SANTÉ - PREMIERS SECOURS : Des gestes qui sauvent

Ce dimanche 10 septembre marquera la Journée mondiale des premiers secours. L’occasion pour Rajen Ramkalawon et Pierrot Armance, respectivement Administrative Manager et secouriste au St John Ambulance Mauritius, d’expliquer l’importance des premiers gestes qui permettent de sauver des vies et prévenir des traumatismes. Ils incitent le public à entreprendre une formation en secourisme, non seulement pour se pourvoir en connaissance et techniques requises afin d’intervenir efficacement, mais aussi pour acquérir la confiance en soi, indispensable pour agir en cas de besoin.
Apprendre à sauver une personne qui s’étouffe, prodiguer un massage cardiaque : autant de réflexes qui peuvent sauver des vies avant l’arrivée des secours. Des gestes qui peuvent faire la différence entre la vie et la mort, à condition qu’il se trouve quelqu’un pour agir sans délai et avec compétence. “Chaque jour, des anonymes administrent les premiers secours, accomplissant ainsi la première étape de la chaîne de survie au profit des victimes. Nul besoin d’être un professionnel de la santé pour sauver des vies”, affirme Rajen Ramkalawon, Administrative Manager au St John Ambulance Mauritius.
Secouriste depuis vingt ans, Pierrot Armance souligne qu’il est indispensable de se former. Sans formation, il est impossible de donner son aide correctement. Il souhaite que “cette démarche de suivre un cours de secouriste devienne automatique chez chaque individu. La plupart d’entre nous ont été confrontés – ou le seront un jour ou l’autre – à une situation nécessitant une intervention de premiers secours. L’aptitude à sauver des vies repose sur des connaissances qui peuvent être apprises par n’importe qui”.

Premières observations.
Les premiers secours, c’est d’abord savoir prendre l’information, s’adapter, aller à l’essentiel et bien alerter. Il faut connaître les bases de ces gestes plutôt simples à apprendre mais qui peuvent se révéler cruciaux quand la situation l’exige.
Pierrot Armance nous donne quelques-unes de ses bases. “Si on se met soi-même en danger, cela risque de compliquer la situation.” Il faut d’abord évaluer les conditions de sécurité et vérifier qu’il n’existe aucun risque. “Vous ne faites rien sans vous présenter et expliquer à la victime ce que vous allez faire afin de la rassurer.” Ce n’est qu’après cela que vous vérifiez que la personne est consciente et respire normalement.
Ces premières observations sont des éléments importants à transmettre aux secours. “Nous ne sommes pas médecins. Nous sommes là pour aider à ne pas aggraver la situation. Donc, il faut impérativement demander l’aide des professionnels”, précise notre interlocuteur. “Personne n’est à l’abri de stress ou de panique. Néanmoins, il faut être capable de dispenser les gestes de façon calme et non précipitée. Chaque seconde est précieuse et demande toute votre attention et toute votre maîtrise. Ne jamais entreprendre au hasard ou en se fiant à son instinct.”


Étouffement
L’intervention :
Tenez-vous sur le côté et un peu en arrière de la victime.
Penchez-la vers l’avant en soutenant sa poitrine d’une main, ce qui permettra à l’objet obstruant les voies aériennes de ne pas s’enfoncer davantage dans la trachée.
Donnez un maximum de cinq claques dans le dos de la victime (entre les omoplates).
Si les claques dans le dos n’ont pas d’effet, effectuez un maximum de cinq compressions abdominales.
Tenez-vous derrière la victime et placez vos bras autour de la partie supérieure de son abdomen.
Penchez la victime vers l’avant.
Placez un de vos poings fermés entre le nombril et l’extrémité inférieure du sternum.
Maintenez votre poing en place à l’aide de votre autre main. Enfoncez fortement votre poing vers vous et vers le haut.
Si le problème n’est toujours pas résolu, alternez cinq claques dans le dos et cinq compressions abdominales.

