La séance de l’Assemblée nationale a été houleuse suite à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition vendredi après-midi. Maya Hanoomanjee a tour à tour expulsé les députés du MMM Rajesh Bhagwan et le Paul Bérenger. Les deux ont refusé de quitter l’hémicycle, ce qui a contraint la Speaker à suspendre la séance pour une dizaine de minutes. À la fin de la PNQ, le Leader of the House, Pravind Jugnauth, devait intervenir pour une exemption aux Standing Orders afin de permettre un éventuel night-sitting quand le député Rajesh Bhagwan, déjà très en verve lors de la PNQ, a attaqué vertement le Premier ministre le fustigeant sur les deux claques qu’il aurait reçues avec les affaires Medpoint et Gunness.
Se refusant au silence demandé par la Speaker, Rajesh Bhagwan a été le premier à être expulsé. Malgré plusieurs injonctions, le bouillant député du MMM a refusé de quitter l’hémicycle et a accusé le gouvernement de soutirer des personnalités pointées du doigt dans les affaires de drogue. La tension est montée d’un cran lorsque le Sergeant at Arms a tenté d’évacuer Rajesh Bhagwan. Un brouhaha a alors envahi l’hémicycle et les invectives pleuvaient tellement que la Speaker décidé cette fois de demander à Paul Bérenger de quitter l’hémicycle. Paul Bérenger a vivement protesté contre la décision de Maya Hanoomanjee et celle-ci pour calmer les ardeurs n’a eu d’autres choix que de suspendre la séance. Au retour de l’hémicycle, une dizaine de minutes plus tard, tous les parlementaires de l’opposition ont boycotté la suite des travaux.
Ces travaux avaient débuté avec la PNQ du leader de l’opposition qui était axée sur un communiqué qui avait été émis par le bureau du vice-Premier ministre Showkutally Soodhun le 5 juin dernier. Selon Xavier Duval, ce communiqué annonçait que Maurice avait décidé de s’aligner aux côtés de l’Arabie Saoudite et d’autres pays et de ne plus entretenir de relations diplomatiques avec le Qatar.
Faux pas diplomatique
C’est Nando Bodha, assurant la suppléance aux Affaires étrangères en l’absence du titulaire Vishnu Luctchmeenaraidoo, qui a répondu à la PNQ argumentée sur un ton acerbe par Xavier-Luc Duval. Nando Bodha, qui devait ménager la chèvre et le chou, devait admettre que la position officielle du pays n’a rien à voir avec ce communiqué et que tout a été fait pour rectifier cet impair et rassuré le Qatar que Maurice maintenait leurs relations diplomatiques alors que les ambassades étrangères ont été notifiés de rappeler la position mauricienne dans les affaires du Golfe. Des organes de presse et de télévision ont aussi été contactés pour rectifier, s’il le fallait, la position de l’Etat mauricien et son respect de la charte de l’ONU. Le leader de l’opposition a par ailleurs signifié ses appréhensions quant aux répercussions sur le tourisme et la sécurité des Mauriciens vivant dans cette partie du monde suite au faux pas diplomatique du VPM Showkutally Soodhun. D’autres membres de l’assemblée, Osman Mahomed, Reza Uteem, et Ravi Rutnah sont intervenus sur cette affaire embarrassante pour le GM et son VPM qui a dû être rappelé à l’ordre à plusieurs reprises par la Speaker. Un autre incident est intervenu à ce stade entre Xavier-Luc Duval et Maya Hanoomanjee, le premier ne voulant pas céder « his way », alors que la Speaker voulait donner la parole au député de la majorité, Ravi Ratna.
A également été adopté au Parlement, vendredi, le Budget 2017/18 alors que le ministre Ravi Yerrigadoo présentait l’Extradition Bill 2017 qui vise à faciliter l’extradition même en l’absence de traités. Cette loi vieille de 47 ans vient définir, selon lui, les conditions et paramètres pour des extraditions entre Maurice et des pays étrangers, alors qu’aucune distinction ne sera désormais faite entre les pays membres du Commonwealth et les autres. Les délits financiers et militaires ainsi que le terrorisme sont les principaux champs d’action de cette loi.
Des bancs vides pour le vote historique de l’ONU
Enfin c’est devant des bancs de l’opposition vide que Le Mentor Minister, sir Anerood Jugnauth, a fait un Statement pour expliquer les circonstances et les tenants sur le vote historique des Nations unies du 22 juin pour demander au tribunal de La Haye  la souveraineté concernant Diego Garcia, Maurice réclamant sa légitimité en la matière.