Si l'on rencontre une inquiétante difficulté, dont on peut craindre qu'elle ne soit insurmontable, à dire, si tant est qu'on sache ce que c'est, si et quand une œuvre est réussie, par contre, il semble bien qu'il n'y ait rien de plus facile que l'identification de l'œuvre non réussie, de l'œuvre médiocre et mauvaise qui déshonore celui ou celle qui en aura eu la regrettable inspiration, et qui répugne même à celui ou celle qui, sachant lire, ne manque jamais de faire preuve de bienveillance et de générosité, sans toutefois se départir de la rigueur nécessaire à l'exercice de sa dignité personnelle, mais, pour ardu que soit l'exercice, dont on ne sait s'il n'est plus vain qu'indispensable, consistant à reconnaître l'œuvre belle, profonde et parfaitement irréprochable, il est possible d'affirmer que, quand on ne peut d'une œuvre, quelle soit musicale, picturale, littéraire, bref quelle qu'elle soit, détacher le moindre fragment, la part invisible qui ne cesse, à la faveur de, par la grâce de la lecture, de s'y ajouter, l'enrichissant sans cesse sans la vraiment modifier, comprise, sans qu'il n'en incontinent se produise un effondrement dont le silence est encore plus bruyant et effrayant, pour ceux-là seuls toutefois qui savent lire et ils ne sont jamais, s'il y en a, très nombreux, que le tonnerre lui-même quand il surprend le promeneur solitaire sur les hauteurs montagneuses, et qui la démolit, l'on est alors, enfin, en présence d'une réussite incontestable, car il s'agit, s'agirait d'un travail dont chaque pièce est absolument et également primordiale et auquel, les ajouts multiples et bien réels de la lecture nonobstant, il ne s'ajoute rien, il ne s'y peut rien ajouter, vu qu'il n'y manque rien : rien ici de gratuit et rien de superfétatoire non plus, et sans cela, il n'y a probablement rien qui vaille quelque attention.
Mais attention ! Tout ceci est d'abord et avant tout affaire de lecture : lire, cette (presque ?) impossibilité, à tout et à tous appliquer, avec toute la tension requise, l'attention nécessaire au respect en toute circonstance de l'intégrité et de l'authenticité de l'autre, quel qu'il soit : chose, plante, animal, ou encore, comme on dit, humain. Tout ceci est affaire de sans ; sans ce sans de la lecture, auquel il faudra consacrer tout son sang et dont on ne peut jamais être assuré, le risque du sang est toujours infiniment plus grand, même s'il peut sembler qu'il n'en soit rien, qu'il ne se passe rien, qu'on ne le pourrait craindre ou imaginer.
Commentaires
wouah,disan nek!penann tradiksion kreol?
Cher monsieur vous devez être le recordman de la plus longue phrase jamis écrite. Bravo! Mais vous voulez dire quoi au fait?