Inconscient
L’intervention :
Vérifiez que la victime ne réagit pas.
Libérez les voies aériennes en plaçant une main sur le front de la victime et basculez délicatement sa tête vers l’arrière. Puis, positionnez l’extrémité des doigts de l’autre main sous le bout du menton de la victime et soulevez celui-ci pour décoller la langue du fond de la gorge et dégager ainsi les voies aériennes. N’exercez aucune pression sur la région molle située sous le menton pour ne pas entraver la respiration.
Vérifiez que la victime respire, c’est-à-dire que la poitrine se soulève et s’abaisse régulièrement. Puis, écoutez les bruits de la respiration en approchant votre oreille de sa bouche. Essayez de sentir le souffle de sa respiration en plaçant votre joue près de sa bouche pendant dix secondes.
Tournez la victime sur le côté en position latérale de sécurité. Disposez le bras de la victime le plus proche de vous à angle droit de son corps. Pliez ensuite son coude tout en gardant la paume de sa main tournée vers le haut.
Placez-vous à genoux ou en trépied à côté de la victime.
Saisissez l’autre bras de la victime d’une main, placez le dos de sa main contre son oreille, de votre côté.
Maintenez la main de la victime pressée contre son oreille, paume contre paume.
Attrapez la jambe la plus éloignée de vous avec l’autre main, juste derrière le genou, et relevez-la tout en gardant le pied au sol.
Placez-vous assez loin de la victime, au niveau de son thorax, pour pouvoir la tourner sur le côté vers vous, sans avoir à reculer.
Faites rouler la victime en tirant sur sa jambe jusqu’à ce que le genou touche le sol.
Dégagez doucement votre main de sous la tête de la victime en maintenant son coude de votre autre main afin de ne pas entraîner sa main et d’éviter ainsi toute mobilisation de sa tête.
Ajustez la jambe située au-dessus, de sorte que la hanche et le genou soient à angle droit.
Ouvrez la bouche de la victime d’une main, avec le pouce et l’index, sans mobiliser la tête, afin de permettre l’écoulement des liquides vers l’extérieur.
Demandez à quelqu’un d’appeler les secours ou allez chercher de l’aide si vous êtes seul.
Vérifiez régulièrement la respiration de la victime jusqu’à l’arrivée des secours.

Arrêt cardiaque
L’intervention :
Commencez par effectuer 30 compressions thoraciques.
Pratiquez ensuite 2 insufflations.
Alternez 30 compressions thoraciques et 2 insufflations.
Continuez la réanimation jusqu’à ce que les secours d’urgence arrivent et poursuivent la réanimation, ou que la victime reprenne une respiration normale.
Placez la victime sur un plan dur, le plus souvent à terre.
Agenouillez-vous à côté de la victime.
Placez le talon d’une de vos mains au milieu de sa poitrine nue.
Placez le talon de l’autre main sur votre première main.
Solidarisez vos deux mains. N’appuyez ni sur les côtes, ni sur la partie inférieure du sternum.
Positionnez-vous de façon que vos épaules soient à l’aplomb de la poitrine de la victime. Bras tendus, comprimez verticalement le sternum en l’enfonçant de 5 à 6 cm.
Après chaque pression, laissez la poitrine de la victime reprendre sa position initiale afin de permettre au sang de revenir vers le cœur. Maintenez vos mains en position sur le sternum.
 

La durée de la compression doit être égale à celle du relâchement de la pression de la poitrine.
Effectuez 30 compressions thoraciques à une fréquence de 100 par minute, soit environ 2 compressions par seconde.
Pratiquez ensuite 2 insufflations par la technique du bouche-à-bouche.


Erreurs à ne pas commettre
Les premiers réflexes de secours ou certaines idées reçues ne sont pas vraiment bons. Voici quelques exemples d’erreurs à ne pas commettre :

Ne pas déplacer quelqu’un qui a eu un accident
En cas d’accident, il faut éviter de toucher la victime et essayer de la sortir de la voiture. Cela dit, la règle est à analyser en cas d’incendie du véhicule. Il faut d’abord appeler une ambulance. Puis, comme premiers soins, juste essayer d’arrêter les saignements. Le plus important est d’apporter un soutien psychologiquement la personne en lui parlant.

Ne jamais mettre d’objet dans la bouche de quelqu’un qui fait une crise d’épilepsie
Pendant une crise d’épilepsie, la personne peut se mordre la langue mais en aucun cas la sectionner ou l’avaler. Pour intervenir, il faut simplement prendre quelque chose de mou, comme un coussin ou un vêtement et placez-le lui derrière la tête afin d’éviter une commotion cérébrale. Quand les convulsions sont finies, mettre la personne en position latérale de sécurité.

Ne mettez pas immédiatement de la crème sur une brûlure
Lors d’une brûlure, la peau reçoit un excès de chaleur qui pénètre les tissus. La meilleure chose à faire dans cette situation est de tremper la zone affectée dans de l’eau fraîche pendant 15 minutes. Cela permet d’éliminer l’excès de chaleur. Il ne faut surtout pas appliquer de crème ou de beurre tout de suite après la brûlure, au risque de créer un effet de serre et d’empirer le cas.


Cours de secourisme au St John Ambulance
La St John Ambulance, basé à Curepipe, compte plus de 500 bénévoles à Maurice et fait partie d’une organisation internationale présente dans plus de 60 pays. L’organisme effectue un important travail pour promouvoir les cours et les formations aux premiers soins. “Nous espérons dans un proche avenir étendre nos activités dans les écoles, car plus on commence tôt, plus on pourra sauver des vies”, confie Rajen Ramkalawon.
St John Ambulance encadre également plusieurs activités sportives, sociales et événementielles. Parmi les projets en cours : un Home days’ care, qui consiste à offrir une formation pour les personnes s’occupant des personnes âgées ou malades chez eux.
À noter que le prochain cours de First Aid (MQA accredited) est programmé du 23 septembre au 11 novembre, au tarif de Rs 2,100 par personne.