La Plastic Products Manufacturers and Users Association qui a perdu, hier, une première bataille en cour contre l’interdiction des sacs en plastique à partir du 1er janvier (voir plus loin) insiste sur la nécessité d’un moratoire de six mois. L’association regrette que les normes pour les nouveaux types de sac n’aient été publiées qu’un mois avant la date butoir, ce qui ne leur donne pas suffisamment de temps pour se réadapter.
La PPMUA, qui avait logé une injonction en cour contre la mise en application de cette nouvelle mesure le 1er janvier 2016, a été déboutée. Mais Ken Lim Sam, son président, insiste sur la nécessité d’un moratoire. « L’injonction concernait les ‘regulations’ qui avaient été publiés en août dernier.  Mais il y a eu des amendements, publiés le 4 décembre dernier comprenant de nouvelles normes. Pour nous, la demande d’un moratoire de six mois est toujours valable, compte tenu de ces nouvelles réglementations. »
Parmi ces nouvelles normes, il y a la nécessité d’imprimer sur les sacs. Or, ajoute le président de la PPMUA : « Cinq usines ne sont pas dotées de machines pour l’impression. » De même, les sacs biodégradables et compostables ont été ajoutés. « Nous n’avons pas les matières premières nécessaires pour cela. C’est difficile de s’en procurer dans un si court délai.»
Il fait également ressortir que la matière première pour les sacs écologiques coûte plus cher et certains petits fabricants doivent trouver les fonds nécessaires. Il regrette que leur demande pour un moratoire ait été refusée . « Nous continuerons à discuter avec les autorités, en espérant qu’ils vont comprendre notre situation. »
Ken Lim Sam précise que les fabricants ne sont pas contre la nouvelle loi, mais relève des problèmes d’ordre pratique quant au timing. « Même en France, où le projet de bannir le plastique a été préparé bien à l’avance, un moratoire a été accordé », fait-il ressortir.
Une quinzaine d’usines, la plupart des PME, sont concernées par cette mesure. Selon les responsables, si la situation n’évolue pas, des licenciements seraient inévitables. À la rentrée de janvier, des usines pourraient aussi se retrouver au chômage technique.
Dans une réponse à l’Assemblée nationale récemment, le ministre de l’Environnement, Raj Dayal, avait affirmé que l’interdiction est une mesure forte « which will allow leapfrogging from a throw-away society to an ecologically responsible one ».
Signalons que neuf types de sacs ne sont pas frappés d’interdiction, notamment, les sacs transparents pour les besoins alimentaires, les sacs poubelles, les sacs d’emballage et les sacs à des fins agricoles, entre autres.