Le banquier escroc Ketan Somaia, qui avait osé loger devant la Cour suprême en 1999 des réclamations en diffamation de Rs 350 millions contre le groupe Le Mauricien, et qui depuis purge une peine de huit ans de prison, fait de nouveau parler de lui à la veille de Noël. En effet, l’ancien patron de l’ancienne défunte Delphis Bank fait face à ce que la presse britannique de ce matin, en l’occurrence le Daily Mail, qualifie de « record-breaking confiscation order » (connu à Maurice comme l’Unexplained Wealth Order) de Rs 750 millions. Cette décision de la Haute Cour de Londres fait suite à la persévérance des victimes des cas d’escroquerie avec des réclamations devant les instances appropriées après sa condamnation au pénal en juillet 2014 devant la Cour d’Old Bailey. Aussi étrange que cela puisse paraître, la partie mauricienne, que ce soit les victimes individuelles à hauteur de Rs 272,1 millions ou institutionnelles, comme la Banque de Maurice, qui avait accordé un prêt de Rs 250 millions à 3 % en octobre 1999 à Ketan Somaia pour le rachat de l’ancienne Union International Bank, ne peut prétendre à des compensations sous ce Confiscation Order.
En principe, le juge britannique Richard Hone, QC, siégeant à la Haute Cour de Londres, devait émettre ce Confiscation Order de Rs 750 millions depuis hier. Dans son édition de ce matin, le Daily Mail note que le banquier escroc fait face dans la conjoncture à deux choix, soit effectuer le remboursement soit une nouvelle peine de dix ans de prison. « This will be the largest ever confiscation order handed down in a case which has been pursued privately. Following a protracted legal battle, the judge is set to rule Somaia has two properties, a bank account, two cars — a Land Rover Discovery and a Range Rover — and “hidden assets but their extent is totally unknown” », ajoute le quotidien britannique.
Le Ruling a été renvoyé au 8 janvier prochain en raison de l’absence du coupable en Cour à Londres, hier. La raison est que Ketan Somaia, affecté par des déficiences rénales, est souffrant. « Ketan Somaia’s life expectancy is short and he is already serving an eight year sentence. When it was imposed there was a mere modicum of possibility he would be alive to the end of the sentence and be released », a fait comprendre James Woods, QC, l’avocat de l’accusé, en Cour, hier.
Les bénéficiaires de ces Rs 750 millions sous forme de Confiscation Order ne sont autres que deux victimes du Kényan, deux hommes d’affaires, Murli Michandi et Dilip Shah, qui avaient été convaincus par Ketan Somaia de lui avancer d’importants fonds pour le compte de la Delphis Bank à Maurice. Même si dans son dernier discours aux Stakeholders, le gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, s’est étendu sur le scandale bancaire avec Ketan Somaia en toile de fond pour éviter de commenter de front le BAI Mega Ponzi Scheme de Rs 25 milliards, aucune victime de Maurice ne pourra prétendre à ces réclamations.
Pourtant, au lendemain de l’écroulement bancaire de Ketan Somaia, avec la révocation de la Banking Licence de la Delphis Bank en février 2002, un scandale de Duplicate Share Certificate de la Delphis pour un montant de l’ordre de Rs 200 millions, des cas d’escroquerie de plus de Rs 50 millions sans compter un prêt de Rs 250 millions à des intérêts de 3 % annuellement accordé à Ketan Somaia par la Banque de Maurice en octobre 1996 furent versés dans le dossier confié aux liquidateurs de Grant Thornton. Lors de ces procédures, la Banque de Maurice par le truchement de son Managing Director d’alors, Baboo Rajendranathsing Gujadhur, avait juré un contre-affidavit contre Ketan Somaia, qui a toujours été bien connecté politiquement, tout en annexant les Minutes of Proceedings de la réunion du Board of Governors d’octobre 1996 pour le prêt de Rs 250 millions.
Toutefois, à l’heure des comptes, zéro pointé pour la partie mauricienne faute de suivi dans les affaires. Cela est d’autant plus drôle que depuis mai 2002, les autorités mauriciennes avaient indiqué qu’un cabinet d’hommes de loi à Londres avait reçu des instructions formelles en vue d’initier des procédures devant les instances judiciaires compétentes pour la saisie de biens immobiliers et des propriétés foncières de l’escroc à Londres « to make good the losses ».