À l’issue d’une réunion du National Wage Consultative Council (NWCC), hier, les syndicalistes n’affichaient pas la satisfaction. Pour le président de la Fédération des Syndicats du Secteur public et de la All Employees Confederation, Rashid Imrith, « le problème reste entier car il y a eu divergence autour du montant du salaire minimum ». Si selon lui, le salaire minimum ne devrait pas être en dessous de Rs 10 000, le président du Conseil des Syndicats, Dewan Quedou, estime qu’il devrait se situer entre Rs 11 000 et Rs 12 000. Beejaye Appanna indique pour sa part que « les diverses options sont toujours à l’étude ; le rapport devrait être soumis au GM fin octobre ».
« Depuis le début des travaux, le directeur du NWCC a parlé de Rs 8 000 à Rs 8 500 et les sous-comités ont eu comme directive de travailler sur ces chiffres. Tout indique qu’on va vers ce montant », estime-t-il. Pour le président de la All Employees Confederation, « le salaire minimum ne devrait pas être de moins de Rs 10 000. D’après la National Wage Consultative Act, il nous faut prendre une fraction du salaire médian pour obtenir un salaire minimum. Or, d’après le Bureau des Statistiques, à décembre 2016, le salaire médian était de Rs 12 500. La loi veut qu’on prenne un pourcentage de ce salaire médian mais elle ne précise pas quel pourcentage. Nous, nous avons pris 80 % de Rs 12 500, qui nous fait Rs 10 000. Et, nous n’avons pas tort car Pravind Jugnauth a introduit dans le dernier Budget le concept de Negative Income Tax où l’État viendra en aide à tout employé qui perçoit moins de Rs 10 000. C’est un soutien qui prendra effet à partir de 2018 et le salaire de ceux qui perçoivent moins de Rs 10 000 en sera rapproché ». Rashid Imrith observe d’autre part que « les patrons n’ont jusqu’ici avancé aucun chiffre qu’ils pourront payer à leurs employés ».
Il avance que les deux sous-comités du NWCC, soit Pay Component et Finance and Economic Issues, « travaillent d’après le chiffre de Rs 8 500 ». Il regrette qu’un consensus n’ait pu être atteint hier lors de la réunion du NWCC. « Le directeur du NWCC laisse voir que le chiffre de Rs 8 500 est hypothétique, mais on aurait dû travailler sur un autre chiffre hypothétique de Rs 10 000. Si le salaire minimum est de Rs 8 500, une personne qui touche Rs 8 500 n’aura rien. Nous ne sommes pas d’accord que les bonus d’un employé soient intégrés dans son salaire. Il faut se baser seulement sur le salaire recommandé, par exemple Rs 6 000 ou Rs 7 000, sans les bonus ».
Autre point soulevé par les syndicalistes hier : un décalage qui sera engendré suite à l’introduction du salaire minimum. Rashid Imrith est d’avis qu’il importe de revoir tous les salaires des employés après l’introduction du salaire minimum car « il y aura un décalage dans la relativité entre celui qui touchait par exemple Rs 6 000 et celui qui a plus de responsabilité et qui touchait Rs 11 000. Si le premier touche Rs 10 000 après le salaire minimum, le second touchera toujours Rs 11 000 ».
De son côté, Dewan Quedou, président du MTUC, estime que le salaire minimum devrait se situer entre Rs 11 000 et Rs 12 000. « Le coût de la vie n’a cessé d’augmenter les cinq dernières années et le gouvernement n’a pas revu les salaires à 100 %. Au niveau du Conseil des Syndicats, nous étudierons la question cette semaine ».
Le directeur du NWCC, Beejaye Appana, indique que le comité est au stade de rédaction et que le rapport devrait être fin prêt fin octobre pour être remis au gouvernement. « Nous avons encore d’autres réunions et d’autres sous-comités. Nous travaillons d’arrache-pied ».