Les Casernes centrales ont officiellement sollicité l’aide de l’Independant Commission against Corruption (ICAC) pour faire la lumière sur la provenance des Rs 58 M saisies chez la famille Bolaki à Plaine-Verte le 1er juillet.

D’ailleurs, les officiers de ces deux institutions ont eu des séances de travail avec les hommes de Navin Beekarry, qui ont pris connaissance des derniers détails de l’enquête menée par l’équipe de l’ASP Hector Tuyau. Selon nos renseignements, l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU) enquêtera pour déterminer s’il y a un lien entre ce pactole et le monde de la drogue alors que la commission se concentra sur la provenance de ces millions de roupies, et sollicitera des “attachment orders” sur les biens des principaux protagonistes, si cela s’avère nécessaire. À ce stade, la police n’est pas en présence d’éléments solides pouvant confirmer que les Rs 58 M sont issues de blanchiment d’argent en provenance d’une source douteuse.

« D’où le fait de notre part de solliciter l’ICAC, qui dispose des mécanismes et des pouvoirs pour effectuer un exercice de “due diligence” sur les activités de cette famille », explique une source à l’ADSU. La police remettra également les documents à la commission pour mener à bien son enquête. Les enquêteurs de l’ICAC s’intéressent également à la provenance des devises et, à ce stade, la police n’est en présence d’aucun document d’un “money changer” légal qui pourrait confirmer d’où viennent les devises en dollars et euros saisies sur le couple Sameer Noobeebaccus/Anisah Bolaki alors qu’ils étaient en partance pour la Chine.

Cet aspect fera l’objet d’une enquête approfondie de la commission qui, jusqu’à preuve du contraire, soupçonne des cambistes marron d’être impliqués dans cette affaire. Les Disclosure Orders des juges siégeant en référé constituent la pièce maîtresse de cette enquête de Money Laundering avec l’ICAC ayant déjà développé une expertise en Assets Tracing. Entre-temps, la Mauritius Revenue Authority (MRA) a déjà débuté un exercice de vérification des transactions financières des sept magasins des Bolaki et procède à l’analyse des “Returns”, “VAT payment”, “invoices” et autres documents qui sont en leur possession.

Outre cet exercice, la MRA prendra des actions financières si les soupçons d’évasion fiscale sont avérés. De son côté, la matriarche de cette famille, Nazoolbee Bolaki (61 ans), a également remis à la police des reçus et autres documents financiers qui sont en phase de vérification. Par ailleurs, la sexagénaire est attendue au tribunal de Port-Louis ce mardi pour savoir si elle sera relâchée sous caution. Elle est la seule à être toujours en détention préventive tandis que les autres protagonistes, eux, sont en liberté conditionnelle. Un petit incident la concernant s’est produit hier, la police l’ayant conduite en cour alors que c’est aujourd’hui qu’elle devait se présenter devant un magistrat.