Une lettre circulant depuis quelques jours au sein du Mauritius Examinations Syndicate (MES) et faisant état du recrutement de l’épouse d’un conseiller au ministère de l’Education pour le poste d’Examinations Officer, fait l’objet de vives discussions. D’après cette lettre envoyée à l’ICAC, cette nouvelle employée percevrait en effet des sa- laires plus élevés que ce qui est prévu par le Pay Research Bureau (PRB). Du côté du MES, on réfute les allégations de trafic d’influence en affirmant que « tout a été fait dans la transparence et selon le PRB ».

Il s’agit d’une lettre anonyme mais qui contient beau- coup de détails précis. Selon les dénonciateurs dans cette lettre, les salaires de cette femme correspondaient à ceux d’un employé comptant sept années de service. Les dénonciateurs reconnaissent que le PRB recommande une augmentation de salaires « in exceptionnal cases of very and scarce personnel » mais « pas de cette envergure », affirment-ils. A leur avis, la personne ayant décroché ce job « cannot be that very rare and scarce ressource ».

« Does this not represent a trafic d’influence from decision makers or from those who pull the strings ? » questionnent les dénonciateurs, qui demandent à l’ICAC d’enquêter sur ce cas. Ils soulignent aussi dans cette lettre la présence d’au moins deux personnes proches du ministère de l’Education au sein du board du MES, soit le directeur du board de la PSEA et le Permanent Secretary de ce ministère.

Par ailleurs, la Mauritius Examinations Syndicate Staff Union, en présence d’une  copie de cette lettre, a écrit à la direction de cet organisme pour dire que les allégations qui y ont été formulées « ont soulevé des préoccupations parmi les employés » et que ces derniers se tournent mainte- nant vers leur syndicat « pour avoir des éclaircissements ».

Le syndicat ajoute que cette lettre donne lieu à des « un- warranted gossisp and specu- lations » et demande alors à la direction du MES « de pren- dre des actions immédiates pour réfuter de telles alléga- tions ». Ils préviennent qu’un manque de communication de la part de la direction du MES « conduira tous les employés à déduire que l’allégation est fondée » et qu’une telle situ- ation pourrait donner lieu à un manque de confiance en l’institution.

Dans une autre lettre envoyée cette fois au Premier ministre, la Mauritius Examinations Syndicate Staff Union parle de la perception au sein du MES selon laquelle un « red carpet treatment » a été offert au proche d’un conseiller du ministre de l’Education, et ce syndicat lui a envoyé une copie de la lettre anonyme adressée à l’ICAC.

Selon nos renseignements, des enquêteurs de l’ICAC se sont déjà rendus en pas moins de trois occasions au MES durant la semaine écoulée. Du côté de l’organisme, on repousse ces allégations portant sur un éventuel trafic d’influence. « Selon les règlements, une personne quittant un organisme régi par le PRB pour prendre de l’emploi au MES perçoit des salaires équivalant à ce qu’il touchait dans son ancien poste », explique un officier.

Selon ce dernier, l’épouse du conseiller à l’Education était une Educator d’un collège privé subven- tionné et, de ce fait, pouvait prétendre, soutient-on, aux salaires qu’elle touchait dans son précédemment emploi, qui était régi selon le PRB. « Il n’y a pas de polémique », dit cet officier.