Depuis la découverte de la fraude dans des scripts de candidats pour l’épreuve en hindi et de Litterature in Hindi lors des examens du SC en 2014, le Mauritius Examinations Syndicate (MES) a soumis deux rapports complets au ministère de l’Education. Mais ce n’est qu’en octobre dernier, soit au début de la période des examens de SC/HSC, que ce scandale a éclaté au grand jour. Lucien Finette, l’ancien directeur de cet organisme, avait soumis un rapport au ministère en décembre 2014 et Brenda Thanacoody-Soburun, l’actuelle directrice, a soumis un autre au mois de novembre. Mais les autorités gardent un silence total sur cette affaire, que les syndicats d’enseignants jugent « choquante » et « extrêmement grave ».
Pour rappel, une quinzaine de scripts de candidats avaient été manipulés par un haut responsable pour l’examen de ces deux matières. Ce dernier avait modifié les réponses initiales des candidats en y apportant des éléments additionnels de sa propre écriture. Dans les milieux du MES, on affirme que les faits entourant cette fraude ont déjà été établis depuis l’année dernière. Le comité mis sur pied en août dernier par la direction du MES avait pour attribution, sur la base des faits, de recommander les sanctions devant être prise à l’encontre de la ou des personne(s) ayant fauté. Dans une déclaration au Mauricien au mois d’octobre, la directrice du MES avait donné l’assurance que, « dans un souci de transparence », elle rendra publiques les conclusions de ce comité. « Ce comité a déjà soumis son rapport et a préconisé des sanctions. La balle est maintenant dans le camp du ministère », confiait au Mauricien cette semaine un cadre du MES.
Il y aurait au moins cinq « ressource persons » concernées par ce cas de fraude, en l’occurrence des enseignants du secondaire. Ces personnes ont été mises à l’écart de l’organisation des derniers examens de SC/HSC mais aussi de toutes les activités et événements organisés par le MES. Selon nos renseignements, cette mesure n’a pas plu à certaines d’entre elles.
Jusqu’ici, le ministère de l’Education n’a pas communiqué sur ce cas d’irrégularité aux examens de SC de 2014. « Il s’agit d’un examen à portée nationale et internationale. Pourquoi la ministre de l’Education reste-t-elle silencieuse sur ce cas de fraude ? » se demandent plusieurs personnes dans les milieux du secondaire d’Etat et privé. Faute de communication officielle, des questions demeurent : quelle a été la réaction de Cambridge en prenant connaissance des faits ? L’organisme britannique a-t-il préconisé certaines sanctions ? Y aurait-il eu quelque forme de complicité entre les candidats dont les scripts ont été modifiés et les « ressources persons » concernées par cette affaire ? Les résultats obtenus par ces candidats reflètent-ils leurs performances ?
Soulignons que la correction des scripts pour l’examen de Hindi/SC se fait localement. Dans les milieux concernés, on se demande si la correction de cette épreuve par voie électronique à compter de cette année ne serait pas une conséquence des problèmes rencontrés l’an dernier.