Depuis l’entrée en vigueur, le 1er janvier, de la nouvelle loi interdisant l’utilisation des sacs en plastique, ils sont nombreux les consommateurs à avoir du mal à se passer de tels sacs et à déplorer « le manque d’hygiène » engendré par l’interdiction des sacs en plastique. Par ailleurs, ils relèvent le flou subsistant quant aux types de sacs en plastique pouvant toujours être utilisés. Pour sa part, le président de la Consumer Advocacy Platform (CAP), Mosadeq Sahebdin, accueille favorablement la nouvelle loi, estimant qu’« il était temps d’en finir avec les sacs en plastique car il y avait trop d’abus ».
Pour l’heure, certains habitués des sacs en plastique soutiennent que « la nouvelle loi autour de leur interdiction n’est pas très claire. On avait mentionné que les sacs en plastique transparents pour les légumes, fruits et viande en supermarché pourraient toujours être utilisés. Mais tel n’est pas le cas dans tous les supermarchés », regrette ce couple, outré par la « manière inélégante dont on nous a repris dans un supermarché de l’ouest à l’utilisation d’un sac transparent ». Ayant acheté de la viande, les clients en question concèdent avoir utilisé un sac en plastique « par habitude mais surtout par mesure hygiénique, parce que même si la viande est déjà en barquette, elle dégouline toujours un peu. On a donc jugé bon de la mettre dans un sac en plastique transparent ».
Arrivés à la caisse toutefois, « sans courtoisie aucune, la caissière devait reprendre le sac en plastique pour nous dire d’utiliser un sac en papier. C’était pourtant mentionné dans les journaux, s’offusquent-ils, que les sacs en plastique transparents sont toujours utilisés pour les aliments dont les légumes, fruits et viandes. Mais la caissière a insisté. Que dit vraiment la loi ? », disent ces consommateurs, dans le flou.
Un autre déplore, lui, « le manque d’hygiène lorsqu’au marché on enveloppera nos viandes dans du papier. Qu’en est-il de l’encre sur ces papiers qui s’imprimeront sur nos viandes ? »
Pour sa part, reconnaissant qu’il y a une période d’adaptation à chaque nouveauté, Mosadeq Sahebdin, de la Consumer Advocacy Platform (CAP), estime que « les consommateurs doivent prendre leurs précautions en apportant leurs propres sacs. C’est normal qu’ils prennent un peu de temps avant de s’adapter ». Il se dit néanmoins d’avis que cette mesure aurait dû être adoptée depuis bien avant. « Les maraîchers, par exemple, avaient pris l’habitude de remettre un sac en plastique pour le moindre item acheté, un bouquet de coriandre ou pour un concombre. Il y avait un abus au marché ».
Le président de la CAP reconnaît que l’adoption des sacs en papier au supermarché prendra son temps, « le coût étant un facteur de découragement ». Mais, relève-t-il, « il était temps d’en finir avec les sacs en plastique. Il fallait pour cela une action énergique. Remarquez que malgré les campagnes de sensibilisation pour l’utilisation des poubelles, et ce depuis l’école primaire, les mauvaises habitudes perdurent. Il n’y a qu’à aller à la plage le soir pour voir le nombre de sacs en plastique laissés au gré du vent. L’utilisation des sacs biodégradables fait partie de la consommation durable. Celle-ci implique l’adoption d’habitudes de consommation qui ont le moins d’impact possible sur l’environnement ».
La CAP avertit toutefois que « la production de sacs en vacoas ne pourra satisfaire la demande. Il faudrait alors encourager la plantation du pandanus à grande échelle. Quant aux sacs en tissu, ils ne seraient qu’un palliatif car l’importation du tissu aura un impact sur l’économie. Il faudrait accorder des “incentives” pour la production de sacs biodégradables autres que le sac en vacoas ».