SALAIRE MINIMAL - Rashid Imrith : « Impossible de vivre décemment avec Rs 8 000 »

Lors de sa conférence de presse le 12 avril dernier, le président du National Wage Consultative Council (NWCC), Beejaye Coomar Appanna, a indiqué que le salaire minimal, qui devrait être en vigueur en janvier 2018, sera une fraction du salaire médian qui est estimé à Rs 12 800 pour 2017. À une question de la presse, il a aussi avancé des chiffres de Rs 7 000-Rs 8 000. Ce qui pousse le président de la All Employees Confederation à réagir : « Il est impossible de vivre décemment avec Rs 8 000 ! » Pour le syndicaliste, « les patrons sont déjà en train d’applaudir ce chiffre ».
« Nous ne sommes pas contre que le président du NWCC s’adresse à la presse mais il ne peut annoncer des choses qui n’émanent pas du conseil. Par exemple, il a parlé du chiffre médian, d’une fraction du salaire médian et a aussi parlé de Rs 7 000 à 8 000 comme possible salaire minimal. Les patrons sont déjà en train d’applaudir ces chiffres », déclare Rashid Imrith, qui est un des syndicalistes siégeant au NWCC. Il déplore par ailleurs le fait que « trois comités au sein du NWCC sont en train d’accomplir des tâches différentes dont un sur l’impact de l’introduction du minimum wage. Ensuite, un autre se penche sur les pay components pour décider d’un minimum wage et un autre sur les transitions qu’il importe de suivre pour implémenter les décisions du Conseil ». Selon lui, « il y a unanimité parmi les membres qu’avant d’annoncer une décision à la presse, il faut qu’il y ait eu discussion au niveau du Board. Nous, en tant que syndicalistes, n’avons pas cette habitude de nous voir mis devant un fait accompli. Nous n’avons pas l’habitude de travailler avec un président à la Donald Trump où tout pouvoir est entre ses mains ». Il estime qu’il est dans l’intérêt de Beejaye Appanna d’avoir une réunion avec son Conseil « pour que chacun mette les points sur les i et pour que nous décidions du modus operandi. Il y a actuellement un sentiment d’inconfort qui s’est installé ».
Pour Rashid Imrith, qui a déjà annoncé le chiffre de Rs 18 000 comme attente de la part de son syndicat, « le salaire minimal doit représenter une somme que l’employé puisse ramener à la maison pour faire vivre sa famille décemment. Avec Rs 8 000, il est impossible d’atteindre cet objectif ». Quid des risques de licenciement que comporte l’écart entre ceux qui touchent très peu et un salaire minimal de Rs 18 000 ?
« Les compagnies qui sont en difficulté doivent recevoir l’aide du gouvernement. Il doit y avoir une politique d’équité. Le gouvernement pourrait accorder des allocations pour l’eau, l’électricité. Ce sera en quelque sorte un salaire indirect payé par l’État. Pour nous, rien n’est impossible. Si le gouvernement a annoncé un salaire minimal dans sa campagne, il doit proposer un chiffre décent et l’implémenter ».
Le président de la All Employees Federation rappelle par ailleurs que le Conseil avait décidé d’écrire à chaque parti politique, que ce soit au niveau du gouvernement et de l’opposition, pour que chaque politicien indique son estimation de ce que devrait être le salaire minimal. « Nous voulons que les politiciens s’impliquent et après avoir recueilli tous ces chiffres, nous déterminerions un salaire minimal. Il faut attendre ces chiffres », insiste-t-il.
Pour Rashid Imrith, « nous nous dirigeons vers un état d’urgence. Il s’agit des employés du pays et pas que de ceux qui gagnent un minimum vital. Il faut une politique de correction. Il est urgent que le Conseil se rencontre pour prendre connaissance du mécontentement de la population ».