La SBM Holdings Ltd (SBMH) a terminé l’exercice financier 2015 avec des profits nets de l’ordre de Rs 1,6 milliard, par rapport à Rs 1,9 milliard en 2014. Cette baisse des bénéfices est due à des provisions plus importantes sous l’item des créances douteuses, dont le montant est passé de Rs 630,5 millions à Rs 1,94 milliard d’une année à l’autre. Dans les milieux du groupe bancaire, on se dit confiant qu’avec l’exécution de la stratégie de développement étalée sur cinq ans, une consolidation des opérations s’opérera.
La SBMH a vu ses revenus avant provision pour les créances douteuses progresser en 2015 pour atteindre près de Rs 4 milliards, comparativement à Rs 3,1 milliards en 2014. Cette hausse est expliquée par une croissance de 5% des revenus nets d’intérêt qui se sont élevés à Rs 4,25 milliards. « The Group continues to focus on lower cost current and savings account deposits », indiquent  Kee Chong Li Kwong Wing, président du conseil d’administration de la SBMH, et Ouma Shankar Ochit, président de l’Audit Committee, dans leur rapport accompagnant les résultats 2015 approuvés hier par les directeurs. Excluant des gains exceptionnels de l’ordre de Rs 380 millions réalisés sur la cession de certains investissements, les revenus hors intérêts ont augmenté d’environ Rs 170 millions grâce aux opérations de change et des transactions boursières.
Le groupe a également vu ses dépenses courantes hors intérêts croître de 10% (de Rs 2 milliards à Rs 2,2 milliards), une situation attribuable à des coûts accrus liés au personnel. Le ratio coûts-revenus du groupe (indicateur d’efficacité opérationnelle) s’élevait à 52,58% fin décembre dernier. Les résultats de 2015 font voir également que les actifs totaux du groupe ont été en hausse de 8,41% pour se situer à Rs 136,2 milliards à la fin de l’exercice financier. Cette progression fait suite à des investissements plus importants (+ Rs 7 milliards) dans des instruments financiers de qualité et à une augmentation de Rs 1,35 milliard dans le portefeuille des crédits nets. S’agissant des dépôts provenant des clients non bancaires, ils sont passés de Rs 91,8 milliards à Rs 104,3 milliards. Cette hausse, précise-t-on, a été notée principalement dans les « low cost current and savings accounts »  
N’était-ce les provisions conséquentes pour les créances douteuses (résultant de l’affaire BAI et des problèmes rencontrés au niveau de deux conglomérats opérant à l’étranger) faites en 2015, le groupe bancaire, estiment les milieux concernés, auraient pu terminer l’année avec des bénéfices nets en hausse. Au sein de la direction de la SBMH, on soutient que le ratio des « Non Performing Loans » par rapport aux crédits totaux bruts se situait à 5,1% à la fin de l’année financière et que ce niveau était encore inférieur à la moyenne du secteur bancaire en général.
La direction de la SBMH rapporte que les « capital base and equity » du groupe s’élevaient à Rs 23,7 milliards et Rs 22,2 milliards respectivement fin 2015 et étaient en baisse comparativement à fin 2014. Le ratio d’adéquation du capital s’est replié de 31,41% à 28,26% pendant la même période mais demeure, selon le conseil d’administration, au-dessus du minimum requis.
Evoquant les perspectives dans leur rapport, Kee Chong Li Kwong Wing et Ouma Shankar Ochit annoncent que le plan stratégique de cinq ans qui est en exécution – et ce suivant les recommandations de la firme de consultants Mc Kinsey – vise à la consolidation des opérations bancaires à Maurice, qui resteront le « mainstay of the Group », tout en contribuant au renforcement des revenus. La SBMH souhaite relever la part des revenus provenant des opérations transfrontalières ainsi que des activités non-bancaires. La direction est d’avis que les défis aux plans local et global concernent le volume des activités, les rendements sur l’actif et la qualité du portefeuille des crédits mais affirme qu’elle continuera à focaliser davantage son attention sur l’efficience opérationnelle, le développement des produits, les services à la clientèle et l’innovation. Le but est d’améliorer la rentabilité, de renforcer ses capacités – notamment en matière de gestion des risques et de moyens technologiques. Une telle démarche, estime-t-on, contribuera aux efforts d’expansion régionale en particulier dans les pays à fort potentiel de croissance.     
On laisse entendre, dans les milieux de la SBM, que maintenant qu’un permis bancaire a été octroyé par la banque centrale des Seychelles, toute la machinerie sera mise en branle pour que les opérations dans l’archipel puissent démarrer dans le courant du second semestre 2016. La SBMH a également l’intention d’ouvrir deux autres succursales à Madagascar cette année, ce qui portera à six le nombre d’agences dans la Grande Île.
Par ailleurs, le groupe bancaire a obtenu l’aval des autorités bancaires indiennes pour pouvoir opérer une « wholly-owned subsidiary » dans la Grande Péninsule au lieu de simples branches. Ce développement pourrait intervenir en début d’année prochaine. Quant au projet d’implantation en Afrique de l’Est, le groupe, indique-t-on, est toujours à la recherche d’opportunités pour une prise de participation majoritaire dans une banque. Le Kenya est le pays ciblé par la SBMH.