L’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) a ouvert une enquête pour déterminer qui aurait tenté de piéger l’homme d’affaires angolais Alvaro Sobrinho, proche ami de l’ex-présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, et directeur de Planet Earth Institute (PEI) en lui adressant un colis de 4,09 kg de cannabis estimé à Rs 2 454,000. À ce stade, la police estime que quelqu’un a voulu lui faire porter le chapeau et les soupçons se tournent vers une complicité interne au sein d’une société de courrier.

Les éléments du Customs Anti-Narcotics Section (CANS) de la Mauritius Revenue Authority (MRA) se sont rendus dans l’entrepôt d’une société de courrier le vendredi 15 juin pour une inspection. Ils étaient intrigués par un paquet en provenance d’Afrique du Sud sur le vol SA 190. Étant donné que ce pays est classé sous le “high risk country», les officiers ont passé la boîte au scanner où ils ont noté la présence d’une substance suspecte à l’intérieur. En l’ouvrant, ils ont découvert deux paquets rectangulaires refermant une certaine quantité de feuilles soupçonnées d’être du cannabis. Le chien Cassidy a été déployé et il a réagi positivement au colis. Un test rapide a confirmé qu’il s’agissait bien du cannabis.

Le paquet a été sécurisé et remis à l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) pour enquête. La police était surprise d’apprendre que le colis était adressé à Alvaro Sobrinho avec comme adresse Planet Earth Institute, Royal Park, Balaclava. Comme il y avait un numéro de téléphone dessus, un policier qui s’est fait passer pour un employé de la compagnie de courrier a pris contact au PEI pour leur informer que le colis d’Alvaro Sobrinho était arrivé. Mais après vérification, le personnel de l’homme d’affaires devait informer son interlocuteur que son patron n’attendait aucun paquet en provenance d’Afrique du Sud. Ne baissant pas les bras, l’ADSU a monté une opération de livraison contrôlée en accompagnant les employés de cette société de courrier au Royal Park à Balaclava, mais le personnel de l’homme d’affaires angolais a refusé de prendre livraison du colis. En plusieurs occasions, la police a tenté le coup, mais sans succès. Finalement, l’opération a été annulée mercredi.

Cependant, l’ADSU n’écarte pas la possibilité d’enregistrer un “statement” auprès d’Alvaro Sobrinho dans le sillage de son enquête. Pour le moment, les Casernes centrales estiment qu’il n’y a pas d’élément fort pouvant confirmer l’implication du directeur du PEI dans cette affaire d’importation de cannabis. Les soupçons se tournent plutôt vers une complicité au sein de la société de courrier. La police n’écarte pas la possibilité que quelqu’un ait inscrit le nom et l’adresse de cet homme d’affaires sur la boîte pour le nuire. Le plus grave, selon les enquêteurs, est qu’un employé de la compagnie de courrier était au courant que le colis renfermait de la drogue. Étant donné que le paquet a été manipulé par plusieurs personnes, les hommes du DCP Bhojoo n’ont pas souhaité effectuer de prélèvement d’empreintes dessus.