Piton-Rivière du Rempart (circonscription no 7) sera à partir d’aujourd’hui sous les projecteurs de la politique avec le nomination day en vue de l’élection partielle annoncée pour le 13 novembre prochain.

La campagne de près de deux mois – qui démarre aujourd’hui – se déroule en vérité dans un contexte singulier.  Conformément aux réglements électoraux, les candidats soumettront leur dossier de candidature tout en étant convaincus que cette partielle pourrait ne pas avoir lieu. « Nou pa krwar ditou ki pou ena sa eleksyon parsiel-la. Li pou enn depans enorm pou enn Parlman ki pou disoud an desam. Personn pale sa parsiel-la. Lepep pale sa parsiel-la, me nou bizin zwe lejeu demokratik », affirmait Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste, qui annonçait la candidature à cette élection d’Anil Bachoo, qui habite la circonscription. Le même sentiment prévalait au niveau du MP, qui présente la candidature de son secrétaire général, Atma Bumma, candidat dans la circonscription voisine Pamplemousses/Triolet en 2014. La candidature des uns des autres se présente donc comme une « precautionary measure », dans la mesure où c’est le Premier ministre et leader du MSM qui tient la carte maîtresse. Il est le seul à détenir la prérogative de décider à quel moment le parlement sera dissous et à quelle date les élections générales seront convoquées. Il y a donc un lien étroit entre cette élection partielle et les élections générales. L’étendue de la campagne devrait permettre de se faire une idée plus ou moins précise de la date des élections générales. En décembre 2014, le pays avait eu droit à une campagne électorale très courte. Le nomination day après la dissolution du parlement avait été fixé au 24 novembre et les élections générales, le 10 décembre.

À bien y réfléchir, le remplacement de Vishnu Lutchmeenaraidoo – qui a démissionné du parlement le 21 mars dernier –, est loin d’être l’enjeu principal de la partielle dans cette grande circonscription de 43 993 électeurs qui s’étend de Piton à Roches Noires. C’est dans cette circonscription-là, connue comme un bastion du MSM depuis 1983, que sir Anerood Jugnauth a consacré la majeure partie de sa carrière parlementaire depuis 1963. SAJ y a remporté et perdu des élections sans jamais l’abandonner. Or, comme il l’a annoncé à plusieurs reprises, il se retirera de la politique à la fin de son mandat et ne se présentera pas aux prochaines élections. L’enjeu du prochain scrutin qui s’annonce sera donc de trouver un remplaçant pour sir Anerood Jugnauth. Est-ce pour cette raison qu’Anil Bachoo quitte la circonscription no 10 pour celle du no 7 ? En cas d’élection pourra-t-il réussir ce que Rajesh Jeetah avait accompli en décembre 2003 lors d’une partielle dans cette circonscription?  On peut s’attendre que le MSM ne laissera « no stone unturned » durant cette campagne électorale en vue de préparer le terrain du successeur du ministre mentor. On peut conclure que la campagne en vue des élections générales dans cette circonscription commencera dès aujourd’hui. Ce n’est pas un hasard si le MMM, même s’il ne présente pas de candidat à la partielle, présentera officiellement ses trois candidats aux élections générales aujourd’hui.

Par ailleurs, il paraît normal qu’Anil Bachoo continue à travailler dans cette circonscription jusqu’aux élections générales quelles que soient les circonstances – élection partielle ou non. Si tel est le cas, il ouvre la voie à Navin Ramgoolam pour se présenter dans la circonscription comme le veut la rumeur depuis longtemps. Les spéculations à ce sujet se poursuivent; il en est de même pour les alliances en gestation.

La campagne électorale dans cette circonscription du nord constitue un bon échauffement pour les prochaines élections générales. Entretemps le parlement est entré en vacances hier et il est peu probable qu’une nouvelle séance ait lieu avant les élections à moins que le gouvernement souhaite présenter un texte de loi urgent.

JEAN MARC POCHÉ