Le contrat de Rs 1,2 milliard pour la réalisation du projet de la Biometric ID Card pourrait faire l’objet d’une double enquête au criminel. Depuis le mois d’août dernier, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC), suite à une initiative de Maharajah Madhewoo, a démarré une première enquête sur les dessous de l’octroi de ce contrat, qui suscite la controverse depuis sa conception et plus particulièrement depuis son lancement en octobre 2013. En cette fin d’année, après une analyse des différentes procédures, l’Office of Public Sector Governance sous la tutelle du ministère de la Bonne gouvernance a pris la décision de diligenter une autre enquête en vue de déterminer les circonstances dans lesquelles le coût de ce contrat a presque triplé pour atteindre le chiffre faramineux de Rs 1,2 milliard et de confirmer si toutes les procédures du Public Procurement Act ont été suivies à la lettre. Dans les deux cas, la cible n’est nulle autre que l’ancien Project Director du Mauritius National Identity Card Scheme, Rama Rao. Néanmoins, dans l’immédiat, la préoccupation majeure de Maharajah Madhewoo est de réunir les fonds nécessaires pour les besoins de l’appel autorisé contre le jugement de la Cour suprême devant le Privy Council.
Maharajah Madhewoo multiplie les initiatives et frappe à toutes les portes possibles pour s’assurer des moyens financiers de cet appel devant le Judicial Committee of the Privy Council. Mais rares ont été les réponses positives. Dans un premier temps, il a écrit à deux reprises au Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, en vue d’obtenir des fonds pour le Biometric National Identity Court Case en appel. A ce jour, aucune réaction n’a été notée du côté du Prime Minister’s Office. Deux lettres réclamant la permission en vue d’organiser une collecte publique ont été transmises au commissaire de police, Mario Nobin. Ces requêtes sont demeurées sans réponse.
Du côté de la présidence de la République, qui a été sollicitée dans le même souffle, la position officielle est que le President’s Fund ne prévoit pas de disposition pour ce genre de financement. Une somme de Rs 1,5 million s’avère être le minimum pour enclencher les procédures devant le Privy Council contre l’introduction de la Biometric ID Card. « It begs the question : how many people really care for their fundamental democratic rights », se demande Maharajah Madhewoo, quelque peu amer devant la reaction amorphe notée à ce jour.