L’affaire fait grand bruit dans les milieux du secondaire privé : Reza Issack, député de la majorité, perçoit des salaires d’enseignant de la PSSA alors qu’il n’a pas de work-load, voire de time-table, depuis le début de l’année. Les inspecteurs de la PSSA qui ont fait cette découverte le mois dernier, alors qu’ils procédaient à une analyse de l’emploi du temps de chaque enseignant du secteur, ont déjà soumis leur rapport sur ce cas à la direction de la PSSA. Interrogé par Le Mauricien, Jacques Pereira (manager du Bhujoharry College) avance : « Reza Issack donne un coup de main dans l’administration de notre Junior School ; il a un emploi du temps.»
Tous ceux qui perçoivent un salaire de la Private Secondary Schools Authority, à l’exception des employés qui sont en congé avec paye, doivent obligatoirement travailler selon le nombre d’heures requis par les règlements. Cependant dans le cas des enseignants élus députés à l’Assemblée nationale, la PSSA depuis l’an dernier a décidé pour eux —  après discussions avec les parties concernées et après avoir analysé toutes les implications – d’un time-table plus flexible afin de leur permettre de remplir leurs obligations auprès de leurs mandants respectifs. Ils doivent ainsi travailler obligatoirement pour un minimum de 22 periods par semaine  Mais ils peuvent aussi choisir de ne pas travailler pendant leur mandat de député et dans ce cas-là faire une demande pour un leave without pay. A souligner aussi que ceux qui occupent le poste de ministre ou de PPS demandent un congé sans solde pour exercer ces fonctions.
Reza Issack, député de la circonscription n° 19, n’a pas demandé non plus de congé sans solde. Il devrait donc être à son poste d’enseignant et travailler ses 22 periods par semaine. Or, contrairement aux autres députés qui sont dans la même situation que lui, ce député n’a pas d’emploi du temps depuis le début de l’année mais continue à percevoir ses salaires. Selon nos informations, il est présent chaque matin à son lieu de travail pour signer le registre de présence mais ne ferait pas de classes. Ses collègues qui enseignent la même matière que lui auraient protesté à voix basse à plusieurs reprises, mais par peur n’oseraient pas en parler ouvertement.
Ce sont les inspecteurs de la PSSA, récemment lors d’un exercice de vérification de time-table de chaque enseignant dans tous les collèges privés subventionnés, qui ont découvert le pot-aux-roses. Ils aperçoivent que cet enseignant parlementaire n’avait pas d’emploi du temps depuis le début de l’année et qu’il percevait néanmoins des salaires. Une situation que les officiers de la PSSA jugent  «inadmissible et choquante» et ils n’ont pas manqué de faire part de leurs observations sur cette anomalie à la direction du collège concerné. Les inspecteurs ont écrit à la direction du Bhujoharry College en vue de clarifier la situation concernant l’emploi du temps de Reza Issack. A ce matin, ils n’étaient toujours pas en présence d’une réponse. Par ailleurs, ils ont ensuite soumis un rapport sur ce cas à la direction de la PSSA. Selon les commentaires des inspecteurs, puisque cet enseignant n’a pas de time-table, soit qu’il devrait être un redundant teacher soit qu’il devrait être on leave without pay. C’est à la direction de la PSSA maintenant de prendre une décision.
Mais au sein du collège certains employés craignent qu’un time-table fictif n’apparaisse éventuellement dans le dossier de cet enseignant parlementaire.