La générosité à la Bramer d’une banque commerciale à l’égard d’une Very Very Important Personality (VVIP) sous le présent gouvernement de Lalyans Lepep fait actuellement le tour du monde des affaires et est devenue le talk of the town dans des milieux politiques. Le montant du prêt accordé en date du 11 septembre 2015 par cette institution financière est de 1,1 million d’euros, soit environ Rs 45 millions, information révélée en primeur dans l’édition de Week-End de dimanche dernier. Le but de cet emprunt, échelonné sur une période de 24 mois, est pour assurer des « Investment Purposes ».
Les intérêts sur ces facilités bancaires sont à un taux fixe de 1,5% annuellement et les paiements de ceux-ci n’intervenant que sur « a yearly basis as from disbursement date of the loan. » En sus de cela, le remboursement du capital ne se fera pas pendant les 24 mois vu que l’une des conditions du prêt est que « the repayment of the capital will be made in one lump sum upon maturity ». De ce fait, depuis l’approbation de ce prêt le 11 septembre 2015 et le virement du montant sur son compte, la VVIP n’a pas eu besoin de rembourser le moindre sou à cette banque commerciale, sauf des Processing Fees de Rs 10 000 et des Valuation Fees de Rs 5 000.
Encore plus généreuses sont les conditions de ce prêt car le Loan Document prévoit que « this charge (soit le Loan Agreement et une additional Fixed Charge for 1 100 000 euros sur la propriété immobilière du couple dans les Plaines-Wilhems) shall be unregistered at the discretion of the Bank. » L’ensemble des conditions de prêt s’apparentent à celles offertes à l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, à la fin de 2010 pour l’acquisition du bungalow de Roches-Noires, confirmant que la Bramer Bank, même en faillite, fait toujours école. Une chose est sûre : ce n’est pas n’importe quel client qui peut prétendre à un tel traitement de faveur au comptoir de cette banque.
Ces détails sont diversement commentés car le commun des mortels se demande comment cette VVIP compte assurer le financement de cet emprunt et surtout le repaiement du capital d’un seul trait et tente de comprendre quel est ce filon porteur à la portée de ce client spécial capable de convaincre des banquiers de la place. Et surtout les raisons derrière cette démarche, d’autant qu’il est de plus en plus question de lutte contre l’Unexplained Wealth avec l’entrée en vigueur annoncée des dispositions de la Good Governance and Intergrity Reporting Act des Unexplained Wealth Orders.
À ce stade, aucune confirmation officielle si les autorités compétentes comptent initier une enquête sous la Prevention of Corruption Act ou la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act pour tirer au clair les dessous et autres connexions derrière cette transaction bancaire hors du commun. En tout cas, du côté de l’Independent Commission against Corruption (ICAC), qui a déjà ouvert une autre enquête délicate sur le projet de Pailles Smart City, avec dans le collimateur le Board of Investment (BOI) et la State Investment Corporation (SIC), l’on se garde de faire de commentaires sur cette nouvelle affaire.
Comme indiqué dans l’édition de Week-End de dimanche dernier, l’enquête sur la Pailles Smart City avec pour promoteurs Yihai International de la République populaire de Chine et la SIC a déjà démarré. Les limiers de l’ICAC ont déjà procédé à la saisie des dossiers dans ces deux institutions publiques avec la money trail pour retracer un important virement à l’étranger en faveur de deux présumés bénéficiaires faisant l’objet de demande de Mutual Legal Assistance auprès des juridictions concernées. Les premières convocations pour audition au QG de l’ICAC au Réduit Triangle sont prévues vers la fin de ce mois au plus tard.
Affaire à suivre…