SAKIFO MAURICE — Les artistes assurent, le public ne suit pas

C’est dans un magnifique décor, accentué par d’époustouflants effets de lumière, que le public a pu suivre la deuxième édition de Sakifo Maurice, vendredi et samedi au Centre Équilibre à Trianon. Invitée phare du festival, Camélia Jordana, en concert le premier soir, a surpris plus d’un par sa voix mélancolique et jazzy. Mais surtout par son aisance à s’approprier divers registres. De Non, non, non à Calamity Jane, en passant par les reprises de Walk like an Egyptian et Something on your mind, la jeune chanteuse française, qui vient à peine de lancer sa carrière, a fait preuve d’une maîtrise vocale incroyable. Un talent à suivre.

Richard Beaugendre, qui a ouvert le bal de ce premier jour de concert une heure plus tôt, a livré une performance digne de sa réputation. Accompagné de sa guitare et d’un percussionniste, le guitariste/chanteur a embarqué le public dans une belle aventure mélodieuse, ponctuée de textes poignants qui incitent à la réflexion.
C’est avec Menwar (en première partie) et le duo indien Kartick & Gotam que le public avait rendez-vous samedi. Le premier nommé a, comme à l’accoutumée, livré une performance des plus inspirées. Les deux artistes indiens, considérés comme la révélation de ce deuxième festival à Maurice, ont offert un beau spectacle, où se côtoyaient musique live et deejaying. Un nouveau concept qui semble connaître une certaine popularité depuis quelques années.

Une affiche internationale pas très convaincante, un tarif d’entrée quelque peu exagéré, un plan de communication qui semble avoir rencontré quelques failles… Dès le départ, il était évident que cette deuxième édition de Sakifo Maurice n’attirerait pas la grande foule. En effet, seuls quelque 150 personnes ont répondu présents à chacun des deux rendez-vous musicaux. Ce qui est regrettable, si l’on tient compte de l’effort déployé par les organisateurs pour offrir un spectacle de haute facture, notamment avec une sono et une scène dignes des grands concerts internationaux.