Il n’y aurait plus de négociations entre le syndicat et le ministère de la Santé. Ce qui serait à la source de divers problèmes dans les hôpitaux. C’est ce qu’ont déploré la Ministry of Health Employees Union (MoHEU) et la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), hier, lors d’une manif devant l’hôpital de Moka. Sur leurs pancartes, les représentants des deux groupes dénonçaient le « manquement du ministère de la Santé » ; le non-respect des droits syndicaux, le manque de sécurité pour le personnel hospitalier entre autres.
‘Na pa tous droi konstitisyonel travayer’. C’est ce qu’on pouvait lire sur une banderole hier devant l’hôpital de Moka. Selon la MoHEU, « la ‘Freedom of Association’, garantie par la Constitution de notre pays permet aux organisations de se réunir librement pour faire leur travail. Le 16 mars 2016, la MoHEU avait organisé son Assemblée générale (AGM) comme toutes les associations reconnues par la Registrar of Associations. Un syndicat ne peut exister s’il ne tient pas son AGM. Or, quand nos membres ont demandé un ‘time-off’, on ne les a pas laissés s’y rendre et l’assemblée n’a pu avoir lieu » fait-on ressortir à la MoHEU. De plus, selon l’association, « la direction de l’hôpital de Moka a à plusieurs reprises tenté d’empêcher nos membres de s’adonner à leurs activités syndicales. On a même fait de fausses allégations, ternissant l’image de la MoHEU ». Selon le président de la MoHEU, «  le management de l’hôpital de Moka a tenté de remettre en question le ‘time off agreement’ signé entre le ministère et notre syndicat ». Le président du syndicat indique avoir  adressé une lettre au Senior Chief Executive de la Santé, plus une copie au ministère et une autre au Bureau du Premier ministre « pour dire que ce droit fondamental a été bafoué ».
Pour Amaljeet Seetohul, le concept ‘Health and Safety’ « n’existe que sur papier. En pratique, il n’y a rien. Le système de sécurité ne fonctionne pas dans les hôpitaux. Nous avons toujours souligné l’importance que les vigiles soient formés et non pas prendre n’importe qui pour assurer ce travail ». Le président du syndicat ajoute avoir déjà suggéré qu’il y ait un ‘monitoring control room’ dans chaque hôpital. « Actuellement, à l’hôpital de Moka, l’enregistreur vidéosurveillance se trouve dans le bureau du directeur qui n’a pas une formation dans ce domaine ». Toujours concernant le manque de sécurité, il cite un exemple à l’hôpital de Moka : « Il y a trois semaines, on a changé une couchette pour une qui est plus abîmée. Celle qui était en bon état a été utilisée pour recevoir des documents…Quand nous avons fait voir à la direction que cela constituait un danger pour les patients handicapés qui risquent de tomber, celle-ci a répondu qu’elle n’y voyait aucun problème. Cela va à l’encontre des droits des patients » estime le président de la MoHEU.
Il rappelle que le Bureau international du travail a déjà sorti un premier rapport dans le cadre d’une enquête sur une « violation de droits syndicaux par le ministère » rapportée par la MoHEU. « Le rapport final sortira incessamment » selon le syndicat.
« Aujourd’hui, le personnel de l’hôpital de Moka travaille dans un environnement qui va à l’encontre de la loi du travail. Le service est affecté et les patients payent les conséquences. La vision 2030 du gouvernement pourra-t-elle être réalisée avec ce type de gestion ? » se demandent les manifestants. Si le ministère ne prend pas les mesures appropriées, la MoHEU compte organiser une autre manif devant le ministère.