunesse et des sports Devanand Ritoo, également député de la circonscription Pamplemousses / Triolet (N° 5), s'était fait représenter par son Public Relations Officer.

" On nous méprise. C'est pourquoi le ministre n'est pas venu à cette réunion ", lance un planteur à l'égard de ceux qui animaient la réunion, dont Mme Nathoo, cadre du ministère de l'Agro-industrie. Celle-ci tente de le calmer, lui précisant qu'elle prend des notes pour le ministère. La réponse du planteur ne s'est pas fait attendre : " Boukou papye koumsa finn al kot minis-la. Eski li gete mem sa ? Dime lapli tombe, tou demars teyn. "

Selon les planteurs de Triolet, tous les secteurs économiques du pays ont de l'eau en cette période sèche, même les établissements sucriers et les grands planteurs, sauf les petits planteurs. " Ne sommes-nous pas importants pour le développement de l'économie du pays ? " s'interrogent-ils. D'autres sont plus conciliants et font des propositions au ministère de l'Agro-industrie : réduire l'irrigation de 50 % et pas de 100 %, comme tel est le cas depuis la semaine dernière, afin de ne pas tuer les plantes ; une compensation adéquate pour permettre aux planteurs de sauver leurs investissements ; et consolider le captage d'eau en faisant construire des barrages additionnels à travers le pays.

Dans son intervention à cette réunion, Jayprakash Teeluck, l'acting director de l'Agricultural Research and Extension Unit (AREU), a demandé aux planteurs de ne pas prendre le risque de perdre leurs plantations en cette période de sécheresse. " Essayez de sauver ce que vous avez déjà planté ", a-t-il dit aux planteurs, avant d'indiquer qu'un total de 43 hectares de nouvelles plantations a été recensé au mois de janvier.

Ramesh Rajkumar, cadre de l'AREU, a fait ressortir pour sa part que, selon les scientifiques, l'eau deviendra une source de guerre à l'avenir dans le monde. De ce fait, a-t-il dit, " il faut partager cette précieuse ressource équitablement ". Il a dit qu'il y a encore de l'eau dans certains endroits du pays. " Il faut la capter et pourquoi ne pas mettre en place un service mobile d'irrigation ? " s'est-il demandé.

Kripalou Sunghoon, président de la Small Planters' Association (SPA), a quant à lui indiqué qu'un total de 400 planteurs cultivant environ 500 arpents de terre dans la région de Triolet sont actuellement dans une situation grave à cause du manque d'eau. " Certains viennent de mettre les semences en terre. Malheureusement, l'irrigation a cessé. Nous sommes donc dans une situation très grave. Si les pluies ne tombent pas dans les jours qui suivent, nous allons perdre nos investissements ", fait-il ressortir.