SALAIRE MINIMAL - NARENDRANATH GOPEE (FCSOU) : « Il faut retravailler la distribution des salaires dans le pays »

Le président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU) estime que « le salaire minimal devrait tourner autour de Rs 14 000 », et non Rs 7 000-Rs 8 000 comme recommandé par le National Wage Consultative Council (NWCC). D’où sa demande pour « retravailler la distribution des salaires ».
« Il faut réduire le ratio entre les salaires les plus bas et ceux les plus hauts. Avant de se pencher sur un salaire minimal, il faut retravailler la distribution des salaires dans le pays ». C’est en tout cas l’avis du président de la FCSOU, Narendranath Gopee, en ce qu’il s’agit des recommandations du NWCC sur le salaire minimal qui devrait entrer en vigueur en janvier 2018. Alors qu’un montant de Rs 7 000 à Rs 8 000 a été indiqué par le président du NWCC, pour la FCSOU, « d’après notre calcul, le salaire minimal devrait tourner autour de Rs 14 000 ». Pour éviter les risques de perte d’emploi, selon lui, « les patrons doivent faire des concessions et revoir leurs bénéfices ».
Le président de la FCSOU se dit contre la manière de procéder du NWCC dans le calcul du salaire minimal, soit une fraction du salaire médian. « Il y a des informations sur la distribution des salaires à Maurice qui font défaut. Nous n’avons pas de données concernant les salaires dans le secteur informel. Si nous voulons avoir un salaire moyen fiable, il nous faut les salaires de tous les employés, ensuite nous pourrons calculer une moyenne ».
Pour Narendranath Gopee, il y a plusieurs manières de calculer le salaire minimal. « On peut prendre un pourcentage du salaire moyen, c’est-à-dire, une moyenne et non pas le salaire médian. On peut en outre se baser sur le prix du basket and services à Maurice qui vient d’être calculé par le Bureau des Statistiques et qui s’élève à environ Rs 24 000. Et, quand on prend 60 % de Rs 24 000, cela nous donne Rs 14 400 ». D’où le chiffre proposé par la FCSOU.
Et d’ajouter : « Le président du NWCC nous laisse comprendre que la loi du NWCC veut que le calcul du salaire minimal soit un pourcentage du salaire médian, mais il sait bien qu’il y a d’autres méthodes de calcul. Il peut proposer au ministère du Travail d’amender la loi car nous devons réduire le ratio entre les salaires les plus bas et ceux les plus forts ». Pour le syndicaliste, le salaire minimal devrait pouvoir tenir compte de la réduction du Coefficient de Gini, qui détermine la distribution des revenus entre les employés. « Actuellement, il est de 0.43, ce qui est assez haut et qui montre donc une grande disparité dans la distribution des richesses dans le pays ».
Quid des risques de perte d’emploi s’il y a trop d’écart entre le salaire le plus bas et le salaire minimal ? « Certes, il y a des risques mais il faut que les salaires les plus forts baissent », soutient Narendranath Gopee. « Il faut d’abord travailler sur la redistribution des salaires avant de travailler sur le salaire minimal. Oui, il y aura des pertes d’emplois parce que les salaires les plus hauts se situent autour de Rs 500 000. Les patrons devraient faire des concessions et revoir leurs bénéfices. Beejaye Appanna devrait comprendre qu’il y a des familles où un seul membre travaille. Et, un salaire minimal de Rs 8 000 n’est pas suffisant pour nourrir quatre personnes. Il faut un salaire minimal qui puisse aider ces familles ».